Vincent, Marie Viénot de Vaublanc

1756 - 1845

Informations générales
  • Né le 2 mars 1756 à Fort-Dauphin (Saint-domingue)
  • Décédé le 21 août 1845 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 15 novembre 1791 au 28 novembre 1791
Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 avril 1803 au 7 mai 1803

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 1er septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Constitutionnels
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 16 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Clichyens
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 15 décembre 1800 au 4 juin 1814
Département
Calvados
Groupe
Bonapartiste
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 13 novembre 1820 au 31 juillet 1821
Département
Calvados
Groupe
Extrème-droite
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 10 octobre 1821 au 24 décembre 1823
Département
Calvados
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 6 mars 1824 au 5 novembre 1827
Département
Calvados
Groupe
Droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, au Conseil des Cinq-Cents, au Corps législatif, de 1820 à 1827, et ministre, né à Fort-Dauphin (Saint-Domingue) le 3 mars 1756, mort à Paris le 21 août 1845, « fils de messire François-Vivant de Vaublanc, seigneur de Bousselange, capitaine dans les troupes détachées de la marine, et de dame Catherine Perreau », d'une famille originaire de la Bourgogne, il fit ses études dans un pensionnat de Paris, puis au collège de la Flèche, et entra à l'Ecole militaire à 14 ans. Sous-lieutenant au régiment de la Fare en 1774, chevalier de Saint-Lazare, il fut envoyé à Saint-Domingue où il épousa Mlle Charlotte de Fontenelle, et devint successivement capitaine et lieutenant-colonel breveté. De retour en France, il fut nommé (1782) lieutenant des maréchaux de France, et se fixa dans les environs de Melun.

Secrétaire de l'assemblée de la noblesse du bailliage de Melun en 1789, président de l'administration départementale de Seine-et-Oise en 1790, il fut élu, le 1er septembre 1791, député de Seine-et-Marne à l'Assemblée législative, le 8e sur 11, par 273 voix sur 345 votants.

Il siégea dans le parti constitutionnel, devint président de l'assemblée (14 novembre), combattit les mesures proposées contre les prêtres insermentés et les émigrés, et rédigea néanmoins un message au roi (29 novembre 1791) pour dénoncer les rassemblements d'émigrés sur la frontière. Il défendit les ministres de Lessart et Bertrand de Molleville, demanda justice des massacres d'Avignon, fut rapporteur du comité d'instruction publique, réclama une éducation nationale « sans aucun mélange de cette politesse factice créée à la fois dans les cours par la bassesse et par l'orgueil », prit le parti de La Fayette au 8 août, provoqua un décret d'accusation contre Marat, fit mander à la barre Pétion et Rœderer, après l'affaire du 20 juin, pour rendre compte de leur conduite, et fut sauvé, au 10 août, par le dévouement d'un jeune officier du génie, qui fut plus tard le général Bertrand.

Réduit à se cacher pondant la Terreur, M. de Vaublanc reparut, après le 9 thermidor, à la tête des royalistes de la section Poissonnière qu'il présida au 13 vendémiaire, et fut condamné à mort par contumace le 26 vendémiaire an IV ; deux jours auparavant, il avait été élu député de Seine-et-Marne au Conseil des Cinq-Cents par 529 voix sur 250 votants. Trois mois après, il se présenta pour siéger ; mais il ne fut admis qu'en fructidor an VI, après que sa condamnation eut été déclarée nulle, comme inconstitutionnelle.

En prenant séance, il prêta serment de haine à la royauté. Il se rangea du côté des Clichyens, attaqua l'administration des colonies, fit fermer les clubs, appuya par contre la motion de Jean Debry déclarant que les vainqueurs de la Bastille avaient bien mérité de la patrie, et fut nommé de la commission des inspecteurs (questeurs) un peu avant le 18 fructidor.

Mais le succès du coup d'Etat du Directoire le condamna une troisième fois à la déportation ; il put se réfugier en Suisse, passa de là en Italie et ne rentra qu'après le coup d'Etat de brumaire. M. de Vaublanc se montra un des plus zélés partisans du régime nouveau, et fut élu par le Sénat conservateur, le 24 frimaire an IX, député du Calvados au Corps législatif.

Chargé du rapport sur le consulat à vie, il demanda que le Corps législatif examinât la question avec une sage lenteur ; mais, chef de la députation envoyée auprès du premier Consul, il regretta que « les bornes constitutionnelles de ses fonctions n'aient pas permis à ce corps de s'associe à l'initiative prise par le Tribunat. »

Il accepta avec autant d'enthousiasme l'établissement de l'empire héréditaire, devint questeur du Corps législatif en janvier 1804, fut élu, la même année, par le collège électoral de Seine-et-Marne, candidat au Sénat conservateur, présida (janvier 1805) la cérémonie d'inauguration d'une statue de l'empereur et se fit remarquer par l'excès de son adulation.

Membre de la Légion d'honneur (4 frimaire an XII), commandeur (25 prairial suivant), il fut nommé préfet de la Moselle (12 pluviôse an XIII), créé chevalier de l'Empire (28 novembre 1809), baron (19 décembre suivant), et gratifié, le 17 juillet 1810, d'un majorat de 4 000 francs en Hanovre, réversible, par décret impérial du 22 mars 1812, sur Henry Martial de Segons, son petit-fils. Il faillit périr, en 1813, de la maladie épidémique qui décimait dans les hôpitaux de Metz les malades et les blessés de 1 armée du Rhin, qu'il visitait assidûment.

Il accueillit avec transport le retour des Bourbons, fut maintenu dans sa préfecture, et promu officier de la Légion d'honneur (23 août 1814).

Aux Cent-Jours, après avoir essayé en vain de maintenir son département dans l'obéissance au roi, il gagna le Luxembourg, rejoignit la cour à Gand, et, après Waterloo, fut nommé conseiller d'Etat et préfet des Bouches-du-Rhône (12 juillet 1815).

Deux mois plus tard (24 septembre) il accepta dans le ministère Richelieu le portefeuille de l'Intérieur. Désireux peut-être de racheter son passé, il se livra entièrement à la majorité ultra-royaliste de la Chambre introuvable, épura le personnel de son ministère, réorganisa l'Institut et les gardes nationales, prononça la dissolution de l'Ecole polytechnique, et établit les bases du nouveau projet de la loi électorale ; la Chambre lui préféra le projet de Villèle. Sa condescendance envers les ultras l'avait déjà, en plusieurs circonstances, séparé de ses collègues du cabinet, quand des mesures maladroites accusèrent encore les dissidences ; il résigna son portefeuille le 8 mai 1816, et fut remplacé par M. Lainé ; un mois auparavant (6 avril), il avait été nommé membre libre de l'Académie des Beaux-Arts.

Elu, le 13 novembre 1820, député du grand collège du Calvados, par 416 voix (627 votants, 726 inscrits), il siégea à droite, et fut réélu, le 10 octobre 1821, par 320 voix (553 votants, 730 inscrits), et, le 6 mars 1824 par 392 voix (542 votants, 701 inscrits). Vice-président de la Chambre depuis 1821, il vota la loi de septennalité, la liste civile en faveur de la famille d'Orléans (1824), parla contre la prolongation de la loi de censure, fut nommé (1824) membre du conseil supérieur du commerce, et, par son hostilité à l'égard du ministère Villèle, vit supprimer le libre accès qu'il avait eu jusqu'alors auprès du roi.

Non réélu aux élections de 1827, il venait d'être appelé au Conseil d'Etat (25 juillet 1830), quand Charles X dut prendre le chemin de l'exil. M. de Vaublanc quitta définitivement la scène politique, et acheva dans le calme des distractions littéraires son existence agitée : il mourut à 89 ans.

Sainte-Beuve l'a appelé « esprit léger, présomptueux, ne doutant de rien, tranchant de l'homme d'Etat, une cymbale retentissante. »

M. de Vaublanc a publié un assez grand nombre de brochures politiques, de travaux historiques, un poème, cinq tragédies, des contes, des mémoires et quelques ouvrages de statistique commerciale ; on a dit qu'il avait exigé du sculpteur Lemot de servir de modèle pour la restauration de la statue équestre d'Henri IV, sur le Pont-Neuf.


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