Marcel, Emile, Auguste Boucher

1891 - 1968

Informations générales
  • Né le 23 octobre 1891 à Compiègne (Oise - France)
  • Décédé le 19 novembre 1968 à Montevideo (Uruguay)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Vosges
Groupe
Indépendants d'union républicaine et nationale

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 23 octobre 1891 à Compiègne (Oise). Député des Vosges de 1936 à 1942.

Issu d'une famille lorraine, tant du côté paternel que du côté maternel, implantée, dans la plaine des Vosges, Marcel Boucher est la fils du docteur Henry Boucher, biologiste réputé auteur de nombreux ouvrages scientifiques, qui, chef de l'Ecole antimicrobienne, fut président de la société. protectrice des animaux, de la ligue universelle, contre la vaccination, de l'union. internationale contre la vivisection, et qui,. durant douze années nemsécutives, fut canseiller municipal de Contrexéville. Il est, à l'âge de cinq ans, miraculeusèment) sauvé d'un naufrage en mer dans des circonstances tragiques abondamment relatées dans les journaux de l'époque, et au cours duquel il perdit sa mère et ses deux sœurs.

Après, avoir terminé son droit et être sorti diplômé de l'Ecole des Sciences politique et de l'Ecole des Hautes études. sociales, il s'inscrivit au barreau de Paris. En 1913, il fait son service militaire au 60e régiment. d'artillerie, à Neufchâteau, et il est brigadier lorsqu'éclate le guerre de 1914- Il quitte le 29- juillet le quartier Rébéval pour la frontière, et après quelques mois de campagne est nommé Maréchal des logis.

Les pertes de l'infanterie, après la première année de guerre, ayant été-considérables, elle doit reformer ses cadres et demande des volontaires à l'artillerie. Marceb Boucher sollicite son admission dans, cette arme et est muté au 2° bataillon de Chasseurs à pied, en qualité de sous-lieutenant. Il a alors 24 ans. Blessé deux fois, il est fait Chevalier de la Légion. d'honneur sur le champ de bataille. Affecté à l'aviation qui réclame des pilotes en 1918, il passe son brevet dans) les plus brefs délais et part sur le front de Pologne. Capitaine, il commande une escadrille dans le secteur opérationnel de Vilna, en Lithuanie. La guerre de Pologne terminée, il rentre en France, avec quatre blessures, la Croix d'Officier de la Légion d'honneur, et la Croix de guerre avec deux palmes.

En janvier 1920, il entre au Cabinet de Charles Rieibel alors Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil, puis Ministre des régions libérées, et l'accompagne dans ses tournées dans les lieux dévastés.

En, 1924, il démissionne du barreau de Paris, qu'il a d'ailleurs beaucoup délaissé ces, dernières années, et s'installe à Contréxéville (berceau de sa famille) qui. se trouve dans un état total d'abandon, et s'adonne de toute son ardeur au, relèvement de cette station thermale jadis. florissante et maintenant oubliée. Il en est aussitôt élu conseiller municipal, avec toute, la liste qu'il a. formée et la mairie lui est confiée.

Il la conservera pendant 20 ans. II se met à la tâche et, sans délai, d'innombrables travaux sont exécutés : démolition de bâtiments vétustes, adductions. d'eau, construction d'un réseau d'égouts, d'un réseau électrique, d'hôtels, d'une gare, d'un lac, restauration et réaménagement d'un Hôtel de Ville, création d'écoles, transformation des rues étroites. en larges avenues, etc.

En quelques années, Contrexéville devient une ville d'eau moderne.

Aux élections générales législatives des. 26 avril et 3 mai 1936, il se présente sur un programme axé- sur la révision de la constitution, sur la nécessité de renforcer le pouvoir législatif et d'inaugurer de profondes réformes agricoles. Dans sa profession de foi, il déclare notamment: « Le peuple est souverain, et, non les Chambres ». Il se prononce d'autre. part contre toute nouvelle guerre, en soulignant : « Il ne faut pas que notre pays vive sous la menace d'hécatombes nouvellee ». Il bat au deuxième tour de scrutin le député sortant, Camille Picard, soutenu par le Front populaire par 7.040 voix contre 6.568 à ce dernier.

Inscrit au groupe des Indépendants d'union républicaine et nationale, il est membre des Commisions du travail et de-l'Algérie, des colonies et pays de protectorat et déposé plusieurs propositions de loi, tendant notamment à instituer le suffrage, familial (1936), à réglementer, en matière de tourisme l'exportation des devises françaises (1936), à inviter le Gouvernement à obtenir du Sénat le vote-rapide des textes législatifs adoptés par la Chambre des députés et en instance devant la Haute assemblée (1936), et à restituer à la pratique médicale des vaccinations un caractère facultatif (1939). Une autre de ses propostiions- de loi a pour objet la suppression de la taxe sur le chiffre d'affaires et de l'impôt sur les transports (1936). Il présente également des propositions. de résolution tendant à inviter le Gouvernement à poursuivre, en accord avec le Gouvernement anglais; la réalisation d'un tunnel sous-marin entre la France et la Grande-Bretagne (1936) et à présenter un. projet de réforme de l'Etat (1939).

L'union des Français et l'entente des grandes nations d'Europe lui étant apparue, dès, 1936, comme l'unique moyen d'éviter, ce que portait l'avenir, il pro fita de l'immense privilège qui lui était donné, de compter le prodigieux village de Domrémy dans sa, circonscription, pour fonder avec Maxime Réal del Sarte, l'association des « Compagnons de Jeanne d'Arc », dont le Comité d'Honneur comprenait les plus hautes personnalités politiques, militaxres et religieuses de l'époque. Sous la bannière de Jeanne, tous les esprits et tous, les peuples eussent pu aisément s'unir.

L'ascendant et vertigineux succès des cérémonies qu'il organisa à Domrémy en 1937, 1938 et 1939 marqua l'essor d'un mouvement rempli d'espérances. La marche était tracée. La seconde guerre mondiale vint l'arrêter, Le 10 juillet 1940, à Vichy, Marcel Boucher vota le projet de loi constitutionnelle, puis se retira de la politique. Il vit actuellement à BuenosrAires.

Il fut vice-président de l'Association des anciens- combattants de Contrexéville, président du Groupement des stations thermales, touristiques et climatiques de l'Est, vice-président de l'Association nationale des maires et délégués des Chambres d'industrie des stations françaises.




Né le 23 octobre 1891 à Compiègne (Oise)

Décédé le 19 novembre 1968 à Montévidéo (Uruguay)

Député des Vosges de 1936 à 1942

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 688, 689).

Après l'armistice, à Vichy, Marcel Boucher signe la « déclaration » rédigée par Gaston Bergery « à propos de l'Assemblée nationale ». Ce document dénonce la IIIe République, réclame un ordre nouveau, autoritaire, national et social, demande le retour du gouvernement à Paris et appelle à la réconciliation avec l'Allemagne. Dans ce texte, apparaît pour la première fois le terme de « collaboration ».

Maintenu dans ses fonctions de maire de Contrexeville par le « nouveau régime », Marcel Boucher s'engage dans cette voie. Président du groupe « Collaboration » des Vosges, il suivra les armées ennemies dans leur retraite. Il parvient ensuite à quitter l'Allemagne pour Buenos Aires.

Par sa décision du 31 décembre 1945, le Jury d'honneur confirme l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi portant révision constitutionnelle.


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