Charles, Nicolas Fabvier

1782 - 1855

Informations générales
  • Né le 10 décembre 1782 à Pont-à-mousson (Meurthe - France)
  • Décédé le 15 septembre 1855 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Meurthe
Groupe
Droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair de France, représentant à l'Assemblée législative de 1849, né à Pont-à-Mousson (Meurthe) le 10 décembre 1782, mort à Paris le 15 septembre 1855, fils d'un magistrat emprisonné sous la Terreur, il entra à l'Ecole polytechnique, en sortit comme sous-lieutenant au 1er régiment d'artillerie (avril 1804), fut décoré en 1805, et fut compris, avec le colonel Foy, en 1807, dans la mission militaire envoyée au sultan Sélim pour défendre Constantinople contre les Anglais.

Il reçut ensuite une mission en Perse avec la général Gardanne, pour y organiser l'artillerie. Il fit, comme volontaire dans l'armée polonaise, sous Poniatowski, la campagne de 1809, et, promu capitaine, devint aide-de-camp du duc de Raguse qu'il suivit en Espagne (1811). Envoyé, en juillet 1812, auprès de Napoléon pour lui rendre compte de la situation en Espagne, il le rejoignit à la Moskowa, fut grièvement blessé à l'assaut de la grande redoute, et fut nommé chef d'escadron. Colonel en 1813, pendant la campagne de Saxe, il fut créé baron de l'Empire, et chef d'état-major de onze corps d'armée. Il prit part en 1814 à la défense de Paris, fut blessé aux Prés-Saint-Gervais, et signa, le 31 mars, la capitulation au nom des maréchaux Mortier et Marmont.

La Restauration mit Fabvier en disponibilité : il rentra en activité comme chef d'état-major du duc de Raguse, qu'il suivit à Lyon en 1819. Il prit énergiquement parti contre le général Canuel (V. ce nom), dont le rappel venait d'être décidé, publia sous ce titra : Lyon en 1817, une brochure où il flétrissait sa conduite, et se vit condamné pour diffamation à 3000 francs de dommages-intérêts. Réformé, puis mis en disponibilité, il se livra au commerce, tout en conspirant contre le gouvernement de la Restauration. Compromis dans les troubles militaires d'août 1820, il fut enfermé un moment à Sainte-Pélagie, continua de s'occuper de commerce, fut de nouveau arrêté en 1822, et résolut de quitter la France. Après avoir voyagé quelque temps en Angleterre, en Espagne et en Portugal, il se rendit (1823) en Grèce, où il offrit ses services à la cause de l'indépendance. En 1828, il fut chargé d'accompagner les troupes françaises envoyées en Morée.

Partisan de la révolution de 1830 et du gouvernement nouveau, Fabvier devint, après les journées de juillet, chef d'état-major du général Gérard, maréchal de camp et commandant de la place de Paris; il se démit de ce poste en 1831, et tenta, à plusieurs reprises, de se faire élire député. Le 5 juillet 1831, il réunit 48 voix seulement dans le 5e collège de la Meurthe (Sarrebourg), contre 72 à M. Chevandier, élu; le 1er octobre de la même année, il se présenta dans le 5e collège du Loiret (Montargis), et obtint 100 voix contre 174 à l'élu, M. Bleuart. Enfin, le 21 juin 1834, il échoua à la fois dans le 2e et dans le 5e collège de la Meurthe, à Nancy et à Toul.

Promu au grade de lieutenant-général (29 juillet 1839), puis membre des comités supérieurs d'infanterie et d'état-major, il fut élevé, le 23 septembre 1845, à la dignité de pair de France. Le général Fabvier soutint de ses votes la monarchie de Louis-Philippe, prit plusieurs fois la parole à la tribune du Luxembourg, se fit remarquer par ses sentiments catholiques, et appuya notamment, en 1847, la pétition du prince Jérôme Bonaparte, « dont toute l'ambition était de redevenir citoyen français. »

La république de 1848 le mit à la retraite comme général de division, mais le nomma ambassadeur à Constantinople. En 1849, le roi de Danemark lui confia le commandement supérieur de l'armée destinée à agir contre les duchés, puis il se ravisa et le congédia avec 40,000 francs d'indemnité.

Elu, le 13 mai de la même année, représentant de la Meurthe à l'Assemblée législative, le 4e sur 9, par 41,697 voix (85,081 votants, 122,416 inscrits), le général Fabvier siégea à droite, vota avec la majorité monarchiste et demanda l'élargissement d'Abd-el-Kader.

Quoique partisan de la politique de L. Napoléon, le général Fabvier refusa toute faveur, après le coup d'Etat de décembre 1851, et rentra dans la vie privée. Il a laissé quelques écrits sur des questions militaires. Grand officier de la Légion d'honneur du 27 juillet 1831.


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