Philippe, Ezéchiel Lebleu

1804 - 1891

Informations générales
  • Né le 29 décembre 1804 à Dunkerque (Nord - France)
  • Décédé le 10 février 1891 à Dunkerque (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Centre droit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant du peuple en 1848, né à Dunkerque (Nord) le 29 décembre 1804, fils d'un médecin distingué, il fit ses études au collège de Douai, passa par l'Ecole polytechnique, et en sortit (1826) comme officier du génie.

En 1830, il était lieutenant au 2e régiment de cette arme, en garnison à Arras; à la première nouvelle des Ordonnances de juillet, il se prononça ouvertement pour la résistance, et, de concert avec Cavaignac, fit marcher son régiment sur Paris, pour prêter main-forte à l'insurrection. Envoyé à Lyon comme officier d'état-major, il se concilia (1832) les sympathies de la population ouvrière, fut attaché à Dunkerque, en 1833, comme capitaine de génie, au service des places de guerre, et profita de son séjour pour concourir à la fondation du journal républicain la Vigie de Dunkerque. Il passa successivement à Montpellier, à Oran, à Saint-Venant, et à Béthune. Il avait reçu en 1845 la croix de la Légion d'honneur.

Capitaine du génie à Béthune lors de la révolution de février, il fut, en raison de ses opinions démocratiques, élu, le 23 avril 1848, représentant du Pas-de-Calais à l'Assemblée constituante, le 11e sur 17, par 75,802 voix (161,957 votants et 188,051 inscrits). Dans sa circulaire aux électeurs (22 mars 1848), il disait vouloir « une république radicale largement populaire, mais aussi modérée, libérale, pure de toute réaction violente. » Il appartint au comité de la guerre et vota souvent avec la droite :

- pour le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps,
- pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre l'abolition de la peine de mort,
- contre l'amendement Grévy,
- contre l'abolition du remplacement militaire,
- contre le droit au travail,
- pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac,
- pour la proposition Rateau,
- contre l'amnistie,
- pour l'interdiction des clubs,
- contre l'abolition de l'impôt des boissons.

Il ne fut pas réélu à l'Assemblée législative, et l'on trouverait sans doute l'explication de cet échec dans sa circulaire du 17 mars 1849, comme candidat à cette Assemblée : « Pendant la longue et laborieuse session de l'Assemblée constituante, je me suis fait une loi de consacrer toutes mes journées aux intérêts généraux, et de n'en distraire aucune pour la satisfaction de mes intérêts personnels. J'ai assisté à toutes les séances, j'ai pris part à tous les scrutins. Dans les bureaux, dans les comités, dans les commissions dont je fus membre, j'ai travaillé, en dehors de tout esprit de parti, au triomphe des idées utiles. Pour accomplir loyalement cette tâche, j'ai compris que c'était pour moi un impérieux devoir de conserver toute mon indépendance : aussi je n'ai rien demandé aux ministres, même quand j'avais d'anciens amis au pouvoir, et jamais on ne m'a vu, dans les antichambres des chefs de bureau des ministères, compromettre en ma personne la dignité de la représentation nationale. Mais si je me suis toujours refusé à solliciter des faveurs, je n'ai jamais hésité à réclamer contre des injustices: j'avais le droit alors de me montrer exigeant, et les destitutions imméritées que je suis parvenu à empêcher ne sont pas mon moindre titre à vos suffrages. »

M. Lebleu revint en 1850 se fixer à Dunkerque, où il a été à plusieurs reprises conseiller municipal, et maire de 1878 à 1884. Il y est décédé le 10 février 1891. Il a été promu au grade d'officier de la Légion d'honneur le 12 août 1862.

Date de mise à jour: janvier 2016


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