Albert, Magdelaine, Claude de Lezay-Marnézia

1772 - 1857

Informations générales
  • Né le 6 juin 1772 à Moutonne (Jura - France)
  • Décédé le 4 septembre 1857 à Blois (Loir-et-Cher - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 22 juillet 1820
Département
Lot
Groupe
Majorité ministérielle

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 26 janvier 1852 au 4 septembre 1857

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1816 à 1820, pair de France, sénateur du second empire, né au château de Moutonne (Jura) le 6 juin 1772, mort à Blois (Loir-et-Cher) le 4 septembre 1857, il était fils de Claude François Adrien de Lezay-Marnézia, député de la noblesse aux Etats-généraux et de dame Marie-Claudine, marquise de Nettancourt.

Placé à sept ans comme pensionnaire chez les moines de Belley, il s'y instruisit tant bien que mal jusqu'à l'âge de quinze ans, époque à laquelle l'influence de sa famille lui obtint un brevet d'officier dans les dragons d'Orléans.

En 1790, il suivit son père en Amérique; il en partit avec lui, en mai 1792, après de nombreuses et décevantes aventures, et, de retour dans son pays natal, dut bientôt le quitter, sur l'ordre de son père dont les malheurs avaient aigri le caractère. Arrivé à Paris sans ressources, il fut accueilli par M. de Fontanes, ancien ami de sa famille, fut reçu chez Joséphine de Beauharnais, sa parente, et se rendit à Bruxelles (1793) pour écouler une petite pacotille qu'on avait pu lui acheter. Trompé par un agent d'affaires, il revint à Paris plus pauvre qu'auparavant. On était en pleine Terreur; M. de Lezay dut s'enfuir avec son frère à Forges-les-Eaux, chez un ami, M. Livron, qui leur fit fréquenter les clubs, rimer des chansons patriotiques, et même composer un opéra de circonstance: Le Siège de Maubeuge.

Appelé par la conscription sous les drapeaux, M. de Lezay le fit inscrire sous le nom d'Albert, et rejoignit à Lille un régiment de carabiniers. Il assista aux sièges d'Ypres, de l'Ecluse, d'Anvers et de Bréda: son frère, qui était rentré à Paris après thermidor, obtint pour lui un emploi dans les vivres de l'armée, qui le fit appeler à Amsterdam, auprès des munitionnaires généraux. Un amour contrarié l'obligea de quitter cet emploi; il partit avec un négociant de la ville, visita Madère, les Açores, le Portugal, se créa à Lisbonne de belles relations, et, renonçant au projet de rentrer en France à la nouvelle du coup d'Etat de fructidor, retrouva des fonctions d'employé en Hollande, chez un riche négociant d'Amsterdam, M. Couderc.

Le mariage du général Bonaparte avec Mme de Beauharnais fit rentrer à Paris M. de Lezay, rayé des premiers de la liste des émigrés. Mais, en butte aux tracasseries de la police, il crut prudent de se retirer dans le Jura. Il s'y occupa d'agriculture, se maria en 1808, et parvint à se refaire une petite fortune et une existence heureuse.

Il était maire de son village, lorsque le roi l'appela à la préfecture du Pas-de-Calais (mars 1815): cette faveur était due à la mort de son frère, préfet du Bas-Rhin, par suite d'un accident de voiture dans une visite où il accompagnait le duc de Berry. Le retour de l'île d'Elbe ne permit pas à M. de Lezay de se rendre à sa préfecture; il se retira en Suisse, et, à la seconde Restauration, fut nommé préfet du Lot (septembre 1815). Il administra avec zèle ce département, favorisa la culture du tabac, institua des primes pour les meilleures cultures, et fut élu, le 4 octobre 1816, par le collège de son département, député du Lot, avec 105 voix sur 188 votants et 242 inscrits.

Des nécessités politiques le firent nommer, quelques jours après, préfet de la Somme. A la Chambre, lié avec Royer-Collard, il n'aborda pas la tribune et soutint la monarchie constitutionnelle. Le 1er octobre 1817, il demanda et obtint la préfecture du Rhône: Lyon venait d'être agité par des troubles graves; le nouveau préfet prit à tâche de soulager la misère, de donner de l'essor à l'industrie, d'embellir la ville, et sut se concilier ainsi les sympathies de la population. Mais l'avènement du ministère Villèle amena sa destitution (9 janvier 1822).

N'ayant pas été réélu à la Chambre, au renouvellement de 1820, il se retira de nouveau dans son domaine de Saint-julien (Jura), et y resta six ans. Le ministère Martignac le rappela aux affaires, le 18 octobre 1828, en lui confiant la préfecture de Loir-et-Cher; à la nouvelle des journées de juillet 1830, il donna sa démission, puis la reprit sur les instances de ses administrés, et refusa, pour rester à Blois, les préfectures du Nord, d'Eure-et-Loir et du Doubs. Le 11 septembre 1835, le roi le promut à la pairie.

Il était encore préfet à Blois à la révolution de 1848. Il donna sa démission, puis ne refusa pas ses services au prince Louis-napoléon. Membre de la Commission consultative créée après le coup d'Etat de 1851, il fut nommé sénateur le 26 janvier 1852, fit partie de la majorité dynastique, et mourut en 1857, âgé de 86 ans. Par autorisation spéciale, et conformément au vœu du conseil municipal de Blois, son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Nicolas.

On a de lui des comédies: le Nouveau Misanthrope (1801); Une Journée d'élections (1837); Souvenirs (1854), etc.

Date de mise à jour: mai 2015


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