Jean-Baptiste Leclerc

1756 - 1826

Informations générales
  • Né le 29 février 1756 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 16 novembre 1826 à Chalonnes (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 20 janvier 1799 au 18 février 1799
Présidence de l'Assemblée nationale
du 20 février 1801 au 7 mars 1801

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1790 au 30 septembre 1791
Baillage
Anjou (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 12 août 1793
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Plaine
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 20 mai 1799
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Majorité
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 25 décembre 1799 au 1er janvier 1802
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Majorité

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-cents et au Corps législatif, de l'an VIII à 1802, né à Angers (Maine-et-Loire) le 29 février 1756, mort à Chalonnes (Maine-et-Loire) le 16 novembre 1826, fils de Vincent-Honoré-Augustin Leclerc, huissier audiencier au consulat d'Angers, et d'Anne Lemaistre, il prit sa licence de droit civil et canon en l'Université d'Angers le 15 juillet 1775, et fut pourvu, le 11 janvier 1781, d'un office de conseiller à l'Election, qui, lui laissant des loisirs, lui permit de se livrer à son goût pour la poésie. Des petits vers et des chansons le mirent à la mode. En 1786, son premier livre, imprimé sous le titre de : Mes promenades champêtres ou poésies pastorales, le fit recevoir, le 26 Juillet, à l'académie d'Angers. Vers la même époque, il s'occupait de botanique sous la direction de son ami La Révellière-Lépeaux.

Partisan des idées nouvelles, il accueillit avec joie la Révolution. Député suppléant du tiers aux états généraux pour la sénéchaussée de l'Anjou (21 mars 1789), il fut appelé à siéger comme titulaire, après la démission de Milcent, le 21 octobre 1790, prit place parmi les réformateurs, et fut, sans se signaler d'ailleurs à l'Assemblée, le principal rédacteur, avec Pilastre, de la Correspondance de MM. les Députés des communes de la province d'Anjou à leurs commettants. De retour à Chalonnes, il y organisa un club en relations constantes avec les Amis de la Constitution d'Angers, publia une Apologie de l'Assemblée nationale et de la Constitution française (Angers, 1791), et fut nommé administrateur du département.

Il fut réélu, le 5 septembre 1792, député de Maine-et-Loire à la Convention, le 6e sur 11, par 495 voix (622 votants, 645 inscrits). Il siégea dans les rangs de la Plaine avec La Révellière-Lépeaux et Pilastre, soutint la mise en accusation de Marat, mais se prononça pour la condamnation de Louis XVI : au 3° appel nominal, Leclerc répondit : « Je vote pour la mort. » Il avait publié à l'avance son vote dans un petit écrit, moitié vers et moitié prose, qu'il fit distribuer (10 janvier 1793) à la Convention sous ce titre : De la poésie dans ses rapports avec l'éducation nationale.

Il s'attacha ensuite au parti des Girondins, protesta contre le 31 mai, et envoya sa démission de représentant le 12 août. Décrété d'arrestation, il fut surpris dans sa retraite en janvier 1794 et conduit à la maison de détention de la Bourbe, d'où le tira le 9 thermidor. À quelques mois de là, il épousa la fille de son ami, le directeur du Jardin des Plantes ; Marguerite-Louise Thouïn.

La commission de l'Instruction publique l'avait attaché au bureau des Musées, quand il fut élu de nouveau (23 vendémiaire an IV) membre du Conseil des Cinq-cents. Le 14 fructidor an V, il y développa une motion d'ordre en faveur de l'établissement d'un culte fondamental et politique, qui fut rejetée par la question préalable. C'est la même idée qu'il revint exposer le 20 brumaire an VI (10 novembre 1797), au nom de la commission des institutions républicaines, dans un rapport très étendu dont le but principal était de prouver la nécessité de créer de nouvelles mœurs en harmonie avec les lois nouvelles, en réglant les solennités qui devaient à l'avenir, sous les auspices de l'Eternel et du gouvernement, présider aux naissances, aux inscriptions civiques, aux mariages, aux divorces, aux sépultures. Discuté le 28 frimaire, ce projet fut renvoyé à la commission et ne reparut plus. Un autre projet, qu'il présenta sans plus de succès, fut la construction d'un cirque au Champ-de-Mars pour 400 000 spectateurs (9 vendémiaire an VII) ; du moins, il eut la satisfaction de voir réaliser, conformément à son rapport du 3 frimaire suivant (23 novembre), la création du Conservatoire de musique. Dans le même temps, il publiait un Essai sur la propagation de la musique en France, sa conservation et ses rapports avec le gouvernement, qui resta sa meilleure œuvre et qui obtint un réel succès (Paris, an VI)

Secrétaire, puis président du Conseil des Cinq-cents (1er pluviôse an VII), il se trouva chargé, en prenant possession du fauteuil, de prendre la parole à la fête anniversaire de la mort de Louis XVI, et le fit avec une ardeur révolutionnaire, qui ne l'empêcha point d'adhérer au coup d'Etat de brumaire et d'être inscrit par le Sénat conservateur, le 4 nivôse an VIII, sur la liste des membres du nouveau Corps législatif, comme député de Maine-et-Loire. Il fut encore appelé à la présidence de cette assemblée où il siégea jusqu'en 1802.

Rentré alors dans la vie privée, il reçut, le 4 frimaire an XII, la croix de la Légion d'honneur, et consacra exclusivement ses dernières années à des études de littérature et de botanique. Nommé maire de Chalonnes le 8 thermidor an XIII, il déclina ces fonctions pour conserver sa liberté, et ne quitta sous l'Empire sa modeste résidence que pour venir de temps à autre à Paris auprès de son beau-père.

Obligé de s'expatrier en 1816, il passa quelques années à Liège, où il traduisit l'Art poétique d'Horace, obtint, en 1819, du ministère Decazes, l'autorisation de rentrer en France, et se fixa de nouveau à Chalonnes, où il mourut le 16 novembre 1826. Il fut inhumé, comme il l'avait demandé, sans l'assistance d'aucun prêtre.

J.-B. Leclerc avait produit un grand nombre d'ouvrages. Outre ceux déjà cités, on lui doit encore des Idylles et contes champêtres (1798) ; la Chronique d'un petit village et de ses environs (Chalonnes, 1795) ; une étude sur René d'Anjou, roi, duc, comte, peintre, poète, musicien et fleuriste, des dissertations sur divers sujets, des articles, des notices et plusieurs compositions musicales inédites.

D'abord associé de la classe de littérature et beaux-arts de l'Institut, Jean-Baptiste Leclerc était devenu correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres.


Retour haut de page