Alexandre, César, Victor, Charles Destutt de Tracy

1781 - 1864

Informations générales
  • Né le 9 septembre 1781 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 13 mars 1864 à Paray-le-frésil (Allier - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 août 1822 au 9 mai 1823
Département
Allier
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Allier
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Allier
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Allier
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Allier
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 12 mai 1838 au 2 février 1839
Département
Orne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 12 juin 1842
Département
Orne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Département
Orne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 1er août 1846 au 24 février 1848
Département
Orne
Groupe
Gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Orne
Groupe
Droite
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Orne
Groupe
Droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1822 à 1823, de 1827 à 1837, de 1838 à 1848, représentant en 1848 et en 1849, et ministre, né à Paris le 9 septembre 1781, mort à Paray-le-Fresil (Allier) le 13 mars 1864, fils d'Antoine Destutt de Tracy, député de Moulins aux Etats généraux, il entra, à l'Ecole polytechnique en 1791, en sortit dans le génie, et fut nommé lieutenant en 1800. Capitaine en second au 4e bataillon de sapeurs quatre ans après, il servit au camp de Boulogne, à l'armée d'Italie, en Dalmatie, dans l'état-major du génie (1807), fut aide-de-camp du général Sébastiani, ambassadeur à Constantinople, le suivit en Espagne, et se distingua à Almonacid et à Albuera, où il fut blessé. Il prit part à la campagne de Russie, comme chef de bataillon au 58e de ligne depuis 1807, fut fait prisonnier et interné à Saint-Pétersbourg. Echangé en 1814, il fut nommé colonel (juin suivant), épousa (1816) la veuve du général Letort, et donna sa démission en 1818 pour s'occuper d'études scientifiques.

Le 5 août 1822, il fut élu député du 2e arrondissement électoral de l'Allier (Montluçon) par 151 voix (261 votants, 390 inscrits), contre 99 à M. Hutteau d'Origny, en remplacement de M. Deschamps de la Vareinne, décédé ; il s'assit à l'extrême gauche, à côté de La Fayette, dont le fils avait épousé sa sœur, vota avec l'opposition, et protesta contre l'expulsion de Manuel.

Les élections du 25 février 1824 ne lui furent pas favorables ; il échoua dans deux arrondissements de l'Allier, à Moulins, avec 108 voix, contre 304 à l'élu, M. Béraud des Rondards, et à Montluçon avec 107 voix, contre 208 à l'élu, M. Chevenon de Bigny.

Mais, le 17 novembre 1827, il fut réélu député de Moulins par 206 voix (358 votants, 483 inscrits), contre 155 au député sortant, M. Béraud des Rondards. M. de Tracy reprit sa place dans l'opposition et vota l'Adresse des 221.

Les élections du 23 juin 1830 le renvoyèrent à la Chambre par 282 voix (510 votants, 574 inscrits), contre 218 à M. Béraud des Rondards.

Il contribua à l'établissement de la monarchie de Juillet, vis-à-vis de laquelle il conserva toujours son indépendance.

Ayant été réélu jusqu'à la fin du règne :
- le 5 juillet 1831, par 214 voix (362 votants, 502 inscrits) contre 78 au général de Castellane ; le même jour, également élu dans le 2e collège du même département (La Palisse) par 164 voix (252 votants, 320 inscrits) contre 81 à M. Lelorgne d'Ideville ;
- le 21 juin 1834, dans deux collèges, à Moulins, par 157 voix, contre 147 à M. Dubourg, et à La Palisse par 126 voix, contre 72 à M. Lelorgne d'Ideville, il opta pour Moulins ;
- et fut réélu, le 12 mai 1838, dans le 6e collège de l'Orne (Laigle) par 85 voix (152 votants), contre 67 à M. Poriquet ;
- le 2 mars 1839, par 111 voix (196 votants) ;
- le 9 juillet 1842, par 129 voix (235 votants, 264 inscrits), contre 104 à M. de Ségur d'Aguesseau ; le même jour, il échoua à Moulins avec 126 voix contre 248 au député sortant réélu, M. Meilheurat ;
- le 1er août 1846, à Laigle, par 199 voix (216 votants, 306 inscrits), contre 16 à M. Dubern.

M. de Tracy fit au gouvernement de Louis-Philippe une opposition ferme et modérée, réclama la suppression de la peine de mort, vota contre l'hérédité de la pairie, bien que fils de pair, signa le compte-rendu de 1832, parla en faveur des réfugiés politiques, de l'émancipation des esclaves, de la liberté d'enseignement, de l'abandon de l'Algérie, qu'il considérait comme une conquête ruineuse, de l'agriculture, contre la traite des noirs, et fut nommé (1841) membre du conseil supérieur de l'agriculture. « Il était toujours prêt à se mettre en avant, a dit M. Guizot, pour ce qu'il croyait le droit et le bien de l'humanité. »

À la révolution de 1848, M. de Tracy fut nommé colonel de la 1re légion de la garde nationale de Paris. Elu, le 23 avril 1848, représentant de l'Orne à l'Assemblée constituante, le 1er sur 12, par 92 016 voix (98 914 votants, 122 951 inscrits), il fit partie du comité des finances, et vota :
- pour le bannissement de la famille d'Orléans (au grand étonnement de ses amis et de la famille royale),
- pour l'abolition de la peine de mort,
et toujours ensuite avec la droite.

Aux journées de juin, il se signala contre les insurgés à la tête de la 1re légion de la garde nationale.

Le prince Louis-Napoléon, élu président de la République, lui confia dans son premier cabinet le portefeuille de la Marine et des Colonies (20 décembre 1848-2 juin 1849) ; ce fut pendant son passage aux affaires que l'esclavage fut aboli dans les colonies, et la peine de mort supprimée en matière politique.

Il conserva ses fonctions ministérielles dans le second cabinet Odilon Barrot (2 juin 1849), et tomba avec lui (31 octobre suivant) ; il avait été, le 13 mai précédent, élu représentant de l'Orne à l'Assemblée législative, le 1er sur 9, par 61 744 voix (94 068 votants, 126 096 inscrits).

Après sa sortie du ministère, il continua de voter avec la majorité monarchiste, mais contre la politique personnelle du prince-président.

Il protesta contre le coup d'Etat de décembre, et se laissa porter aux élections du 29 février 1852 au Corps législatif, comme candidat indépendant, dans la 2e circonscription de l'Orne ; il n'obtint que 997 voix, contre 24 120 au candidat officiel élu, M. de Sainte-Croix, et 1 182 à M. de Vigneral. Etranger dès lors à la vie politique, il s'occupa d'agriculture dans sa belle terre de Paray-le-Fresil, et y mourut, à 83 ans.

Il avait été admis à la retraite, comme colonel d'état-major d'infanterie, le 5 avril 1820 ; officier de la Légion d'honneur (1831).

On a de lui :
- Lettres sur l'agriculture (1857) ;
- Pensées et Souvenirs, etc.

Date de mise à jour : janvier 2014


Retour haut de page