Frédéric Degeorge

1797 - 1854

Informations générales
  • Né le 12 septembre 1797 à Béthune (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 22 juillet 1854 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant du peuple en 1848, né à Béthune (Pas-de-Calais), le 12 septembre 1797, mort à Paris, le 22 juillet 1854, il s'enrôla à seize ans dans le 2e régiment d'infanterie de ligne et fit la campagne de 1814, puis celle de 1815. Il combattit à Ligny et remplaça son sergent-major, tué le jour de cette bataille. Il était, à Mont-Saint-Jean, de la division de Jérôme-Napoléon, et faillit tomber aux mains de l'ennemi.

Frédéric Degeorges quitta l'armée sous la Restauration, et vint, en 1819, faire son droit à Paris. Adversaire déclaré des Bourbons, il se fit incarcérer à la prison de la Force (juin 1820), et exclure pour un an de l'Ecole de droit, comme ayant pris part aux rassemblements qui eurent lieu devant la Chambre des députés à l'occasion du changement de la loi électorale. Il fut un des fondateurs de la loge Les Amis de la vérité et se trouva mêlé à plusieurs conspirations. Il entra aussi un des premiers dans la Charbonnerie, avec Bayard, Buchez, Guillard, Flottard, etc., et affilia à cette société secrète les quatre régiments de la garnison de Lille. Il prit part à toutes les tentatives d'insurrection, et publia un grand nombre de brochures politiques, dont deux: Les accents de la liberté au tombeau de Napoléon, et Ce qu'il faut faire ou ce qui nous menace, furent traduits devant les tribunaux. Degeorges fut du nombre de ceux qui résolurent de se rendre en Espagne dans l'intention de se réunir sur la frontière, de se présenter aux troupes du cordon sanitaire, de les soulever et de marcher avec elles sur Paris. Condamné à mort par contumace, pour cette expédition, Degeorges se réfugia en Angleterre, et fut obligé, pour vivre, de donner des leçons de français et de fournir des articles aux journaux. Etant venu, en juillet 1828, se constituer prisonnier, il fut acquitté par la cour d'assises de Saint-Omer, et contribua à la fondation du Propagateur, qui fit une guerre acharnée au ministère Polignac.

En 1830, il résista à l'exécution des fameuses Ordonnances et se mit à la tête du mouvement. Au lendemain de la révolution, il refusa les emplois qui lui furent offerts, et ne tarda pas à reprendre sa place dans l'opposition démocratique : douze procès de presse, que lui intenta successivement le pouvoir, furent suivis de douze acquittements, dont dix rendus à l'unanimité. Choisi par les prévenus d'avril comme un de leurs conseils, il fut écarté de la défense par la Chambre des pairs. Frédéric Degeorges avait pris part aussi à la rédaction du Bon Sens et publié un intéressant volume sur les Femmes françaises du XVIIe siècle, quand éclata la révolution de février.

Le gouvernement provisoire le nomma commissaire général dans le Pas-de-Calais. Le 23 avril 1848, il fut élu représentant du peuple du Pas-de-Calais à l'Assemblée constituante, le 3e sur 17, par 95,192 voix (161,957 votants, 188,051 inscrits). Frédéric Degeorges siégea à gauche et vota :

- contre le rétablissement du cautionnement,
- contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre l'amendement Grévy,
- contre l'abolition du remplacement militaire,
- contre le droit au travail,
- pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac.

Après l'élection présidentielle du 10 décembre, il se déclara l'adversaire de L.-N. Bonaparte qu'il avait connu sous Louis-Philippe, et avec qui il avait eu, pendant le séjour du prince à Ham, de curieuses entrevues; il vota alors:

- contre la proposition Rateau,
- pour l'amnistie générale,
- contre l'interdiction des clubs,
- contre les crédits de l'expédition romaine,
- contre la demande d'accusation contre le président et ses ministres,
- pour l'abolition de l'impôt des boissons.

Frédéric Degeorges fut secrétaire de l'Assemblée constituante. Il n'appartint pas à d'autres législatures. Le 29 février 1852, il échoua dans le Pas-de-Calais, comme candidat d'opposition au Corps législatif, avec 5,668 voix contre 11,693 données au candidat officiel élu, M. d'Herlincourt, 6,967 à M. d'Havrincourt, et 5,476 à M. Plichon.