Antoine, Denis Dubois de Bellegarde

1738 - 1824

Informations générales
  • Né le 1er mars 1738 à Angoulême (Charente - France)
  • Décédé le 10 mars 1824 à Constance (Suisse)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 2 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Charente
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 2 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Charente
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 11 avril 1798
Département
Charente
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député aux Cinq-Cents et aux Anciens, né à Angoulême (Charente) le 1er mars 1738, mort à Bruxelles (Belgique) en 1825, il entra, à 17 ans, aux gardes du corps (28 février 1755). Il en sortit, avec un congé, en mars 1758, pour faire campagne. Jusqu'à la fin de septembre 1762, il ne cessa de se battre, et fit preuve de courage à l'affaire de Roupterot : étant cornette du régiment des hussards de Wurmser, il soutint avec cinquante hommes l'effort de quatre mille ennemis pendant deux heures et demie, reçut dans l'action dix-sept coups de sabre et trois coups de feu, et en revint, lui septième. La croix de Saint-Louis récompensa ses brillants services.

À cette partie de son existence se rattache un duel retentissant qu'il eut avec le chevalier de Saint-Sauvant. Capitaine des chasses du comte d'Artois dans l'Angoumois, il commanda, en 1789, la garde nationale d'Angoulême dont il fut le maire, sinon nominal, du moins effectif. Ardent patriote, il sauva la vie au directeur des Aides, et sut dissoudre le club monarchique, en évitant toute effusion de sang.

Le 2 septembre 1791, il fut élu député de la Charente à l'Assemblée législative, le 1er sur 9, par 217 voix sur 402 votants. Il y prit la parole pour la première fois, le 22 octobre 1791, en présentant une motion relative au service, dans la garde nationale, des anciens officiers de l'armée. Le 8 mars 1792, il annonça que le département de la Charente était prêt à fournir son contingent : la France avait besoin de 600 000 hommes. En août 1792, il fut envoyé en mission à la frontière du Nord. Le 12, lecture fut donnée à l'Assemblée d'une lettre constatant les bonnes dispositions des citoyens et de la garde nationale du Nord. Cette lettre était signée des commissaires Delmas, Bellegarde et Dubois-Dubais. Quelques jours après, ils adressèrent une proclamation aux habitants des campagnes voisines de la frontière pour les inviter à se mettre en état de défense.

Le département de la Charente avait, dans l'intervalle, réélu Dubois de Bellegarde membre de la Convention, le 1er sur 9, par 465 voix sur 542 votants. À la nouvelle (30 septembre) du pillage de Saint-Amand par les troupes françaises, après la condition de cette ville aux Autrichiens, Dubois de Bellegarde déclara qu'il était indispensable d'envoyer six commissaires dans le département du Nord. La Convention décida immédiatement l'envoi des six commissaires avec pleins pouvoirs. Dubois de Bellegarde fut du nombre, et, vu la situation de Lille cernée par 22.000 hommes, l'Assemblée décida que les commissaires partiraient sur-le-champ.

Dubois de Bellegarde était de retour pour le jugement de Louis XVI ; au 3e appel nominal, il formula ainsi son vote : « Je prononce la peine de mort contre le tyran. »

Puis il retourna à l'armée du Nord. Le 4 avril 1793, dans sa séance de nuit, la Convention, irritée de la trahison de Dumouriez, qui avait refusé de se rendre à la barre de l'Assemblée, entendit lecture de ce laconique billet écrit parles représentants Cochon, Loquinio et Dubois de Bellegarde : « Citoyens nos collègues, nous vous adressons trois proclamations qui vous attesteront notre courage et notre zèle. Nous avons visité les bataillons, nous les avons harangués. Tout va bien. Le traître est reconnu. Il périra. Et la République sera encore une fois sauvée. Nous n'avons pas le temps de vous en dire davantage. Nous agissons. »

En quelques jours, Dubois de Bellegarde prit avec ses deux collègues un grand ascendant sur les troupes de Dumouriez. Personnellement, il courut les plus grands dangers dans l'accomplissement de sa mission. Dix fois, il faillit être livré aux Autrichiens. Mais il déjoua tous les pièges que lui tendit Dumouriez, qui voulait à tout prix s'emparer de lui.

Envoyé pour la quatrième fois à l'armée du Nord, il annonça à la Convention la nouvelle du siège de Condé, et lui communiqua le texte de la proclamation du prince de Cobourg, dont Robespierre empêcha la lecture. Le 19 août 1794, Dubois de Bellegarde quitta de nouveau la Convention pour se rendre à l'armée des côtes de La Rochelle, avec pouvoirs sur le département de la Charente. Le 4 septembre suivant, il annonça à l'Assemblée la prise de la Châteigneraie, et, le 12 octobre, dans une lettre datée de Bressuire, la reprise de Châtillon. Dans la séance du 2 nivôse an II, il se joignit à ses collègues de la mission des côtes de La Rochelle, Philippeaux et Merlin (de Thionville), pour défendre le général Westermann : « J'ai été aussi, dit-il, le témoin de la bravoure de Westermann. C'est particulièrement à Châtillon qu'il a su en donner des preuves. Les soldats étaient découragés. Il quitte ses habits pour mieux se battre et fait des prodiges de valeur. Dans ce moment-là, j'avais sa destitution dans ma poche. Vous pensez que je ne voulus point en faire usage. (On applaudit.) Je demanda que la Convention décrète que Westermann a bien rempli ses devoirs. » La motion fut adoptée.

Bellegarde fut élu, le 1er ventôse, secrétaire de la Convention, qui, le même jour, élut pour président Saint-Just.

Le 4 fructidor an III, il partit en mission, pour la sixième fois, aux armées du Nord et de Sambre et Meuse, où il eut pour collègues Lacombe Saint Michel, Gillet, Portiez (de l'Oise) et Roberjot. II annonça successivement à la Convention les succès de l'armée du Nord, la prise de Crèvecœur, de Bois-le-Duc, de Maëstricht, fut un des signataires de la proclamation aux Bataves, fit l'éloge de l'héroïsme déployé par la division Souham, et prit une grande part à la conquête de la Hollande.

Le 23 vendémiaire an IV, le département de la Charente l'élut au Conseil des Cinq-Cents par 130 voix sur 289 votants. Il publia pendant cette législature, sous le titre d'Adresse à ses collègues, un mémoire justificatif, en réponse à certaines attaques parues dans le numéro 324 du Messager du Soir, contenant des renseignements autobiographiques intéressants. Ses démêlés avec la presse lui attirèrent une affaire désagréable. Il fut mis aux arrêts pendant trois jours pour avoir frappé un journaliste du nom de Langlois.

Le 23 germinal an VI, il fut réélu par la Charente au Conseil des Anciens, avec 125 voix sur 285 votants, et fut nommé secrétaire de cette Assemblée ou il ne joua qu'un rôle effacé.

Quelques biographes assurent qu'il accepta, sous le Premier Empire, un emploi dans les eaux-et-forèts.

La loi. du 12 janvier 1816 l'obligea de quitter la France, et il alla mourir obscurément en Belgique, où il était entré naguère triomphant à la tête des armées de la République,


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