Gaspard Gourgaud

1783 - 1852

Informations générales
  • Né le 14 novembre 1783 à Versailles (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 25 juillet 1852 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair de France et représentant du peuple en 1849, né à Versailles (Seine-et-Oise) le 14 novembre 1783, mort à Paris le 25 juillet 1852, il était fils d'Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d'Hélène Gérard.

Elève de l'Ecole polytechnique à 16 ans, il en sortit, deux ans après, officier d'artillerie, passa quelques mois à l'Ecole d'artillerie de Châlons, fut adjoint au professeur de fortification de l'Ecole de Metz (janvier 1803), et se fit incorporer (avril suivant) au 6e d'artillerie avec lequel il fit la campagne de Hanovre comme lieutenant en second. Lieutenant en premier (1805), il suivit, en qualité d'aide-de-camp, le général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d'Allemagne, fut blessé à Austerlitz, décoré à Pultusk, nommé capitaine après l'affaire d'Ostrolenka, et fut envoyé en Espagne. Il se fit remarquer au siège de Saragosse, revint en Allemagne pour la campagne de 1809, et se battit à Eckmühl, à Essling, à Wagram. Attaché en 1810 à la manufacture d'armes de Versailles, il se rendit à Dantzig pour rendre compte de l'état de la place (1811), passa officier d'ordonnance de l'empereur, l'accompagna dans la campagne de Russie, fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400,000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle. Ce service lui valut le titre de baron de l'Empire et le grade de chef d'escadron. Le baron Gourgaud se distingua pendant l'héroïque retraite, fit toute la campagne de Saxe, et, en 1814, sauva la vie à l'empereur, à Brienne, en tuant un Cosaque dont la lance allait le frapper. Blessé à Montmirail, il ne quitta pas l'armée, fut promu colonel après la bataille de Montereau, culbuta un corps russe près de Laon, et reprit Reims. Il entra de droit, à la première Restauration, dans les gardes du corps du roi, mais, aux Cent-Jours, il reprit ses fonctions auprès de l'empereur, qui le nomma général de brigade, et son premier aide-de-camp. Il ne le quitta pas après Waterloo, le suivit à Rochefort, et fut désigné par lui pour porter sa lettre au prince-régent d'Angleterre. On prit la lettre, mais on ne lui permit pas de débarquer.

Choisi par Napoléon pour l'accompagner à Sainte-Hélène, il y réunit, sous les yeux de l'empereur, les matériaux d'une histoire de la grande armée, puis il quitta l'île en 1818, soit par raison de santé, soit plutôt par suite de mésintelligence avec Montholon.

Fixé en Angleterre, le gouvernement de la Restauration lui ayant interdit d'entrer en France, il adressa un mémoire aux souverains alors réunis en congrès à Aix-la-Chapelle, pour protester contre les rigueurs de la captivité de « celui que naguère ils s'honoraient d'appeler leur frère », et il obtint ainsi quelques adoucissements. Une brochure qu'il publia ensuite sur la bataille de Waterloo froissa les susceptibilités du duc de Wellington, qui réclama contre lui l'application de « l'alien-bill »; ses papiers furent saisis, et il fut transporté à Cuxhaven, à l'embouchure de l'Elbe. Il réclama en vain l'autorisation de rentrer en France, et sa mère, mourante, adressa inutilement à ce sujet une pétition à la Chambre des députés. Il n'obtint de passeport qu'en mars 1821.

A la mort de l'empereur, il demanda, par une pétition, l'intervention de la Chambre pour réclamer les restes de Napoléon. En 1823, il publia, avec le comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon, et, ayant répondu par une lettre un peu vive à l'Histoire de la Grande Armée de M. Philippe de Ségur, eut avec ce dernier un duel au pistolet, dans lequel il blessa son adversaire (1825). L'année suivante, il se défendit contre Walter Scott, qui, dans sa Vie de Napoléon, l'accusait d'avoir été à Sainte-Héléne l'espion du gouvernement anglais auprès de l'empereur.

Le baron Gourgaud, qui avait été rayé des cadres de l'armée en 1815, fut remis en service actif après la révolution de 1830, comme commandant de l'artillerie de Paris, et comme maréchal-de-camp. Aide-de-camp de Louis-Philippe (1832), lieutenant-général (1835), il fut (1840) membre de la commission chargée d'aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de Napoléon, et fut nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il soutint à la Chambre haute la politique du gouvernement, et fut chargé de l'armement des fortifications de Paris.

Un décret du gouvernement provisoire de 1848 le mit à la retraite. Colonel de la 1re légion de la garde nationale de Paris après les journées de juin, il fut élu, le 13 mai 1849, représentant des Deux-Sèvres à l'Assemblée législative, le 6e sur 7, par 19,911 voix sur 56,851 votants et 93,149 inscrits. Son élection avait été recommandée dans les Deux-Sèvres, où le général n'avait aucune raison particulière de se présenter, par le comité central napoléonien de Paris, présidé par le général Piat, et avait été acceptée sur « la liste de conciliation » des conservateurs du département. Le général Gourgaud siégea dans la majorité monarchiste, prit la parole dans quelques discussions, défendit maladroitement l'expédition des gardes nationaux de sa légion, le soir du 13 mai 1849, contre l'imprimerie Boullé, et soutint la politique personnelle du prince-président. Il succomba, six mois après le coup d'Etat de décembre, aux suites d'une longue maladie.

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