Amable, Guillaume, Prosper Brugière de Barante

1782 - 1866

Informations générales
  • Né le 10 juin 1782 à Riom (Puy-de-Dôme - France)
  • Décédé le 21 novembre 1866 à Dorat (Puy-de-Dôme - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Minorité libérale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1815 à 1816 et pair de France, né à Riom (Puy-de-Dôme), le 10 juin 1782, mort à Dorat (Puy-de-Dôme), le 21 novembre 1866, il entra à l'Ecole polytechnique en 1799, en sortit en 1800, et débuta dans l'administration à Carcassonne, où son père était préfet. Surnuméraire au ministère de l'intérieur en 1802, il collabora au Publiciste et à la Décade philosophique, passa auditeur au Conseil d'Etat le 12 mars 1806, envoyé extraordinaire en Espagne le 9 août, intendant à Dantzig le 8 novembre et fut chargé d'une mission à Varsovie le 9 décembre de la même année. Nommé sous-préfet de Bressuire, le 8 juillet 1807, il fut souvent reçu au château de Clisson, à quelques kilomètres de sa résidence, par Mme de la Rochejaquelein, qui lui communiqua ses Mémoires sur les guerres de la Vendée, mémoires qu'il publia plus tard, en grande partie, en 1814, et dont on lui attribua longtemps à tort la rédaction.
Appelé à la préfecture de la Vendée le 1er février 1809, il épousa, le 26 novembre suivant, Mlle d'Houdetot, petite-fille de la célèbre Mme d'Houdetot amie de J.-J. Rousseau et de Saint-Lambert. Il publia, cette même année, un Tableau de la littérature française au XVIIIe siècle, qui eut de nombreuses éditions et mérita les éloges de Mme de Staël. Préfet de la Loire-Inférieure le 12 mars 1813, il se maintint à ce poste jusqu'au 20 mars 1815, et donna alors sa démission, par respect pour son serment. Après le retour de Gand, il fut nommé conseiller d'Etat et secrétaire général du ministère de l'intérieur, remplit le poste de ministre de l'intérieur par intérim, et, à l'arrivée de M. de Vaublanc, devint directeur général des contributions indirectes.

Elu député le 22 août 1815 dans deux départements, par le collège de département de la Loire Inférieure, avec 79 voix sur 156 votants et 215 inscrits, et par le collège de département du Puy-de-dôme avec 145 voix sur 226 votants et 287 inscrits, il siégea avec la minorité libérale dont MM. Royer-Collard et de Serre étaient les chefs. À la séance du 28 novembre, il protesta contre la proposition de M. Hyde de Neuville demandant à réduire le nombre des tribunaux et à suspendre l'institution royale des juges ; le 25 novembre, il soutint la discussion du budget, comme commissaire du gouvernement, et remit en vigueur la législation des contributions indirectes, abrogée pendant les Cent-Jours.
Devenu inéligible par suite de l'ordonnance royale du 5 septembre qui fixait à 40 ans l'âge d'éligibilité, M. de Barante siégea à la Chambre comme commissaire du gouvernement, prit la parole dans la discussion de la loi Gouvion-Saint-Cyr sur le recrutement, et fit voter le monopole des tabacs.

Elevé à la dignité de pair, le 5 mars 1819, M. de Barante n'abdiqua pas ses opinions libérales, et monta à la tribune dans la discussion de la loi destinée à réprimer les crimes et délits commis par la voie de la presse, pour déclarer qu'à son sens, les articles 6 et 7 de la Charte ne devaient point être entendus comme donnant à la religion catholique une situation privilégiée.
Le ministère de réaction qui succéda au ministère Decazes (17 février 1820), élimina M. de Barante du Conseil d'Etat, et lui offrit en échange l'ambassade de Danemark, qu'il refusa. Il se livra alors entièrement à ses travaux historiques tout en s'associant, à la Chambre haute, à l'opposition ferme et modérée que la minorité fit aux ministères de la Restauration sauf à M. de Martignac. Il commença, en 1824, la publication de son Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, qui lui ouvrit, en 1828, les portes de l'Académie française.
L'avènement de la monarchie de Juillet parut réaliser son idéal politique ; il vota constamment avec la majorité ministérielle, et fut envoyé comme ambassadeur à Turin en octobre 1830, et à Saint-Pétersbourg en 1835.

La Révolution de 1848 l'éloigna de la vie publique.

M. de Barante est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages qui diffèrent de mérite et d'intérêt ; nous citerons :
- l'Histoire de la Convention nationale (6 vol. 1851-1853),
- l'Histoire du Directoire (3 vol. 1855),
- une Vie de Royer- Collard,
- des Discours, etc.