Antoine, Omer Talon

1760 - 1811

Informations générales
  • Né le 20 janvier 1760 à Paris ( - Généralité de Paris France)
  • Décédé le 18 août 1811 à Gretz (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 16 décembre 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Chartres (Type : Bailliage)
Groupe
Tiers-Etat

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Paris (Généralité de Paris) le 20 janvier 1760, mort à Gretz (Seine-et-Marne) le 18 août 1811, « fils de Jean Talon avocat, payeur des rentes à l'Hôtel de Ville, et de Marie-Charlotte Radix », il fut reçu avocat à seize ans et devint avocat du roi au Châtelet (1777), conseiller aux enquêtes (1781) et lieutenant civil au Châtelet (1789).

Partisan des idées nouvelles, il fut élu, le 21 mars 1789, député suppléant aux Etats-Généraux par le bailliage de Chartres, avec 71 voix (139 votants), et fut admis à siéger, le 16 décembre 1789, en remplacement de M. de Montboissier démissionnaire. Comme lieutenant civil au Châtelet, il avait été chargé d'instruire le procès contre les auteurs des journées des 5 et 6 octobre; il fut aussi mêlé au procès de Favras. Il rendit compte, le 26 mai 1790, à l'Assemblée nationale des procédures du Châtelet, se démit de ses fonctions de lieutenant civil le 30 juin, et se consacra à ses fonctions législatives. Il eut à se défendre contre Camille Dasmoulins et contre Du Saulchoy qui l'accusaient dans leurs journaux, d'avoir vendu la justice; il obtint contre eux, le 6 juillet, une rétractation publique et 1200 livres de dommages-intérêts. Quelques jours après, il fit un discours sur la conservation des offices ministériels et vota constamment avec le côté droit. Ce fut lui qui réconcilia le parti de la cour avec Mirabeau, bien qu'il eût impliqué ce dernier et le duc d'Orléans dans l'affaire des 5 et 6 octobre lorsqu'il était lieutenant au Châtelet. Il conseilla au roi de se réfugier parmi les troupes de l'Est, avec le maréchal de Broglie.

Arrêté et emprisonné, il fut remis en liberté au bout d'un mois, se rendit fréquemment de nuit aux Tuileries, où, avec quelques serviteurs fidèles, il s'efforça de sauver Louis XVI. Il dut bientôt pourvoir à sa propre sûreté, car la découverte de son nom sur les registres de l'armoire de fer le fit décréter d'accusation. Après être resté quelques mois caché, il put s'embarquer pour l'Amérique d'où il ne revint que sous le Directoire.

A l'époque du Consulat, Bonaparte, étonné du luxe dans lequel il vivait, fit faire une enquête sur ses agissements, et apprit que Talon servait d'intermédiaire entre les royalistes de France et les princes. Il le fit aussitôt arrêter et envoyer aux îles Sainte-Marguerite, d'où il ne sortit qu'en 1807, dans un état voisin de l'imbécillité. Sa famille obtint alors son interdiction; il mourut quatre ans après, à 51 ans.