Charles Boch

1824 - 1871

Informations générales
  • Né le 24 mars 1824 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 18 février 1871 à Bâle (Suisse)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 8 février 1850
Département
Bas-Rhin
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à l'Assemblée législative de 1849, né à Strasbourg (Bas-Rhin), le 24 mars 1824, mort à Bâle (Suisse), le 18 février 1871, il était vigneron à Mittelschaeffolsheim.

Porté sur la liste des républicains démocrates socialistes, il fut élu, le 13 mai 1849, représentant du peuple à l'Assemblée législative par le département du Bas-Rhin, le 6e sur 12, avec 36 453 voix (95 863 votants, 146 942 inscrits). Boch était un des plus jeunes représentants de la Législative. Il s'assit à la Montagne, et s'associa a toutes ses protestations contre l'expédition romaine ; signataire de la proposition de mise en accusation du président Louis-Napoléon Bonaparte, présentée à l'Assemblée dans la séance du 11 juin, il fut également, le même jour, un des auteurs d'une proclamation de la Montagne à la démocratie allemande (11 juin), où il était dit :

« Frères !

« Au signal donné par notre Révolution sociale de février, l'Allemagne s'est ébranlée. Mûre pour les idées nouvelles, elle s'est levée contre les despotes ; elle a revendiqué les droits si longtemps méconnus de la souveraineté populaire... L'Allemagne et la France ont reçu du ciel une mission sacrée ; en leurs mains sont les destinées du monde. Sous la bannière de la démocratie elles forment, entre l'Orient et l'Occident, le rempart de la civilisation contre la barbarie. Unies par le bras et par l'idée, elles édifieront la société nouvelle... Frères ! espoir et persévérance ! et bientôt, dans une fraternelle étreinte, sur les ruines des trônes et des privilèges, deux grands peuples pourront s'écrier, pleins du saint enthousiasme de la victoire : Allemagne et France pour le pain et le bonheur de l'humanité !... »

Il signa aussi la proclamation au peuple français insérée dans les journaux du 13, et rappelant la violation de l'article 5 du préambule de la Constitution, ainsi que l'appel aux armes daté du Conservatoire des arts et métiers. C'est là que le représentant Boch fut arrêté, par un capitaine du 62e de ligne, au moment où il sortait d'une des salles intérieures. Il s'était revêtu de ses insignes, et s'avançait, dit-il dans un premier interrogatoire, au devant des troupes pour empêcher l'effusion du sang. Après cette explication, Boch déclara aux juges qu'il n'opposerait que le silence aux questions qui lui seraient faites. En effet, à une des premières audiences de la Haute Cour de justice siégeant à Versailles, le samedi 13 octobre, « l'accusé Boch » déclara simplement ceci :

« Je persiste dans ma protestation contre un pouvoir violateur de la Constitution ; je proteste aussi contre le droit qu'on s'arroge ici de vouloir nous juger, et je déclare ne vouloir répondre à aucune des questions qui me seront adressées. »

Boch entendit prononcer contre lui, le 13 novembre, la peine de la déportation.


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