Nicolas, Marie Quinette de Rochemont

1762 - 1821

Informations générales
  • Né le 16 septembre 1762 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 14 juin 1821 à Bruxelles (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 novembre 1796 au 20 décembre 1796

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 9 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Aisne
Groupe
Extrème gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Aisne
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Nord
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, ministre, et pair des Cent-Jours, né à Paris le 16 septembre 1762, mort à Bruxelles (Belgique) le 14 juin 1821, fils de Jean Quinette et de Marie-Henriette-Pétronille Calais, il exerçait à Soissons, avant 1789, la profession de notaire.

Il adopta les idées révolutionnaires, fut nommé administrateur de l'Aisne et, le 8 septembre 1791, fut élu député de ce département a l'Assemblée législative, le 12e sur 14, par 283 voix (533 votants). Il fut un des membres les plus zélés du côté gauche, et appuya avec force le séquestre des biens des émigrés et la déclaration de guerre à l'Autriche. Il opina constamment dans le sens de la majorité, réclama des poursuites contre le duc de Brissac, commandant de la garde constitutionnelle du roi, fit partie de la commission chargée de surveiller les ministres du Dix-Août, et fut envoyé en mission à l'armée de La Fayette, avec des instructions dont il s'acquitta sévèrement.

Réélu, le 4 septembre 1792, député de l'Aisne à la Convention, le 1er sur 12, par 525 voix (650 votants), il remplit diverses missions aux armées. Il ne s'était pas rallié tout d'abord à la République, car, le 21 septembre, il répondit à Collot d'Herbois qui demandait l'abolition de la royauté, « que c'était au peuple seul qu'appartenait le droit de se prononcer. »

Dans le procès du roi, il vota en ces termes :
« Au moment où je vais prononcer avec rigueur, mais avec justice, sur le sort de Louis, je prends l'engagement solennel de juger avec la même sévérité ceux qui, comme Louis, usurperaient ou voudraient usurper les droits du peuple. Au nom de la déclaration des droits, qui vent que la loi soit égale pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse ; en conséquence de la déclaration unanime de la Convention nationale, portant que Louis Capet est coupable ; conformément à la section 1re du titre de la 2e partie du code pénal, qui établit la peine de mort pour les crimes et attentats contre la chose publique, je reconnais que Louis Capet a encouru la peine de mort. »

C'est sur sa proposition, appuyée et développée par Isnard, que, le 23 mars 1793, la Convention décréta la transformation du comité de défense en comité de salut public, qui fut définitivement organisé le 6 avril, et dont il fit partie.

Envoyé, avec Camus et autres, à l'armée de Dumouriez pour faire arrêter ce général, il fut livré par celui-ci, avec ses collègues, au prince de Cobourg (1er avril 1793), et fut soumis à une assez dure captivité jusqu'au 25 décembre 1795, jour où il fut échangé, ainsi que ses collègues, à Bâle, contre la fille de Louis XVI.

Le 23 vendémiaire an IV, il avait été élu député au Conseil des Cinq-Cents par le département du Nord, avec 317 voix (619 votants), et par les Basses-Pyrénées, avec 240 voix (262 votants). Il fut secrétaire, puis président de cette assemblée d'où il sortit en mai 1797, fut nommé, en 1799, ministre de l'Intérieur, et se vit en butte, dans ce poste, à des reproches d'incapacité qui le firent révoquer au 18 brumaire.

Rallié aussitôt à Bonaparte, Quinette devint préfet de la Somme (11 ventôse an VIII), fut fait conseiller d'Etat le 5 octobre 1810, et, peu de jours après, directeur général de la comptabilité des communes et des hôpitaux. Napoléon lui conféra le titre de chevalier le 27 juillet 1808, et celui de baron le 19 septembre 1810.

Quinette adhéra en 1814 à la déchéance de l'empereur, mais il resta sans fonctions sous la première Restauration, et vécut à la campagne dans ses propriétés aux environs de Paris.

Aux Cent-Jours, il se présenta dès le 26 mars à l'empereur, qui lui confia une mission extraordinaire dans l'Eure, la Seine-Inférieure et la Somme, avec le titre de conseiller d'Etat, et l'appela, le 2 juin 1815, à siéger dans la Chambre des pairs impériale. A la nouvelle de la défaite de Waterloo, Quinette parla, à la séance du 28 juin à la Chambre des pairs, avec beaucoup d'adresse pour éluder la reconnaissance de Napoléon II, et fut nommé, le même jour, membre du gouvernement provisoire.

Atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il s'embarqua au Havre, le 8 février suivant, pour les Etats-Unis sur un navire américain, l'Albeona. Une note de police rapporte qu'il causa beaucoup à bord, déclara que Louis XVIII rognerait peu de temps, que ce serait après lui le duc d'Orléans, mais que lui, Quinette, n'était ni pour les Bourbons, ni pour Bonaparte; qu'il était républicain. A son arrivée à New-York, il fut reçu par les réfugiés français, qui lui offrirent un banquet auquel assista Joseph Bonaparte. Quinette ne resta que deux ans en Amérique ; il s'embarqua en mai 1818, à New-York, sur le The Munroë, à destination de Liverpool, sous le nom de M. de Rochemont, et vint se fixer à Bruxelles où sa femme alla le rejoindre, et d'où elle demanda en vain son rappel (lettre du 7 juin 1819).

Quinette mourut à Bruxelles deux ans après, d'une attaque d'apoplexie.


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