Jean-Baptiste Michaud

1759 - 1819

Informations générales
  • Né le 17 avril 1759 à Pontarlier (Doubs - France)
  • Décédé le 29 novembre 1819 à Monthey (Suisse)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 30 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Doubs
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Doubs
Groupe
Majorité
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 12 avril 1798
Département
Doubs
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, né à Pontarlier (Doubs) le 17 avril 1759, mort à Monthey (Suisse) le 29 novembre 1819, il appartenait à une famille qui possédait la seigneurie du Doubs; son père avait été pendant neuf ans maire de Pontarlier. Jean-Baptiste fit ses études au collège de sa ville natale, et suivit les cours de droit de l'Université de Besançon.

Reçu avocat au parlement le 24 juillet 1777, il exerça, avant la Révolution, la profession d'homme de loi, devint, après 1789, administrateur du Doubs, et, partisan des idées nouvelles, fut élu, le 30 août 1791, député du Doubs à l'Assemblée législative, le 2e sur 6, par 232 voix (323 votants). Il opina avec la majorité réformatrice.

Réélu, le 4 septembre 1792, membre de la Convention par: le même département, le 2e sur 6, avec 200 voix (332 votants), Michaud vota, dans le procès du roi, pour la mort sans appel ni sursis, fut secrétaire de l'assemblée, et applaudit à la journée du 9 thermidor, au succès de laquelle il adhéra par la lettre suivante (il était alors en mission à l'armée du Rhin) :

« Au quartier général à Neustadt, le 14 thermidor, l'an 2e de la République française, une et indivisible.
« Citoyens représentants, l'armée du Rhin reçoit, avec l'ordre du jour, votre proclamation sur la découverte inattendue de la plus affreuse des conspirations. Plus la réputation des scélérats qui la tramaient était grande, et plus le service que vous avez rendu à la liberté, à la patrie, est inappréciable. Continuez à veiller sur l'intérieur, à désorganiser les trahisons, à déjouer les intrigues, à renverser les factions, à punir les conspirateurs, à faire respecter la vertu et la probité : de notre côté, nous saperons les trônes ; nous abattrons les tyrans, nous disperserons leurs esclaves, et nous écraserons leurs satellites, L'armée n'aura jamais qu'un cri de guerre : la République et la victoire.
« Salut et fraternité,

« MICHAUD. »

En mission dans les Vosges en novembre 1793, il traqua les aristocrates et les prêtres, et prit, entre autres, l'arrêté suivant 16 novembre) :

« Considérant qu'il importe au maintien de la tranquillité publique de réprimer les sourdes agitations du fanatisme expirant, arrête : les corps administratifs et judiciaires, dans chaque chef-lieu de district, se rendront avec assiduité, les jours de décade, au temple dédié à l'Etre suprême, avec la décoration attribuée à chaque fonction publique. »

Il passa dans l'Indre au commencement de 1794, ne toléra des prêtres que dans les chefs-lieux du canton, et, de retour à la Convention. dénonça, le 29 décembre 1794, les persécutions endurées par les patriotes, et demanda qu'il fût décrété que les sociétés populaires avaient bien mérité de la patrie. En mai 1795, il fut un des commissaires chargés d'examiner la conduite de Joseph Le Bon à Arras.

Le 4 brumaire an IV, Michaud fut désigné par ses collègues de la convention pour siéger au Conseil des Cinq-Cents, d'oit il passa (24 germinal an VI) à celui des Anciens. Il fut ensuite président du tribunal criminel du Doubs, et refusa tout emploi après le coup d'Etat de brumaire.

Ayant adhéré (1815) à l'Acte additionnel, « sous la pression, écrivait-il depuis, des troupes françaises qui occupaient ma maison », il fut atteint, l'année suivante, par la loi contre les régicides, et se retira en Suisse, à Monthey, où il vécut ignoré avec deux de ses anciens collègues, Descamps et Montant, exilés comme lui.

Sa fille, Elisa Michaud, réclama du roi son rappel, le 24 mai 1818. Cette grâce fut refusée, et Michaud mourut à Monthey le 20 novembre 1819, d'une péritonite aiguë.


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