Antoine, Louis, Claude Destutt de Tracy

1754 - 1836

Informations générales
  • Né le 20 juillet 1754 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 9 mars 1836 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 27 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Bourbonnais (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre du Sénat conservateur et pair de France, né à Paris le 20 juillet 1754, mort à Paris le 9 mars 1836, d'une famille noble d'origine écossaise, il acheva ses études à l'université de Strasbourg, où il se fit remarquer par son habileté à tous les exercices du corps ; il inventa même une contredanse qui porta quelque temps son nom. Il entra ensuite dans les mousquetaires de la maison du roi, devint capitaine du régiment Royal-Dauphin, et, en 1776, colonel en second du régiment Royal-Cavalerie.

Ayant épousé Mlle de Durfort-Civrac, il fut placé par son grand-oncle, le duc de Penthièvre, à la tête du régiment dont celui-ci était propriétaire.

Après avoir pris part à l'assemblée provinciale du Bourbonnais, il fut élu, le 27 mars 1789, député de la noblesse aux Etats généraux par la sénéchaussée de Moulins.

Imbu de principes libéraux, il siégea constamment à côté de La Fayette, qu'il seconda aux journées des 5 et 6 octobre, fit partie du comité des rapports, combattit la proposition de déclarer nationale la religion catholique, demanda qu'on approuvât la conduite de Bouillé à Nancy, protesta contre l'arrestation de Mesdames, renouvela l'assurance de son dévouement à l'Assemblée après la fuite du roi, et fut membre adjoint du comité colonial qu'il quitta peu après. Mais la marche de la révolution ne tarda pas à l'inquiéter; il réclama, au moment où la guerre devint imminente, un commandement actif, fut promu maréchal de camp le 6 février 1792, et dirigea en second la cavalerie à l'armée de La Fayette.

Après le 29 juin, il sollicita un congé, et se retira à Auteuil, où il s'occupa de philosophie en compagnie de Cabanis et de Condorcet. Arrêté comme suspect le 2 novembre 1793, il fut enfermé à l'Abbaye, puis aux Carmes, et ne recouvra la liberté qu'après le 9 thermidor.

C'est dans sa prison qu'il composa son système d'idéologie, dans lequel il pousse le sensualisme de Condillac jusqu'à ses dernières conséquences, et qui n'est, comme il l'a dit lui-même, qu'une partie de la zoologie. En politique notamment, il prétendit démontrer que la liberté devait découler de sa morale égoïste, taudis que Hobbes, fidèle à la théorie matérialiste, s'efforçait de prouver que c'est au despotisme qu'elle conduit. Membre associé de l'Institut à la création (classe des sciences morales), Tracy fut ensuite membre et secrétaire du comité de l'instruction publique ; ce fut lui qui rédigea les nouveaux programmes de l'enseignement.

Appelé au Sénat conservateur le 3 nivôse an VIII, il fit partie, en l'an XI, de l'Institut réorganisé, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII, commandeur de l'ordre le 25 prairial suivant, comte de l'Empire le 26 avril 1808, et membre de l'Académie française le 21 décembre de la même année, à la place de Cabanis.

Tracy vota en 1814 la déchéance de l'empereur, fut nommé pair de France par Louis XVIII le 4 juin 1814, se tint à l'écart pendant les Cent-Jours, mais, en 1815, protesta contre la terreur blanche, refusa de siéger dans les procès politiques et repoussa toutes les mesures réactionnaires proposées par l'intransigeance royaliste.

Son nom ne figure pas au scrutin dans le procès du maréchal Ney. Il se rallia à la monarchie de 1830, et entra à l'Académie des sciences morales et politiques, à la réorganisation de 1832 ; mais il n'y parut qu'une seule fois. Il était devenu fort triste et presque aveugle. Ses ennemis l'appelaient Têtu de Tracy ; mais ses amis se louèrent toujours de sa bienveillance.

M. de Tracy a publié un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels on peut citer :
- Grammaire générale (1803) ;
- Logique (1805) ;
- Traité de la Volonté et de ses effets (1815) ;
- Eléments d'Idéologie (1817-18, 4 volumes).

En outre on a de lui :
- Quels sont les moyens de fonder la morale chez un peuple (1798) ;
- Observations sur le système actuel de l'instruction publique (1801) ;
- divers articles dans le Mercure de France et les recueils de l'Institut.


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