Benjamin, Léonor, Louis Frottier de La Coste-Messelière

1760 - 1806

Informations générales
  • Né le 10 août 1760 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 3 juillet 1806 à Moulins (Allier - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 22 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Charolles (Type : Bailliage)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Paris le 10 août 1760, mort à Moulins (Allier) le 3 juillet 1806, fils de Louis Frottier, marquis de La Coste-Messelière, et d'Elisabeth de Digoine, il était, du chef de sa mère, vidame de Meaux et premier baron du Charolais. Il servit dans les armées du roi, devint mestre de camp de cavalerie et fut nommé « ministre plénipotentiaire de Sa Majesté près S. A. le duc régnant des Deux-Ponts ».

Le 22 mars 1789, il fut élu député de la noblesse aux Etats-Généraux par le bailliage de Charolles. Reçu par le roi le jour même de l'ouverture des Etats-Généraux, il obtint de Louis XVI la dispense nécessaire pour demeurer éloigné de son ambassade pendant la durée de la session. A l'Assemblée, il vota avec les plus avancés, demanda que les biens du clergé fussent déclarés propriété nationale, et présenta un projet de décret pour la suppression de la dîme et des ordres monastiques. A la séance du 7 août 1789, il s'exprima ainsi :

« La foi publique est chargée d'une dette immense, et le peuple, accablé d'impôts, désigne ouvertement ceux qu'il ne veut plus supporter. Déjà une grande vérité a été dite dans cette assemblée : les biens ecclésiastiques appartiennent à la nation. Le moment est venu de les revendiquer. »

Il demanda ensuite la fixation des honoraires des évêques et des curés par les assemblées provinciales et la suppression des ordres monastiques avec indemnité aux membres actuels. Il présida (juin 1790) le comité chargé de la liquidation des biens du clergé.

Revenu, après la session, en Poitou d'où sa famille paternelle était originaire, il fut porté dans le département de Saône-et-Loire comme émigré, arrêté en l'an IV, traduit devant le tribunal criminel de Paris et acquitté. Loin de fuir la Révolution, il en avait largement profité en acquérant en Poitou de nombreux biens nationaux, et en divorçant, bien qu'il eût un fils, pour épouser (février 1793) une Italienne, Rosina-Barbe Baletti.

Partisan de Bonaparte, il fut nommé sous-préfet de Melle le 19 germinal an VIII, préfet de l'Allier le 21 thermidor an X, et membre de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII. Il mourut subitement à Moulins.

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