Armand Gensonné

1758 - 1793

Informations générales
  • Né le 10 août 1758 à Bordeaux (Gironde - France)
  • Décédé le 31 octobre 1793 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 19 mars 1792 au 2 avril 1792
Présidence de l'Assemblée nationale
du 7 mars 1793 au 21 mars 1793

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 4 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Gironde
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 31 octobre 1793
Département
Gironde
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, membre de la Convention, né à Bordeaux (Gironde) le 10 août 1758, exécuté à Paris le 31 octobre 1793, fils du chirurgien en chef des troupes du roi en Guyenne, avait déjà publié d'intérestants travaux, lorsqu'il entra au barreau de Bordeaux.

Nommé membre du tribunal de cassation, dès la création de ce corps, en 1791, il fut, bientôt après (4 septembre), élu député de la Gironde à l'Assemblée législative, le 12e et dernier, par 200 voix sur 391 votants. Un mémoire qu'il avait publié pour réclamer l'émancipation des hommes de couleur dans les colonies avait mis Gensonné en évidence. Il fut un des chefs de la majorité à l'Assemblée légisiative, et forma avec ses collègues et amis Vergniaud et Guadet le noyau du parti « de la Gironde ».

Désigné pour aller, en qualité de commissaire, dans les départements de l'Ouest, afin de prendre les mesures nécessaires à la mise en activité de la constitution civile du clergé, il s'appuya, dans cotte mission. sur le général Dumouriez, et constata que le sentiment du clergé et de la population vendéenne était absolument hostile aux vues de l'Assemblée sur cette question.

Il débuta à la tribune le 9 octobre 1791, par un discours relatif à sa mission, et dans lequel il préconisa les mesures de conciliation comme les plus propres à ramener les esprits. Il parla sur la liberté des cultes, fit adopter une nouvelle rédaction de l'article sur les peines à prononcer contre les prêtres perturbateurs, dénonça de nouveaux troubles dans la Vendée, amenda un projet de Brissot sur les colonies, relativement à l'emploi des troupes contre les nègres révoltés, et prit part aux débats sur la guerre. Membre du comité diplomatique, Gensonné fut chargé du rapport a la suite duquel, le 1er janvier 1792, un décret d'accusation fut unanimement rendu contre les deux princes frères du roi, le prince de Condé, l'ex-ministre Calonne, le vicomte de Mirabeau et le marquis de Laqueuille. Il fit un autre rapport sur la situation politique de la France à l'égard de l'empereur, et proposa de demander à ce prince « s'il entendait rester ami et allié de la nation française ».

Il fut nommé, le 21 mars, président de l'Assemblée.

Sans attaquer directement le roi, il fit la guerre à ses ministres, soutint qu'ils étaient coupables de trahison envers le monarque et la nation, et se joignit à Brissot, le 25 mai, pour dénoncer formellement l'existence du fameux comité autrichien, dont les chefs, accusés de connivence avec l'étranger, furent rendus responsables des revers qui signalèrent le début de notre campagne de 1792. Il obtint la mise en accusation des ministres de Lessart, Montmorin, Bertrand de Molleville, et renouvela fréquemment, jusqu'à la journée du 20 juin, ses attaques contre les principaux agents du gouvernement royal, qu'il ne tendait pourtant pas à renverser. En effet, il fit, personnellement, avant de seconder le mouvement du Dix-Août, des efforts, d'ailleurs inutiles, pour sauver la monarchie : des négociations furent entamées, un mémoire rédigé par Gensonné fut remis à Louis XVI ; mais les événements se précipitèrent, et la chute du trône devint bientôt un fait accompli.

Dans la journée du Dix-Août, Gensonné, Guadet et Vergniaud présidèrent successivement l'Assemblée.

Ce fut sur la motion de Gensonné qu'elle régla les attributions du conseil exécutif destinée à remplacer provisoirement le roi ; il fit aussi confier la sûreté des personnes et des propriétés à la garde de la Commune.

Réélu membre de la Convention par le département de la Gironde (5 septembre 1792), le 3e sur 10 par 578 voix (671 votants), il se rallia à la République, se prononça contre les massacres de septembre, et, dans le procès du roi, fut un des plus ardents défenseurs de la mesure dilatoire de l'appel au peuple ; il vota ensuite contre le sursis et pour la mort, en ces termes :
« Quels qu'aient été les résultats de mon opinion sur les trois questions, la détermination que vous avez prise sur la seconde ne m'a point fait changer sur la troisième ; j'y persiste. Je me considère comme juge et comme législateur; je tiens l'une de ces qualités du choix du peuple ; vous m'avez donné l'autre. Comme juge, je dois appliquer la loi ; comme législateur, comme représentant du peuple souverain, j'ai à examiner si la peine prononcée par la loi ne pourrait pas être commuée en une détention perpétuelle. Lorsque j'ai voté pour l'appel au peuple, je me suis dit qu'il y aurait des opinions contraires sur les questions ; que ces opinions pourraient exaspérer les haines et faire naître des troubles. J'ai cru que le moyen d'en prévenir les malheureux effets, était d'avoir recours au souverain ; il a été écarté. Dès lors, convaincu que je suis qu'il n'est plus possible d'avoir l'expression réelle de la volonté générale, qui seule, à mon avis, pouvait anéantir les partis et prévenir des troubles, je ne puis plus admettre de modification, dès que je n'ai pas la certitude qu'elle les préviendrait. Je vote donc pour l'application de la peine contre les conspirateurs. Mais afin de prouver à l'Europe et à l'univers que nous ne sommes pas les instruments factices d'une faction, et que nous ne faisons point d'acception contre les scélérats, je demande qu'après le jugement de Louis vous vous occupiez des mesures à prendre à l'égard de sa famille, et que vous ordonniez au ministre de la Justice de faire poursuivre devant les tribunaux les assassins du 2 septembre. »

Après l'exécution du roi, Gensonné proposa que la commune de Paris répondit de la sûreté des membres de la famille royale.

Président de la Convention, le 7 mars 1793, Gensonné se trouva porté au fauteuil à l'époque où la lutte entre la Montagne et la Gironde éclatait le plus violemment. Il s'y jeta tout entier avec une telle ardeur, que les révolutionnaires virent en lui un de leurs ennemis les plus dangereux. L'irritation des Jacobins contre lui se manifesta en plusieurs circonstances : par la dénonciation des tentatives de rapprochement entre Louis XVI et la Gironde, tentatives auxquelles il avait été mêlé ; par des allusions à la correspondance intime de Gensonné avec Dumouriez. L'ancien aide de camp de ce général, Miaczinski, ayant été condamné à mort le 17 avril 1793, par le tribunal révolutionnaire, les débats du procès établirent encore la réalité des liaisons de Dumouriez et du député de la Gironde ; la conduite de Gensonné fut alors déférée à l'examen d'une commission ; les événements du 31 mai et le décret du 2 juin vinrent hâter sa perte.

La Montagne victorieuse le mit d'abord, ainsi que 28 de ses collègues et les ministres Clavière et Lebrun, en simple surveillance chez lui : il était condamné à y rester « sous la sauvegarde du peuple français, de la Convention nationale et de la loyauté des citoyens de Paris ».

Mais, le 3 octobre, Gensonné fut compris dans le rapport accusateur d'Amar, et, le 24, il parut devant le tribunal révolutionnaire avec Vergniaud, Brissot et 18 autres conventionnels du même parti. Les débats durèrent sept jours; les relations de Gensonné avec Dumouriez, son attitude et ses votes à la Convention furent les principaux griefs invoqués contre lui.

Condamné à mort, il monta sur l'échafaud le 31 octobre 1793.

Retour haut de page