Jean-de-Dieu, Raymond Boisgelin de Cucé

1732 - 1804

Informations générales
  • Né le 17 février 1732 à Rennes (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 22 août 1804 à Angervilliers (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 23 novembre 1789 au 5 décembre 1789

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 6 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Aix-en-Provence (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Né à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 17 février 1732, mort à Angervilliers (Seine-et-Oise), le 22 août 1804, d'une vieille famille noble de Bretagne, cousin de l'écrivain Pierre-Marie-Louis de Boisgelin de Kerdu, il fut destiné à la carrière ecclésiastique, passa grand-vicaire de Pontoise, puis évêque de Lavaur (1766) et archevêque d'Aix (1770).

Quand Mirabeau excita la populace d'Aix au pillage des greniers publics et que l'archevêché fut menacé, M. de Boisgelin convoqua chez lui les magistrats de la ville, principaux citoyens et négociants, ranima les courages, et, afin de procurer à la ville le blé nécessaire, s'engagea personnellement pour cent mille francs. Le lendemain, il convoqua aussi les curés d'Aix, et, par leur entremise, obtint que le peuple rapportât aux greniers publics une partie du blé enlevé ; la population lui fit une ovation à ce sujet, et une cérémonie officielle eut lieu à la cathédrale pour célébrer le retour de la paix (1789).

Président de l'Assemblée qui avait succédé aux Etats de Provence, il avait fait voter la construction d'un canal, d'un pont à Lavaur et d'une maison d'éducation à Lambese pour les jeunes filles de noblesse pauvres. L'oraison funèbre du dauphin, fils de Louis XV, du roi Stanislas, et son discours sur le sacre de Louis XVI, deux fois interrompu, malgré l'usage, par des applaudissements, lui avaient valu d'entrer à l'Académie française (1776) en remplacement de l'abbé de Voisenon. En 1787, il fit partie de l'assemblée des notables, et, le 6 avril 1789, fut élu député du clergé aux états généraux par la sénéchaussée d'Aix. Il se prononça pour la réunion des trois ordres, pour l'abolition des privilèges, pour le vote annuel de l'impôt, et demanda que l'emprunt projeté fût hypothéqué sur les biens du clergé, dont la propriété était inaliénable.

Nommé président de l'Assemblée, le 29 novembre 1789, il parla pour le maintien des dîmes, offrit quatre cent millions au nom du clergé, soutint la prérogative royale du droit de paix et de guerre, combattit la prise de possession des biens d'Église par l'Etat en garantie des assignats, proposa la réunion d'un concile général, et publia l'Exposé des principes des évêques de l'Assemblée.

Lorsqu'un archevêque constitutionnel eut été nommé à Aix, M. de Boisgelin se retira en Angleterre, y fit paraître une traduction des psaumes en vers français, et soulagea autant qu'il put les misères de l'émigration, abandonnant lui-même aux curés pauvres la pension que lui faisait le gouvernement anglais.

De retour en France à la signature du Concordat, il prononça à Notre-Dame de Paris, le jour de Pâques, un discours sur le rétablissement du culte catholique, fut nommé archevêque de Tours (1804), puis cardinal, et candidat au Sénat conservateur, où il n'entra pas.

On doit au cardinal de Boisgelin un certain nombre de publications :

- Mémoires pour le clergé de France (1785) ;
- une traduction en vers des Héroïdes d'Ovide (1786) ;
- le Temple de Gnide (imité de Montesquieu) ;
- Considérations sur la paix publique (1791), etc.


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