Charles Antoine Chasset

1745 - 1824

Informations générales
  • Né le 25 mars 1745 à Villefranche-sur-saône (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 10 septembre 1824 à Tournus (Saône-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 8 novembre 1790 au 20 novembre 1790
Présidence de l'Assemblée nationale
du 22 septembre 1796 au 21 octobre 1796

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Beaujolais (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Rhône
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 14 octobre 1795 au 9 avril 1798
Département
Rhône
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, député au Conseil des Anciens, membre du Sénat, né à Villefranche (Rhône), le 25 mars 1745, mort à Tournus (Saône-et-Loire), le 10 septembre 1824, il était avocat dans sa ville natale.

Il fut élu, le 21 mars 1789, député du tiers aux états généraux par la sénéchaussée du Beaujolais, et prit place dans la majorité. Il vota la suppression des dîmes du clergé, parla sur l'application des arrêtés du 4 août et sur la réponse faite à ces arrêtés par le roi, demanda que le taux de l'intérêt de l'argent ne fût fixé que par le cours des effets publics, et fut choisi pour secrétaire, puis pour président par l'Assemblée constituante.

Il rendit compte des travaux du comité féodal, fit un rapport détaillé sur la suppression des dîmes, les frais du culte et l'entretien de ces ministres, et déclara, au nom du comité, l'intention de donner aux curés de campagne des revenus territoriaux.

Les matières ecclésiastiques furent de sa part l'objet d'une attention constante ; il monta fréquemment à la tribune, et fit adopter un très grand nombre de dispositions relatives au traitement des évêques et autres membres du clergé.

Il fut encore l'auteur de divers rapports et comptes rendus : sur l'opposition du clergé d'Alsace à la vente des biens nationaux, sur les établissements d'étude et d'enseignement formés par des étrangers, sur les événements arrivés à Amiens à l'occasion du serment des prêtres.

Partisan de la Constitution civile du clergé, il obtint le remplacement de plusieurs ecclésiastiques, fit régler la durée des baux consentis par les corps et communautés, et astreindre les prédicateurs à la loi du serment.

Choisi pour l'un des commissaires chargés de recevoir le serment des troupes, il rendit compte de sa mission dans les départements du Rhin.

A l'expiration de son mandat, il devint juge au tribunal de cassation pour le département de Rhône-et-Loire.

Elu, le 4 septembre 1792, membre de la Convention, le 1er sur 15, avec 826 voix sur 861 votants, par le département de Rhône-et-Loire, Chasset siégea parmi les modérés, demanda le rappel à l'ordre de Billaud-Varennes qui se prononçait pour la suppression des tribunaux, s'opposa au choix illimité des juges parmi tous les citoyens, et, dans le procès du roi, au 2e appel nominal, se prononça contre l'appel au peuple :
« Je crois, dit-il, que la Convention nationale n'a retenu ce jugement que pour exercer des fonctions politiques et non judiciaires ; sous ce point de vue il ne peut pas y avoir d'appel au peuple ; comme représentants du peuple, comme politiques, nous avons été envoyés avec des pouvoirs illimités ; je dis non. »
Au 3e appel nominal, il repoussa la peine de mort :
« Il ne m'est pas permis de voter pour la mort. Ce n'est pas seulement une peine à infliger ; il s'agit de faire entièrement disparaître la royauté. Louis n'inspire plus aucun sentiment à craindre, tandis que son fils recevrait, par sa mort, et inspirerait le plus grand intérêt. Je vote pour la détention jusqu'à la paix. »

Ami des Girondins, il lutta contre la Montagne, demanda l'arrestation des pétitionnaires du faubourg Saint-Antoine, fit supprimer le tribunal révolutionnaire de Lyon, et défendre aux armées révolutionnaires d'agir sans réquisition des corps administratifs.

À la séance du 11 juillet 1793, Chasset fut dénoncé par Couthon comme le principal complice de Biroteau et des insurgés de Lyon : « Chasset, député du département de Rhône-et-Loire, vient, dit-il, d'arriver à Lyon pour y souffler le feu de la guerre civile. » Le comité de salut public proposait en conséquence l'arrestation de ce représentant. Il fut déclaré traître à la patrie, et la confiscation de ses biens fut prononcée.

Mais la réaction du 9 thermidor le sauva : il fut rappelé à la Convention avant la fin de la législature.

Puis, il entra au Conseil des Cinq-Cents, le 22 vendémiaire an IV, avec 108 voix comme député de Rhône-et-Loire, fut nommé président de cette assemblée, présenta un long projet sur les délits de presse, fit ordonner l'impression d'un message au Directoire concernant les écrivains qui favorisent les conspirations, et prit part à plusieurs débats importants.

Passé, le 21 germinal an VI, au Conseil des Anciens, il combattit une résolution concernant les créanciers, les co-obligés, et les co-partageants des émigrés, fit des rapports sur les domaines engagés, sur les rentes viagères et usufruits constitués au profit d'émigrés et de prêtres déportés, s'éleva contre le rejet d'une résolution relative aux biens regardés comme nationaux, s'opposa à l'adoption de celle qui concernait les inscriptions hypothécaires, etc.

Rallié à Bonaparte, il se montra favorable au coup d'Etat de brumaire, et fit partie (4 nivôse an VIII) du Sénat conservateur, où il siégea jusqu'à la fin de l'Empire.

Il fut nommé, le 9 vendémiaire an XII, membre de la Légion d'honneur, et, le 25 prairial de la même année, commandeur de cet ordre. Puis il exerça les fonctions de chef de division au ministère de l'Intérieur, et reçut, le 26 avril 1808, le titre de comte de l'Empire.

Le 2 décembre 1813, le comte Chasset fut envoyé extraordinaire à Metz, et, pendant les Cent-Jours, commissaire extraordinaire dans la 22e division militaire.

Frappé à tort par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il réclama, et obtint de pouvoir rentrer en France, où il vécut désormais dans la retraite.

Date de mise à jour : septembre 2012

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