Anne, Antoine, Jules de Clermont-Tonnerre

1749 - 1830

Informations générales
  • Né le 1er janvier 1749 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 21 février 1830 à Toulouse (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 25 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Châlons-sur-Marne (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député aux Etats généraux de 1789 et pair de France, né à Paris le 1er janvier 1749, mort à Toulouse (Haute-Garonne), le 21 février 1830, il était le second fils du duc Jules-Charles-Henri de Clermont-Tonnerre, (1720-1794) lieutenant général, mort sur l'échafaud deux jours avant l'exécution de Robespierre. Anne-Antoine-Jules, destiné à l'état ecclésiastique, étudia en Sorbonne où il fut reçu docteur, fut nommé grand vicaire à Besançon, puis évêque de Châlons-sur-Marne (1782).

Le 25 mars 1789, le bailliage de Châlons-sur-Marne l'élut député du clergé aux Etats généraux; il siégea parmi les partisans de l'ancien régime, protesta contre la constitution civile du clergé, signa l'Exposition des principes, et émigra en Allemagne. Il rentra en France, après avoir remis sa démission d'évêque de Châlons conformément au Concordat (an X).

La première Restauration le nomma pair de France (4 juin 1814), archevêque de Toulouse (1er juillet 1820), et obtint pour lui le chapeau de cardinal (2 décembre 1822). De Rome, où il s'était rendu, le nouveau cardinal publia, l'année suivante, une Lettre pastorale qui sacrifiait les libertés de l'église gallicane. La presse protesta, et le ministère se vit contraint de déférer la lettre au conseil d'Etat ; une ordonnance royale du 10 janvier 1824 supprima la lettre, en déclarant qu'il y avait abus. Cette même année, le ministre des cultes ayant demandé à tous les séminaires une adhésion formelle à la Déclaration de 1682, le cardinal de Clermont-Tonnerre publia, dans la Quotidienne du 8 juillet, une lettre où il disait notamment « que l'autorité civile n'avait pas le droit de fixer aux évêques ce qu'ils avaient à prescrire pour l'enseignement dans leurs séminaires ; qu'il avait présumé que quelque employé subalterne des bureaux du ministère, provoqué peut-être par quelque savant du Conseil d'Etat, avait présenté cette circulaire à la signature du ministre qui, sûrement, n'y a pas fait attention ; que ce ne pouvait être que l'œuvre d'un esprit brouillon, et que ce qu'il y avait de mieux à faire était de la considérer comme non avenue. » Le journal, cité, le 10, devant la 6e chambre correctionnelle pour avoir publié une lettre provoquant à la désobéissance aux lois, fut condamné à 30 francs d'amende; mais l'auteur, qui s'était nommé, ne fut pas poursuivi. Malgré sa dissidence, lors de la déclaration des évêques français réunis à Paris le 10 avril 1826, il fut nommé, le 4 novembre suivant, ministre d'Etat, puis membre du Conseil privé. Une ordonnance royale du 16 juin 1828 ayant enjoint aux professeurs de séminaires de déclarer qu'ils n'appartenaient à aucune congrégation non autorisée, M. de Clermont-Tonnerre se signala encore par son opposition à cette mesure, et écrivit à l'évêque de Beauvais, ministre des cultes :

« Monseigneur, la devise de ma famille qui lui a été donnée par Calixte II, en 1120, est celle-ci : Etiamsi omnes, ego non. C'est aussi celle de ma conscience. J'ai l'honneur d'être, avec la respectueuse considération due au ministre du roi,
+ A. J. cardinal archevêque de Toulouse. »

Le roi fit alors notifier au prélat défense de paraître à la cour ; celui-ci envoya à Paris son grand-vicaire, l'abbé Borgès, et après quelques semaines de négociations, le ministre reçut du cardinal un simple blanc-seing. La lutte, pour être plus sourde, n'en continua pas moins entre le cardinal et le ministère. À Toulouse, l'archevêque s'occupa de fonder une caisse d'épargne, un journal « chargé de défendre les bonnes doctrines », etc.

Appelé à Rome, au conclave qui suivit la mort de Léon XII (mars 1829), il fit dans ce voyage une chute qui l'obligea, au retour, de s'arrêter à Aix-les-Bains. Rentré à Toulouse, il publia, à l'occasion du jubilé (juillet 1829), un mandement dans lequel il attaquait « les impies du ministère Martignac », et proclamait le ministère Polignac « digne de la confiance du monarque et des espérances des chrétiens. »

Il mourut quelques mois après, laissant le souvenir d'un prélat imbu de l'orgueil de sa naissance et de son rang, et cependant d'un accès facile, d'un esprit aimable, pénétrant et vif.


Retour haut de page