Jérôme, Marie Champion de Cicé

1735 - 1810

Informations générales
  • Né le 3 septembre 1735 à Rennes (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 19 août 1810 à Aix-en-provence (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 8 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Bordeaux (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député aux Etats généraux de 1789, frère de Jean-Baptiste Marie Champion de Cicé (1725-1805), député lui aussi aux Etats généraux de 1789, né à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 3 septembre 1735, mort à Aix (Bouches-du-Rhône), le 19 août 1810, Jérôme Marie Champion de Cicé entra dans les ordres comme son frère, et l'aida d'abord dans l'administration du diocèse d'Auxerre.

Il fut nommé agent du clergé en 1765, évêque de Rodez on 1770, et archevêque de Bordeaux en 1781. D'opinions libérales, il publia, le 14 février 1789, un mandement ordonnant des prières publiques pour l'heureuse issue des Etats généraux : « Entrez, disait-il, avec la ferveur de ces sentiments religieux et patriotiques dans les Assemblées qui vont se former; ne disputons que de dévouement et de sacrifices ; félicitons-nous des dispositions bienveillantes du gouvernement qui rendent à la nation ses antiques droits, cette noble et généreuse liberté qui s'est perpétuée dans notre sein, et dont les trait, sans nous, auraient pu être effacés à jamais. » Ce mandement lui aliéna la noblesse de Gascogne ; il n'en fut pas moins élu, le 8 avril 1789, député du clergé aux Etats généraux par la sénéchaussée de Bordeaux.

Dès le mois de mai, il proposa que le clergé renonçât à tous ses privilèges en matière d'impôts ; il fut des premiers de son ordre à se réunit au tiers état, entra, le 14 Juillet au comité de Constitution et, le 27, déposa le rapport sur le projet de Constitution.

« Loin de nous tout intérêt d'ordre, dit-il, loin de nous tout attachement à des usages ou même à des droits que la patrie n'avouerait pas ; il n'est rien qui ne doive fléchir devant l'intérêt public. Quelle classe de citoyens pourrait revendiquer des privilèges exclusifs, lorsque le roi lui-même consent à baisser son sceptre devant la loi, à regarder le bonheur de ses sujets comme la règle et la mesure de ses prérogatives et de son autorité ?

« Et d'abord nous avons jugé que la Constitution devait être précédée d'une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, non que cette exposition pût avoir pour objet d'imprimer à ces vérités premières une force qu'elles tiennent de la morale et de la raison, qu'elles tiennent de la nature qui les a rendues inséparables de l'essence et du caractère de l'homme ; mais c'est à ces titres mêmes que vous avez voulu que ces principes ineffaçables fussent sans cesse présents à nos yeux et à notre pensée. »

Lorsque le garde des sceaux, de Barentin, fut obligé de démissionner, Louis XVI mit à sa place Champion de Cicé (3 août 1789). Ce choix déplut également à l'extrême droite et à l'extrême gauche ; des dénonciations furent portées contre lui devant l'Assemblée, bien qu'il eût sanctionné les décrets relatifs à la Constitution civile du clergé et donné l'exemple du serment. Il dut remettre les sceaux au roi en novembre 1790, et émigra après la session.

Ayant remis avec empressement sa démission, à la demande de Pie VII (bref du 15 août 1801), il rentra en France, et fut récompensé de sa soumission par la premier consul, qui l'appela, en l'an X, à l'archevêché d'Aix. Il y organisa les séminaires et s'occupa d'institutions de charité.

Malgré sa mauvaise santé, il put atteindre l'âge de 75 ans, après avoir été créé comte de l'Empire, le 16 septembre 1808.

Sa sœur, Mlle de Cicé, fut impliquée dans le complot de la machine infernale pour avoir caché Carbon, et fut acquittée par le tribunal criminel de la Seine, après une brillante plaidoirie de Bellart.


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