Jean-Baptiste, Guillaume, Marie, Anne, Séraphin, Joseph de Villèle

1773 - 1854

Informations générales
  • Né le 14 avril 1773 à Toulouse (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 13 mars 1854 à Toulouse (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Haute-Garonne
Groupe
Ultras
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 31 juillet 1821
Département
Haute-Garonne
Groupe
Ultras
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 1er octobre 1821 au 24 décembre 1823
Département
Haute-Garonne
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Haute-Garonne
Groupe
Ultras
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 4 janvier 1828
Département
Haute-Garonne
Groupe
Ultras

Gouvernement

Chef du Gouvernement
du 4 septembre 1822 au 3 janvier 1828

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1815 à 1828, ministre et pair de France, né à Toulouse (Haute-Garonne) le 14 avril 1773, mort à Toulouse le 13 mars 1854, « fils de messire Louis-François-Joseph de Villèle, seigneur de Courtounem et de Campoliac, et de dame Anne-Louise de Blanc de la Guizardie », il fit ses études au collège de Toulouse, fut reçu à l'Ecole de marine d'Alais, prit place, le 16 juillet 1788, à Brest sur la corvette la Bayonnaise, puis fut caserné à l'hôtel des gardes-marine, où « l'on était logé, nourri, peigné, blanchi et instruit moyennant cinquante livres par mois. »

Embarqué, en juillet 1789, sur la frégate l'Engageante, il partit pour Saint-Domingue, et, de retour à Brest le 31 décembre 1790, rembarqua sur la Cybèle, le 20 avril suivant, et partit pour les Indes. Arrêté comme suspect, à l'Ile de France, sous la Terreur, il y tomba malade, fut remis en liberté après le 9 thermidor, et partit en 1796 pour île Bourbon, où il devint régisseur des propriétés de M. Desbassyns de Richemont (Voy. ce nom), dont il épousa la fille le 13 avril 1799. Grâce à cette alliance, il devint membre de l'assemblée coloniale.

De retour à Toulouse en 1807, il n'avait pas encore fait élection de domicile, lorsque l'empereur le nomma maire de Morville et conseiller général de la Haute-Garonne: « Ces gens-là, disait Napoléon, ne peuvent vouloir que le sol tremble. » M. de Villèle remplit ces fonctions, auxquelles s'ajoutèrent celles de président de canton, jusqu'à la Restauration.

En 1814, il embrassa avec enthousiasme la cause des Bourbons, publia alors, en faveur du pouvoir absolu, contre la Charte et une Chambre élective, des Observations sur le projet de constitution, fut nommé maire de Toulouse par le duc d'Angoulême (juillet 1815), et fut élu, le 22 août suivant, député du grand collège de la Haute-Garonne par 83 voix sur 165 votants et 261 inscrits.

Dans la Chambre introuvable, il prit part de préférence aux discussions financières, parla contre les dangers de la centralisation au point de vue de l'administration des biens communaux, fut rapporteur de la loi électorale, proposa une loi transitoire autorisant les collèges électoraux à faire les élections au cas où la Chambre actuelle serait dissoute par le roi, fut rapporteur du budget en 1816, s'éleva contre les engagements pris par la Charte envers les créanciers des gouvernements précédents, et vota constamment avec la majorité ultra-royaliste.

Réélu, le 4 octobre 1816, par 115 voix sur 204 votants et 253 inscrits, il devint, dans la Chambre nouvelle, le chef de l'opposition de droite, attaqua la loi électorale, proposa deux degrés d'élection, combattit maintes fois les ministres tant à la tribune que dans le Conservateur, au nom des prérogatives royales diminuées ou compromises, donna sa démission de maire de Toulouse en 1819, vota contre le cumul des traitements contre les emprunts, contre la loi de recrutement, contre la censure, et finit par déplacer la majorité en sa faveur.

Nommé membre du cabinet, avec le titre de ministre d'Etat sans portefeuille (21 décembre 1820), il trouva cependant dans le ministère une force de résistance qui lui fit donner sa démission de ministre (25 juillet 1821).

Réélu député, le 1er octobre 1821, dans le 3e arrondissement électoral de la Haute-Garonne (Villefranche) par 161 voix (238 votants, 291 inscrits), contre 76 à M. Chaptive négociant, candidat à la présidence et vice-président de la Chambre à l'ouverture de la nouvelle session, M. de Villèle prit une grande part à la discussion de l'Adresse, obtint une rédaction hostile au ministère, le renversa avec l'appui de la gauche, et entra dans le nouveau cabinet avec le portefeuille des Finances (15 décembre 1821).

Administrateur habile bien plus qu'homme d'Etat, il s'attacha la majorité par 1'ordre et la clarté qu'il mit dans l'administration des finances, par son souci exclusif des intérêts présents, sa déférence à répondre à toutes les objections, une grande facilité de raisonnement, une simplicité d'argumentation accessible à tous, et, en somme, avec un sincère esprit de modération, le sentiment très pratique des besoins du pays. Il fit son possible pour éviter la guerre d'Espagne en 1823, renversa M. de Montmorency dont les engagements l'avaient rendue nécessaire, céda à la pression de la majorité et notamment du groupe Piet en l'acceptant, contracta un emprunt avec la maison Rothschild au prix de 89 fr. 55, le prix le plus élevé qu'eût encore atteint la rente, et profita des succès financiers et militaires de l'expédition pour renouveler intégralement la Chambre.

Le roi l'avait créé comte le 17 août 1822, et président du conseil des ministres le 7 septembre suivant. Le 25 février 1824, M. de Villèle fut réélu député de Villefranche à l'unanimité des votants, 157 voix sur 243 inscrits. Les élections n'amenèrent à la Chambre que 19 députés de gauche, et le président des conseils fut assuré du concours inébranlable des « trois cents de M. de Villèle ».

Le milliard des émigrés était impérieusement exigé par la majorité royaliste : ce fut pour y subvenir que M. de Villèle proposa la conversion de la rente, qui avait dépassé le pair, situation qui obligeait l'amortissement à racheter au-dessus du pair des rentes vendues précédemment à un taux sensiblement inférieur. L'opération était donc en soi excellente, mais sa connexité avec le projet du milliard des émigrés souleva contre elle l'opinion publique. L'opposition de droite et de gauche s'en fit une arme; à la Chambre, la conversion réunit encore 238 voix, contre 145 ; mais, à la Chambre des pairs, où M. de Châteaubriand avait parlé contre, elle fut rejetée par 128 voix contre 94. M. de Châteaubriand fut brutalement congédié du ministère des Affaires étrangères. A la session suivante, M. de Villèle réussit à faire voter une convention facultative.

Le nouveau roi Charles X avait continué au ministre la confiance que lui avait accordée Louis XVIII, mais les exigences du parti réactionnaire rendaient la situation de plus en plus difficile. La loi du sacrilège, l'influence patente de la Congrégation, des procès de presse, la loi sur le droit d'aînesse, la présentation de la « loi d'amour» contre la presse, furent autant de concessions au parti de la cour, et valurent au cabinet et à son chef un regain d'impopularité qui ne manqua aucune occasion de se manifester. La revue de la garde nationale, le 27 avril 1827, se passa aux cris de : « A bas les ministres ! » La garde nationale fut dissoute le lendemain, et M. de Villèle dut se résoudre à dissoudre la Chambre ; pour diriger les nouvelles élections, il prit, le 13 octobre, le portefeuille de l'Intérieur, tout en conservant la présidence du conseil.

Réélu député, le 17 novembre suivant, par 124 voix (160 votants, 213 inscrits) contre 33 à M. de Cambon, il se trouva, à la nouvelle Chambre, en face d'une majorité hostile, qui le renversa (décembre). Les nouveaux ministres mirent pour condition de leur entrée aux affaires l'envoi de M. de Villèle à la Chambre des pairs, où son influence était moins à craindre. Il refusa d'abord, mais finit par céder aux instances du roi (4 janvier 1828).

A la Chambre, M. Labbey de Pompières proposa la mise en accusation du « ministère déplorable », proposition qui n'aboutit pas, en raison de l'opposition faite à la mesure par le cabinet Martignac. Le rôle politique de M. de Villèle était terminé. Lors de la retraite de M. de Martignac, il donna, paraît-il, au roi, des conseils de prudence qui ne furent pas écoutés; il se retira à Toulouse après la chute de la branche aînée, et publia, en 1839, dans la Gazette de France, des articles remarqués sur la situation financière et contre le suffrage universel. Il mourut à l'âge de 81 ans.


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