Camille Bilger

1879 - 1947

Informations générales
  • Né le 17 octobre 1879 à Mulhouse ( - District de Haute Alsace Empire allemand)
  • Décédé le 2 mars 1947 à Soultz (Haut-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Haut-Rhin
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Haut-Rhin
Groupe
Démocrates
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Haut-Rhin
Groupe
Démocrates populaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Haut-Rhin
Groupe
Républicains du centre

Biographies

Né le 17 octobre 1879 à Mulhouse (District de Haute Alsace - Empire allemand), mort le 2 mars 1947 à Soultz (Haut-Rhin). Député du Haut-Rhin de 1919 à 1936.

Camille Bilger fréquenta l'école primaire alsacienne puis entra comme ouvrier dans une usine de textiles. Militant syndicaliste, il fut nommé en 1907 secrétaire du Syndicat chrétien d'Alsace-Lorraine pour en devenir un peu plus tard président. De 1910 à 1918, il fut en outre conseiller municipal de Mulhouse.

Candidat aux élections générales du 16 novembre 1919 il fut élu en quatrième position sur la liste d'Union nationale avec 60.296 suffrages.

Membre du groupe de l'entente républicaine démocratique, Camille Bilger qui ne parlait pas le français, ne put participer aux débats de la Chambre. Il appartint toutefois à la Commission du travail, et à celle de l'assistance et de la prévoyance sociale.

Réélu aux élections générales du 11 mai 1924 sur la liste de l'alliance républicaine avec 59.051 suffrages, il s'inscrivit au groupe des démocrates et appartint à la Commission d'assistance et de prévoyance sociale.

Au cours de cette législature, il déposa des propositions de résolutions tendant au relèvement des salaires des cheminots et à l'augmentation des allocations versées aux victimes d'accidents du travail ainsi que des propositions de loi relatives à la législation sociale en vigueur dans les départements recouvrés.

Ayant fait à 39 ans le difficile effort d'apprendre le français, il intervint à plusieurs reprises dans les discussions budgétaires s'intéressant plus spécialement, en sa qualité de militant syndicaliste, aux questions sociales.

C'est ainsi qu'en 1925 il critiqua l'organisation administrative des départements recouvrés et protesta contre l'interdiction d'un journal alsacien dans les bibliothèque des gares du réseau d'Alsace-Lorraine.

En 1926 et 1927, il défendit à la tribune les revendications des Syndicats chrétiens (traitements et salaires, assurances sociales). Mais c'est aux problèmes de l'Alsace qu'il consacra la plus grande part de son activité. En 1926, il demanda le relèvement des allocations versées aux pensionnés de l'institut des assurances sociales d'Alsace-Lorraine. En mars 1927, il interpella le Gouvernement au sujet de la réduction des salaires des mineurs des charbonnage de Moselle et des Mines de potasse. Il protesta à cette occasion contre l'attitude antisociale du Gouvernement-patron et exposa le programme revendicatif de son organisation syndicale.

En novembre 1927, à l'occasion de la discussion du budget, il s'éleva à nouveau contre « les salaires de famine » payés aux ouvriers des industries textile et métallurgique d'Alsace-Lorraine. Il réclama le vote rapide des textes législatifs concernant les assurances sociales et les congés payés et protesta contre la discrimination dont les syndicats chrétiens étaient l'objet de la part des pouvoirs publics.

Quelques jours plus tard, toujours à l'occasion des discussions budgétaires, il soutint les revendications des fonctionnaires alsaciens de l'administration des domaines et droits indirects.

Lors des élections générales du 22 avril 1928, (retour au scrutin uninominal), Camille Bilger se présenta dans la circonscription de Guebviller et fut élu au premier tour, par 7.848 voix contre 3.403 au candidat socialiste le plus favorisé, le maire de Mulhouse, Wicky.

Inscrit au groupe des démocrates populaires, il appartint dans cette nouvelle législature à la Commission de l'Alsace et de la Lorraine et à celle du travail. Les propositions qu'il déposa concernèrent uniquement la législation sociale des trois départements de l'Est (assurances sociales, accidents du travail, statut du personnel des entreprises concessionnaires de la distribution du gaz et de l'électricité). Cependant il fut également l'auteur d'un rapport sur la réglementation du travail de nuit des femmes et des enfants.

Dès le début de la législature, il protesta à la tribune contre le déroulement du procès fait à Colmar aux dirigeants du mouvement autonomiste, notamment contre- le fait que des documents qui auraient dû rester secrets avaient été publiés dans la presse, Il renouvela sa protestation en 1929 et réclama la publication des conclusions de l'enquête ordonnée à ce sujet.

Par la suite, il soutint à deux reprises les revendications des mineurs des mines domaniales de potasse et s'éleva de nouveau contre la politique sociale de leur direction. Il se préoccupa également des dommages causés à plusieurs communes du Haut-Rhin par l'exploitation des gisements de potasse. On l'entendit encore réclamer la réparation des dommages causés aux cultivateurs de sa circonscription par les animaux nuisibles (1930). Réélu au deuxième tour de scrutin des. élections générales des 1er et 8 mai 1932 par 7.500 voix contre 6.372 à son adversaire socialiste, il s'inscrivit au groupe-des républicains du centre et continua d'appartenir à la Commission d'Alsace-Lorraine et à celle du travail.

Comme dans les précédentes législatures, il défendit avec ténacité les intérêts des travailleurs d'Alsace-Lorraine dont il était à la fois le député et le représentant syndical.

Il déposa de nombreuses propositions. de loi et fut chargé de nombreux rapports concernant les assurances sociales. dans les trois départements de l'Est.

A la tribune il évoqua la misère des tisserands du Haut-Rhin et des verriers de la Moselle réduits au chômage et les. difficultés des communes dont toutes les ressources provenaient de l'industrie textile touchée par la crise économique. II dénonça aussi l'attitude antiouvrière du patronat de son département (1934-1935). En 1935, il réclama la publication des. résultats de l'enquête sur les causes de la catastrophe survenue à Ensisheim le 13 août 1934 qui causa la mort de nombreux ouvriers des mines de Kali-Sainte-Thérèse. Il n'hésita pas à cette occasion à mettre en cause la responsabilité de la direction de cette société qu'il accusa de mépriser les règles de sécurité au détriment de la vie des mineurs.

De nouveau candidat aux élections générales de 1936 dans la circonscription de Guebviller, il échoua au deuxième tour de scrutin le 3 mai, n'obtenant que 2.252 voix contre 6.399 au candidat élu, membre de l'action populaire et 5.214 au candidat socialiste.

Après la Libération il demeura à la tête des syndicats chrétiens d'Alsace jusqu'en 1946 date à laquelle il fut nommé président d'honneur.

Il mourut à Soultz le 2 mars 1947.




Né le 17 octobre 1879 à Mulhouse (Haut-Rhin)

Décédé le 2 mars 1947 à Soultz (Haut-Rhin)

Député du Haut-Rhin de 1919 à 1936

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 601, 602)

Ayant abandonné la vie politique active, Camille Bilger demeure néanmoins à la tête des syndicats chrétiens d'Alsace jusqu'en 1946, date à laquelle il est élevé à leur présidence d'honneur.

Il meurt l'année suivante, à Soultz.