Charles, Joseph, Mathieu de Lambrechts

1753 - 1823

Informations générales
  • Né le 20 novembre 1753 à Saint-trond (Belgique)
  • Décédé le 3 août 1823 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 11 septembre 1819 au 3 août 1823
Département
Bas-Rhin
Groupe
Opposition

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre du Sénat conservateur, ministre et député de 1819 à 1823, né à Saint-Trond (Belgique) le 20 novembre 1753, mort à Paris le 3 août 1823, fils de Gilles de Lambrechts colonel au service des Etats-Généraux de Hollande (la particule fut supprimée lors de la réunion de la Belgique à la France), il étudia le droit à Louvain, fut reçu licencié en 1774, professa le droit canonique en 1777, devint docteur en 1782, et fut élu recteur de cette université en 1786.

L'empereur Joseph II le chargea, en 1788 et 1789, d'étudier en Allemagne l'enseignement du droit, avec promesse, au retour, de la chaire de droit public et de droit des gens à Louvain. Mais la revolution de Brabant déjoua ces projets. Lambrechts prit parti pour l'empereur, quitta la Belgique et n'y revint qu'après le rétablissement de l'autorité impériale.

Après l'entrée des Français en Belgique, il se déclara partisan de la Révolution; il était à Bruxelles. Il devint alors officier municipal de Bruxelles, membre de l'administration centrale, puis président de l'administration centrale du département de la Dyle. En 1797, le Directoire l'appela à remplacer Merlin de Douai au ministère de la Justice, qu'il occupa du 3 vendémiaire an VI au 3 messidor an VIII.

Un moment candidat au Directoire, lorsque Sieyès remplaça Rewbel, il fut nommé membre du Sénat conservateur à sa création, le 3 nivôse an VIII. Il y fit partie de la minorité et vota contre le Consulat à vie et contre l'établissement de l'Empire ; il n'en fut pas moins nommé membre de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII) et créé comte de l'Empire (13 mai 1808).

Le 2 avril 1814, le comte Lambrechts fut le premier à demander la déchéance de l'empereur, qui fut votée sans opposition. Chargé de rédiger les considérants du sénatus-consulte qui la sanctionnait, il apporta le lendemain, un véritable réquisitoire, dans lequel il était dit entre autres choses que Napoléon avait ajourné sans nécessité le Corps législatif et fait supprimer comme criminel un rapport de ce Corps auquel il contestait son titre et sa part à la représentation nationale.

Membre de la commission chargée de préparer le nouvel acte constitutionnel, M. Lambrechts rédigea, le même jour, l'article portant « que le peuple français appelait librement au trône Louis-Stanislas-Xavier, frère du dernier roi. » L'abbé de Montesquieu protesta contre « appelait ». M. de Talleyrand répondit qu'on réglerait ce point quand l'accord serait fait sur les autres. L'article fut maintenu, mais le projet, adopté par le Sénat le 6 avril 1814, n'eut point de suite, Louis XVIII ayant refusé de le sanctionner.

Pendant les Cent-Jours, Lambrechts vota contre l'Acte additionnel ; il se tint à l'écart au début de la Restauration, et, le 11 septembre 1819, il fut élu député du collège de département du Bas-Rhin, par 344 voix (637 votants, 795 inscrits). Il siégea dans les rangs de l'opposition, et vota pour l'admission de Grégoire et contre la loi du double vote. Il mourut à la fin de la législature.

Par testament il laissa une rente de 12,000 fr. pour la fondation d'un hôpital destiné aux aveugles protestants, et 2,000 francs à l'Institut pour le meilleur travail sur la liberté des cultes. M. de Corbière, alors ministre de l'Intérieur, refusa l'autorisation d'accepter ce dernier legs, qui fut alors offert par la succession à la Société de la Morale chrétienne : le prix fut gagné par M. Alex. Vinet en 1826. On a de M. Lambretchts : Principes politiques (1815) ; Quelques réflexions à l'occasion du livre de M. l'abbé Frayssinous, intitulé : Des vrais principes de l'Eglise gallicane (1818).

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