Edouard, Jean, Marie Simon

1923 - 1988

Informations générales
  • Né le 2 novembre 1923 à Maure-de-bretagne (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 17 août 1988 à Lieuron (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 19 avril 1975 au 2 avril 1978
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie de la Ve République

SIMON (Edouard, Jean, Marie)
Né le 2 novembre 1923 à Maure-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine)
Décédé le 17 août 1988 à Liauron (Ille-et-Vilaine)

Député d’Ille-et-Vilaine de 1975 à 1978

Edouard Simon est né le 2 novembre 1923 à Maure-de-Bretagne, dans une famille bretonne depuis plus de quatre générations. Après l’obtention de son brevet élémentaire, il devient cultivateur. Alors qu’éclate la Seconde Guerre mondiale, il est trop jeune pour être mobilisé. Il s’engage cependant dans le conflit mondial, quelques années plus tard, comme deuxième classe dans l’armée de l’air, mais ne fait état d’aucune distinction honorifique. Le 4 mai 1947, il épouse Marguerite Poirier, union de laquelle naissent quatre enfants.

Edouard Simon obtient son premier mandat politique ; il est élu maire de Liauron, aux élections municipales du 14 mars 1965. Il y sera constamment réélu. Lors du scrutin législatif du mois de mars 1967, dans la quatrième circonscription d’Ille-et-Vilaine, il est suppléant d’Isidore Renouard, conseiller général de Redon, et maire de Langon, député sortant élu sous les couleurs libérales des Républicains indépendants. Cette partie du département est dominée par l’arrondissement de Redon. Outre ce canton, elle regroupe ceux de Bain-de-Bretagne, de Grand-Fougeray, de Guichen, de Maure-de-Bretagne, de Pipriac, de Plélan-le-Grand et du Sel-de-Bretagne. Isidore Renouard, député de la circonscription depuis 1958, lui propose de devenir son suppléant, en remplacement du cultivateur Pierre Reboux, alors qu’il se présente pour son troisième mandat aux élections législatives. Isidore Renouard est élu au scrutin du mois de mars 1967, dès le premier tour. De surcroît, avec 22 712 des 38 730 suffrages exprimés, il est largement en tête des quatre candidats en lice au premier tour. Dix-huit mille voix d’avance le séparent de Jean-Baptiste Lelièvre, candidat du Centre démocrate arrivé en deuxième position. Edouard Simon partage l’action d’Isidore Renouard à l’Assemblée nationale. Ils ont choisi tous les deux de soutenir clairement Georges Pompidou, en s’inscrivant ainsi dans la majorité parlementaire. À cet effet, Isidore Renouard ne vote aucune des quatre motions de censure déposées sous la troisième législature de la Cinquième République. À la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale, consécutive aux événements du mois de mai 1968, le député sortant et son suppléant repartent en campagne ; l’issue du scrutin est une nouvelle victoire, plus large encore que celle de l’année précédente. Elu au premier tour, cette fois-ci sans l’investiture des Républicains indépendants, Isidore Renouard obtient 29 280 à des 37 925 suffrages exprimés. Le candidat suivant, Jean Reffait, représentant de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (F.G.D.S.), ne recueille que 3 856 voix.

Au cours de cette nouvelle législature, Isidore Renouard et son suppléant s’inscrivent nettement dans la majorité soutenant les gouvernements des Premiers ministres successifs Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville, Jacques Chaban-Delmas et Pierre Messmer. Edouard Simon partage les choix d’Isidore Renouard qui approuve les grands textes de la législature : projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur, le 10 octobre 1968 ; projet de loi relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises, le 4 décembre 1968 ; projet de loi tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens, le 28 mai 1970 ; projet de loi tendant à réprimer certaines formes nouvelles de délinquance, le 4 juin 1970 ; projet de loi relatif au service national, le 10 juin 1970 ; déclaration de politique générale du gouvernement, le 15 octobre 1970 ; projet de loi organique relative aux incompatibilités parlementaires, le 25 novembre 1971 ; projet de loi portant création et organisation des régions, le 27 avril 1972 ; déclaration de politique générale du gouvernement, le 24 mai 1972.

À l’approche des nouvelles élections législatives du printemps 1973, Edouard Simon accepte, à nouveau, d’être le suppléant d’Isidore Renouard. Mais, cette fois-ci, la campagne électorale est plus difficile ; sept candidats sont en lice au premier tour de scrutin. La dispersion des voix, même très relative, ne doit cependant pas effacer le très bon score réalisé par l’équipe sortante, qui obtient 18 419 des 39 797 suffrages exprimés. Le député sortant, qui a obtenu l’investiture de la majorité présidentielle – l’Union des Républicains de progrès (U.R.P.), est très largement réélu au second tour de scrutin, avec 63,4% des voix. De la même tendance politique que lui, son principal opposant, Gaël du Halgouët, conseiller général et maire de Saint-Just, recueille 11 662 voix. La campagne électorale a été consacrée aux problèmes nationaux et aux solutions à y apporter. Les deux hommes mettent alors en avant leur formation libérale et la politique qui en résulte, en total contrepoint avec le programme commun de la gauche ; ils fondent leur profession de foi sur trois axes : la monnaie, une économie moderne et prospère, et une « philosophie politique », celle du système libéral. Les représentants de la quatrième circonscription d’Ille-et-Vilaine consacrent aussi une large place aux questions strictement locales, ce qui a été assez peu répandu pour le scrutin législatif de cette année-là. L’avenir routier, industriel et hospitalier de Redon est évoqué. Les équipements sportifs, sociaux, éducatifs et scolaires sont présentés. Mais au-delà, le député sortant souhaite vivement insister sur l’investissement qui a été le sien dans sa circonscription, depuis son élection en 1958, en y associant son suppléant. « J’y ai consacré tous mes jours, n’ayant pris ni dimanches, ni vacances depuis quinze ans, avec la seule ambition de servir ce pays où je suis né et où j’ai toujours vécu », déclare-t-il dans sa profession de foi. A l’Assemblée nationale, le député de Redon manifeste toujours sa fidélité à la majorité parlementaire. Le 12 avril 1973, il vote en faveur de la déclaration de politique générale du gouvernement. Le 16 octobre suivant, il approuve l’ensemble du projet de loi constitutionnelle portant modification de l’article 6 de la Constitution. Le 6 juin 1974, il vote en faveur de la déclaration de politique générale du gouvernement de Jacques Chirac, comme il le fait le 10 octobre suivant, sur le projet de loi portant révision de l’article 25 de la Constitution. Isidore Renouard ne soutient pas la ministre de la Santé, Simone Veil, dans la discussion du projet de loi relatif à l’interruption volontaire de grossesse. Le 28 novembre 1974, le député d’Ille-et-Vilaine vote contre le texte gouvernemental. Edouard Simon partage cette position.

Le 18 avril 1975, Isidore Renouard est victime d’un accident de la route qui lui est fatal. Le lendemain, Edouard Simon est appelé à le remplacer. L’Assemblée prend acte de ce remplacement, le 22 avril 1975. Le nouveau parlementaire s’inscrit au groupe des Républicains indépendants, une semaine plus tard. Le 30 avril, il est nommé membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, et y siège jusqu’à la fin de la législature. Cependant, au cours de ces trois années passées au Palais-Bourbon, Edouard Simon ne dépose pas de proposition de loi, ni n’intervient en séance publique. Ses votes vont dans le sens de ceux que son prédécesseur avait émis. Au cours de la deuxième séance du 4 juin 1975, il s’abstient volontairement lors du vote de la réforme sur le divorce. Il approuve l’ensemble du projet de loi constitutionnelle modifiant l’article 7 de la Constitution, le 8 juin 1976. Quelques mois plus tard, le 28 avril 1977, il soutient le Premier ministre Raymond Barre et son programme de gouvernement. Enfin, le 21 juin qui suit, comme la représentation nationale à sa presque unanimité, il apporte son soutien au projet de loi relatif à l’élection des représentants à l’Assemblée des communautés européennes.

Au scrutin législatif du printemps 1978, Edouard Simon ne se représente pas ad hominem, mais accepte de repartir en campagne, comme suppléant du candidat du Parti républicain (P.R.), qui regroupe les libéraux de l’Union pour la démocratie française (U.D.F.), héritiers des Républicains indépendants. Alain Madelin, qui a été investi par ce parti, soutien au Président Giscard d’Estaing, arrive largement en tête des huit candidats du premier tour. Avec Edouard Simon, réélu maire de Lieuron l’année précédente, il obtient 33,5% des voix au premier tour. La semaine suivante, Alain Madelin obtient un très grand succès, avec 66% des suffrages exprimés, soit 10 000 voix de plus que n’en avaient obtenues Isidore Renouard et Edouard Simon en 1973. À nouveau suppléant, celui-ci accompagne le jeune député libéral de 32 ans dans ses premiers pas de parlementaire. Ils soutiennent l’action du gouvernement de Raymond Barre, à commencer par la déclaration de politique générale du Premier ministre, le 20 avril 1978. Il en est de même sur le projet de loi relatif à l’aide aux travailleurs privés d’emploi, le 5 janvier 1979. Alain Madelin et Edouard Simon décident de soutenir l’ensemble du projet de loi sur l’I.V.G., qui revient en discussion au Palais-Bourbon, le 29 novembre 1979. Le texte d’initiative gouvernementale, relatif à l’aménagement de la fiscalité directe locale, obtient aussi le consentement du député de Redon, de même que la proposition de loi relative au viol et aux atteintes à la pudeur, le 11 avril 1980. Sans grande surprise, comme la quasi-unanimité de l’Assemblée nationale, Alain Madelin vote en faveur du projet de loi modifiant le code électoral, en vue de favoriser la participation des femmes aux élections municipales, le 20 novembre 1980. Il fait de même, lors du vote sur le texte de loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, le 18 décembre suivant.

À la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale, consécutive à l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, Edouard Simon ne se représente plus aux côtés d’Alain Madelin. Le député sortant, en effet, choisit un autre suppléant, en la personne de Jean Poilly, chef de chantier. Mais l’élection est plus difficile que prévue, Alain Madelin n’obtenant finalement que 3 000 voix de plus que son concurrent socialiste, l’inspecteur central des impôts, Pierre Bourges. L’ancien parlementaire Edouard Simon se replie alors sur sa mairie de Lieuron, qu’il administre jusqu’au scrutin de 1983.

Il disparaît le 17 août 1988, à l’âge de 64 ans.

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