Horace, François, Bastien Sébastiani

1772 - 1851

Informations générales
  • Né le 15 novembre 1772 à La porta d'ampugnani (Haute-Corse - France)
  • Décédé le 20 juillet 1851 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 7 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Aisne
Groupe
Bonapartiste
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 22 septembre 1819 au 24 décembre 1823
Département
Corse
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 27 janvier 1826 au 5 novembre 1827
Département
Aisne
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Aisne
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 20 octobre 1830
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 21 octobre 1830 au 31 mai 1831
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 13 mai 1834
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 mai 1834 au 25 mai 1834
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 9 mai 1835
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 26 décembre 1835 au 3 octobre 1837
Département
Corse
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Corse
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 mars 1839 au 12 juin 1842
Département
Corse
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 12 juillet 1842 au 1er juin 1846
Département
Corse
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 17 août 1846 au 24 février 1848
Département
Corse
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant aux Cent-Jours, député de 1819 à 1823, de 1826 à 1844, ministre, né à la Porta (Corse) le 15 novembre 1772, mort à Paris le 20 juillet 1851, fils de Joseph-Maria Sébastiani, tailleur, et de la signora Maria Pietra Franceschi, il fut élevé par un oncle prêtre, et destiné à l'état ecclésiastique.

Obligé de passer en France à cause des troubles, il fut nommé sous-lieutenant d'infanterie (août 1789), suivit son bataillon en Corse en 1793, comme lieutenant, servit d'agent militaire aux représentants en mission, passa (1794) à l'armée des Alpes, comme aide de camp du général Casabianca, et fut nommé capitaine au 9e dragons.

Il se distingua à Arcole, fut promu chef d'escadron (septembre 1797), puis chef de brigade (avril 1799), et fut fait prisonnier à Verderio.

Rendu à la liberté, et attaché au général Bonaparte, dont il se prétendit depuis le parent, il coopéra au coup d'Etat de brumaire, se battit à Marengo, fut chargé d'une mission en Turquie et en Egypte en 1802, fut nommé, au retour, général de brigade (août 1803), et envoyé à l'armée des côtes de Bretagne.

Blessé à Austerlitz, et fait général de division (21 décembre 1805), il fut envoyé en ambassade à Constantinople, et décida la Turquie à déclarer la guerre à la Russie et à résister aux Anglais ; il défendit lui-même la ville contre la flotte anglaise qui dut se retirer ; mais la déposition du sultan Sélim III, en modifiant la politique turque, lui fit demander son rappel (juin 1807) ; l'empereur le nomma grand cordon de la Légion d'honneur.

Envoyé en Espagne (août 1808), il remporta d'abord des succès, et fut créé comte de l'Empire le 31 décembre 1809 ; puis il se laissa souvent surprendre : « En vérité, disait Napoléon, Sébastiani me fait marcher de surprise en surprise. » Ses bulletins étaient victorieux quand même, et l'empereur dut écrire au maréchal Jourdan : « Mon cousin, vous ferez savoir au général Sébastiani qu'il résulte de toutes les victoires qu'il emporte en Espagne, qu'il a perdu deux pièces de canon au lieu d'en avoir pris par centaines. La valeur de ces deux bouches à feu sera retenue sur ses appointements. »

Après une courte disgrâce, il prit part à la campagne de Russie, se distingua à Smolensk et à la Moskowa, commanda l'avant-garde pendant la retraite, se battit vaillamment pendant les campagnes de Saxe et de Fleurus, et, après l'abdication, se rallia aux Bourbons. Louis XVIII le fit chevalier de Saint-Louis.

Au retour de l'île d'Elbe, il revint à l'empereur, et, le 7 mai 1815, fut élu représentant à la Chambre des Cent-Jours par l'arrondissement de Vervins, avec 70 voix sur 75 votants et 179 inscrits. Il y défendit la dynastie, et, à la séance du 21 juin, proposa à la Chambre de mander tous les chefs de légion de la garde nationale, afin de veiller à la sûreté de l'assemblée. Il fut l'un des six commissaires envoyés par la Chambre auprès des alliés, pour leur demander la liberté pour la France de choisir son gouvernement.

À la seconde rentrée des Bourbons, il passa en Angleterre, et, de retour en 1816, fut mis en demi-solde.

Elu, en septembre 1819, député du grand collège de la Corse par 28 voix sur 35 votants, il siégea dans l'opposition, et défendit contre les ministres les libertés constitutionnelles. Les efforts du ministère de Villèle empêchèrent sa réélection en 1824.

Mais le 27 janvier 1826, il fut réélu député, dans le 3e arrondissement électoral de l'Aisne (Vervins) par 117 voix sur 196 votants et 227 inscrits, contre 77 à M. de Brancas de Céreste, en remplacement du général Foy décédé. Il reprit sa place à gauche, attaqua la politique des ministres qui « se proposait la ruine de nos institutions constitutionnelles », contesta au roi, lors des affaires de Saint-Domingue, le droit de céder, sans l'approbation des Chambres, aucune portion du territoire de la monarchie.

Il fut réélu, le 17 novembre 1827, par 137 voix sur 198 votants et 218 inscrits, contre 59 à M. de Caffarelli. Rapporteur de la commission des lois départementales et communales (1829), il obligea par ses critiques le ministère à les retirer, et vota l'Adresse des 221.

Réélu, le 23 juin 1830, par 148 voix sur 194 votants et 218 inscrits, contre 41 à M. de Floirac, il seconda l'avènement au trône du duc d'Orléans, dont il était l'ami, et, dès le 11 août 1830, fut nommé ministre de la Marine. Il dut, à cette occasion, se représenter devant ses électeurs, qui lui confirmèrent son mandat (le 21 octobre) par 178 voix sur 195 votants et 218 inscrits.

Le 17 novembre 1830, il se voyait confier le portefeuille des Affaires étrangères dans le gouvernement Laffitte, poste qu'il devait conserver dans le ministère Casimir Perier (13 mars 1831).

Réélu député de Vervins, le 5 juillet 1831, par 203 voix sur 319 votants et 366 inscrits, contre 114 à M. Jacques Laffitte, il fut, le même jour, élu dans le 2e collège de la Corse (Bastia) par 102 voix sur 105 votants et 161 inscrits ; il opta pour Vervins. Ce fut le 16 septembre suivant qu'en butte aux incessantes attaques de l'opposition, il répondit, non pas la phrase malheureuse qui lui fut si souvent reprochée : « L'ordre règne à Varsovie », mais « qu'au moment où l'on écrivait, la tranquillité régnait à Varsovie. » Il fit l'intérim du ministère de la Guerre du 24 novembre au 11 décembre 1831, donna sa démission de ministre des Affaires étrangères le 11 octobre 1832, fut nommé, le 22 mars 1833,. ministre d'Etat sans département, résigna ces fonctions, le 1er avril 1834, sur le refus de la Chambre d'approuver le traité provisoire qu'il avait signé avec les Etats-Unis, et accepta l'ambassade de Naples, trois jours après.

Les électeurs de Vervins le renvoyèrent à la Chambre, le 14 mai 1834, par 168 voix sur 315 votants et 394 inscrits, contre 145 à M. Jourdin, puis, à nouveau, aux élections générales du 21 juin suivant.

Nommé, le 7 janvier 1835, ambassadeur à Londres, il fut au terme d'un long débat considéré comme démissionnaire par la Chambre, le 9 mai 1835 et remplacé, comme député à Vervins, le 15 juin, par M. Quinette, se représenta en Corse, le 26 décembre 1835, lors de l'élection partielle motivée par la nomination de son frère, M. Tiburce Sébastiani, au commandement de la 17e division militaire, et fut élu député du 1er collège (Ajaccio) par 95 voix sur 97 votants et 151 inscrits.

Son ambassade de Londres fut marquée par les graves incidents de la constitution du royaume de Belgique, du droit de visite, des affaires d'Orient.

Bien que ne siégeant plus en fait à la Chambre, les électeurs d'Ajaccio lui maintinrent son mandat; le 15 novembre 1837, par 82 voix sur 144 votants et 154 inscrits, et, le 6 mars 1839, par 98 voix sur 137 votants. Le 7 février il céda l'ambassade de Londres à M. Guizot, fut promu maréchal de France le 21 octobre suivant, et fut réélu député à cette occasion, le 20 décembre, par 102 voix sur 102 votants.

Frappé de plusieurs attaques d'apoplexie, il ne s'intéressa plus que fort peu aux débats parlementaires, fut réélu, le 12 juillet 1842, par 97 voix sur 117 votants et 157 inscrits, et, aux élections du 8 août 1846, obtint la, majorité dans les deux collèges électoraux de la Corse, dans le 1er (Ajaccio) à l'unanimité de 102 voix par 102 votants et 155 incrits, dans le 2e (Bastia) avec 186 voix sur 190 votants et 253 inscrits. Il opta pour Ajaccio, et fut remplacé à Bastia, le 10 octobre suivant, par M. du Roure.

L'assassinat de sa fille, la duchesse de Praslin (17 août 1847), acheva de ruiner sa santé déjà fort ébranlée. Il languit encore pendant quatre ans, et mourut à 76 ans. Son corps fut inhumé aux Invalides.

« Il avait, dit un historien, un physique des plus séduisants, une de ces allures qui font insurrection dans les salons et dans les boudoirs; de longs cheveux bouclés encadrent merveilleusement sa tête harmonieuse, qui semble une conception raphaélique. »

Marié en premières noces (1805) à Mlle de Coigny, qui mourut en couches en 1807, il était, par son second mariage avec Mlle de Gramont, proche parent du prince de Polignac.

On a de lui : Etat actuel de la Corse (1821), sous le pseudonyme de P. S. Pompéi.

Date de mise à jour: octobre 2017


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