Hippolyte, Nicolas, Honoré Fortoul

1811 - 1856

Informations générales
  • Né le 13 août 1811 à Digne-les-bains (Basses-Alpes - France)
  • Décédé le 7 juillet 1856 à Ems (Allemagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 7 janvier 1849 au 26 mai 1849
Département
Basses-Alpes
Groupe
Droite
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Basses-Alpes
Groupe
Bonapartiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 31 décembre 1853 au 7 juillet 1856

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1848 et en 1849, ministre et sénateur du second Empire, né à Digne (Basses-Alpes) le 13 août 1811, mort à Ems (Allemagne) le 7 juillet 1856, il commença ses études à Digne et les termina au collège de Lyon. Vers la fin de 1829, il vint à Paris et débuta dans la littérature par des travaux qui furent remarqués.

Partisan de la révolution de juillet, il s'attacha au parti démocratique, et, admis à collaborer à l'Encyclopédie nouvelle, à la Revue de Paris, à la Revue des Deux-Mondes, combattit avec ardeur la théorie, chère aux romantiques, de l'art pour l'art, et prêcha la mission civilisatrice et éducatrice de l'écrivain. En relation avec Lamennais, Pierre Leroux, etc., il inclinait vers les idées socialistes, et ses deux romans de Simiane et Steven, réunis sous le titre de Grandeur de la vie privée (Paris, 1838), témoignent de ces tendances. En même temps, il s'occupait activement de critique et de l'histoire des beaux-arts, et visitait, dans de nombreux voyages, les musées étrangers. Les résultats de ses études et de ses observations furent : la Danse des morts, dessinée par Hans Holbein, etc., expliquée par Hyppolyte Fortoul (1842), et de l'Art en Allemagne (1841) : des commentaires ingénieux, des considérations souvent hardies distinguent ces deux ouvrages.

En 1840, Hippolyte Fortoul se fit recevoir docteur es lettres, avec une thèse sur le Génie de Virgile et une autre sur la Métaphysique et la logique d'Aristote, qui lui valurent une chaire de professeur à la Faculté des lettres de Toulouse : il y enseigna brillamment, pendant cinq ans, l'histoire des lettres françaises, et fut nommé (1846), par M. de Salvandy, recteur et doyen de la Faculté des lettres d'Aix, de création récente.

La révolution de 1848 le trouva dans cette situation. Mais elle opéra sur lui une tout autre influence que les journées de juillet, et M. Fortoul entra décidément dans le parti conservateur, auquel il ne cessa, depuis lors, de donner des gages.

Elu, à l'Assemblée constituante, le 7 janvier 1849, dans une élection partielle, motivée par la démission de M. Denoize, représentant des Basses-Alpes, par 9,224 voix (16 335 votants, 45.973 inscrits), il siégea à droite, fit partie du comité de l'instruction publique et montra un entier dévouement à la politique et à la personne du prince-président.

Il conserva cette attitude à l'Assemblée législative, où il fut réélu par le même département, le 13 mai 1849, le 3e et dernier de la liste, avec 11,952 voix (26,587 votants, 48,379 inscrits). Adversaire de la République et des républicains, il fut de ceux qui reçurent, relativement au projet de coup d'Etat, les confidences de L.-N. Bonaparte, et, le 26 octobre 1851, il fut appelé à faire partie, comme ministre de la Marine, du cabinet Thorigny, qui précéda immédiatement l'acte du Deux-Décembre ; le 3 décembre 1851, il prit dans le nouveau ministère le portefeuille de l'instruction publique. Le système d'études qu'il introduisit dans l'Université a été souvent discuté : ce système, dit de bifurcation, restreignait la philosophie, sous le modeste nom de logique, dans d'étroites limites, séparait profondément les sciences des lettres, et donnait à l'étude des premières une extension marquée. D'autres réformes vinrent modifier profondément l'enseignement secondaire et la condition des professeurs, et porter la régularité et la discipline la plus minutieuse à tous les degrés de la hiérarchie. Par un décret du 9 mars 1852, la nomination des hauts fonctionnaires de l'instruction publique fut rendue au pouvoir supérieur, et, par un décret du 13 juillet 1855, l'Institut de France reçut une nouvelle constitution.

Un abaissement notable du niveau des études classiques apparaissait déjà comme la conséquence du nouveau système, quand la mort subite de son auteur, arrivée aux eaux d'Ems, le 7 juillet 1856, en arrêta le développement. Les successeurs de Fortoul se donnèrent la tâche de détruire ce qu'il avait édifié et de relever ce qu'il avait détruit. Hippolyte Fortoul était entré au Sénat le 31 décembre 1853; la même année il avait été nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Le 1er janvier 1856, il avait reçu la croix de grand-officier de la Légion d'honneur. En dehors de ses tentatives de réforme, il proposa et fit décréter, pendant son passage au ministère, une série de publications nouvelles, telles que: le Recueil des Inscriptions de la Gaule et de l'Algérie, les Chants populaires de la France, la Collection des vieux poètes français. Il faut encore citer, parmi les travaux personnels de Fortoul, une Etude sur la maison des Stuarts (1839); Essai sur la théorie et sur l'histoire de la peinture chez les anciens et chez les modernes (1845); Histoire du XVIe siècle (1838); de la Littérature antique au moyen âge (1842), etc.

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