Jean-Louis Gouttes

1739 - 1794

Informations générales
  • Né le 21 septembre 1739 à Tulle (Corrèze - France)
  • Décédé le 27 mars 1794 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 29 avril 1790 au 8 mai 1790

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 25 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Béziers (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Tulle (Corrèze) le 21 septembre 1739, exécuté à Paris le 27 mars 1794, il s'engagea tout jeune dans un régiment de dragons, mais quitta bientôt l'armée pour embrasser l'état ecclésiastique.

Il fut d'abord curé près de Bordeaux, puis à Argelliers (Hérault), poste qu'il occupait encore quand il fut élu, le 27 mars 1789, député du clergé aux états généraux pour la sénéchaussée de Béziers, avec 185 voix sur 311 votants : c'est à sa tolérance et à son désir sincère d'améliorer le sort des classes pauvres qu'il dut son élection,

Il fut un des premiers à demander la réunion des trois ordres. Le 19 mai 1789, après l'archevêque de Bordeaux, il avait proposé, dans une séance de l'ordre du clergé, l'abandon de tous les privilèges de cet ordre en matière d'impôts : la proposition souleva un long débat, mais finit par être adoptée par 150 voix contre 72.

Le 3 octobre 1789, il parla en faveur du prêt à intérêts, et chercha à prouver que l'Evangile n'en avait point défendu l'usage ; le 31 octobre, il appuya la motion de Talleyrand-Périgord proposant la vente des biens du clergé, et, à cette occasion, prononça un discours remarquable et fort applaudi où il mit en lumière les maux qu'avait causés au christianisme la richesse des prêtres, les tentations que cette richesse faisait naître et les scandales qu'elle avait provoqués.

Au commencement d'avril 1790, il fut nommé membre du comité des recherches, et, le 29, président de l'Assemblée en remplacement de M. de Virieu. Malgré l'opposition de la majorité de son ordre, il vota, en juillet suivant, la constitution civile du clergé ; membre du comité de liquidation, il démontra combien était grevé le trésor royal par toutes les pensions imméritées qu'il payait.

Favorable à l'émission des assignats, il fit décréter, le 6 octobre 1790, un prêt de 20 000 francs à Didot pour l'achèvement de son édition des Œuvres de Fénelon.

Membre du conseil général de Seine-et-Oise (1791-1792), il fut élu évêque constitutionnel de Saône-et-Loire (1791), et remplaça à Autun M. de Talleyrand, démissionnaire. Peu après, le 3 septembre 1791, il fut élu administrateur du même département ; mais, ayant voulu protester contre la suppression totale du culte et contre la Terreur, il fut dénoncé par les assemblées populaires en pluviôse an II, et fut arrêté par décret du comité de salut public.

Mis en jugement le 6 germinal an II, il fut condamné à mort sur l'exposé de motifs suivant :
« Convaincu d'avoir tenu, dans la commune de Mont-Darroux (Saône-et-Loire), des propos tendant à provoquer le rétablissement de la royauté, l'avilissement de la représentation nationale et des autorités constituées ».

Il fut exécuté le lendemain.

La Théorie de l'intérêt de l'argent, ouvrage de Bulié, fut refait par Gouttes avec la collaboration de Turgot et eut deux éditions en 1780 et en 1782. Le Discours sur la vente des biens du clergé fut édité le 12 avril 1790. Enfin l'Exposé des principes de la constitution civile du clergé, 1790, est un ouvrage collectif dont Gouttes fut le principal rédacteur.

Date de mise à jour: septembre 2018

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