Jules, Paul, Benjamin Delessert ou de Lessert

1773 - 1847

Informations générales
  • Né le 14 février 1773 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 1er mars 1847 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 8 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Seine
Groupe
Modéré
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 20 septembre 1817 au 1er mai 1822
Département
Seine
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 9 mai 1822 au 24 décembre 1823
Département
Seine
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 12 juin 1842
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Centre gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant aux Cent-Jours, député de 1817 à 1824 et de 1827 à 1842, né à Lyon (Rhône) le 14 février 1773, mort à Paris le 1er mars 1847, il appartenait à une famille protestante, originaire du canton du Vaud, où elle était fixée bien avant la Saint-Barthélemy, dès 1450.

En dépit de nombreuses biographies, et de l'article nécrologique publié dans le Journal des Débats par M. Guizot sur François de Lessert, cette famille n'a jamais eu à souffrir des persécutions religieuses ; son nom a également été défiguré, et nous l'orthographions d'après les actes de naissance authentiques délivrés tant dans le pays de Vaud qu'en France, d'après les brevets officiels établis avant et après la Révolution, et d'après la signature constante des intéressés.

« Fils d'Etienne de Lessert, bourgeois de Genève, Cossonaz et Arabonne, et de dame Madeleine-Catherine Roy de la Tour », Jules Paul Benjamin, bien que né à Lyon, où son père était banquier, fut également inscrit sur les registres de l'état civil de Cossonaz (Suisse), par son père qui avait conservé la nationalité suisse et qui vint ouvrir une banque à Paris en 1777. Là, Benjamin connut Berquin, l'habitué de la maison, et reçut des leçons de botanique de Jean-Jacques Rousseau, qui écrivit pour ses frères et pour lui ses Lettres sur la botanique : puis, en 1784, il se mit à voyager avec son frère aîné, visita l'Angleterre, suivit à l'université d'Edimbourg les leçons d'Adam Smith et de Dugald-Stewart, connut Watt à Birmingham, et rentra en France au moment de la Révolution.

À dix-sept ans, il s'enrôla (8 janvier 1790) dans la 3e compagnie du 8e bataillon de la 4e division des volontaires de la garde nationale parisienne ; en 1793, il entra à l'école d'artillerie de Meulan, et en sortit l'année suivante, avec ce brevet :
LIBERTÉ ARSENAL DE MEULAN ÉGALITÉ
Mort Décret Paix
aux du 22 au
tirans Vendémiaire Peuple
__ 2e année __
__

CANONNIERS MONTAGNARDS DE MEULAN
A Meulan, ce 9 thermidor,
L'an 2e de la République une et indivisible.

« Nous soussigné Directeur de l'Arsenal de Meulan, chef de bataillon d'artillerie, certifions que le citoyen Benjamin de Lessert, capitaine commandant d'une compagnie de canonniers montagnards de Meulan, a servi avec zèle et exactitude depuis le 5 septembre 1793 vieux style jusqu'au 14 floréal en qualité de canonnier dans le corps susdit et qui a été choisi ensuite par ses camarades au terme de la Loy pour Capitaine Commandant de la Compagnie qui sert actuellement les pièces de 16 auprès de l'armée du Nord. Certifions en outre que le zèle et l'intelligence de cet officier lui ont valu les applaudissements de ses Chefs, l'amitié de ses Camarades et la Reconnaissance de tout bon citoyen ; et ayant pu dans quelques occasions être consacré à tout autre genre de service dans l'intérieur de la République, il a constamment préféré la carrière qu'il suit et a donné dans toutes les occasions des Preuves réitérées d'un service irréprochable.
Signé : J. GROBER. »

Le capitaine de Lessert fit la campagne de Belgique sous Pichegru, se distingua aux sièges d'Ypres, de Maubeuge et d'Anvers, et commanda la citadelle de cette dernière place. Mais la mort de son frère aîné le fit rappeler par son père, et il quitta la carrière militaire pour prendre (1795) la direction de la maison paternelle.

Maire du 3e arrondissement de Paris (9 mars 1800), il créa, en 1801, à Passy une filature de coton qui rendit la France moins tributaire de l'Angleterre, et une raffinerie de sucre, et fut nommé (1802) régent de la Banque de France et membre de la chambre de commerce (1804) ; en 1806, lorsque l'Angleterre coupa nos communications avec nos colonies, il obtint à Passy le premier sucre de betterave bien cristallisé. L'empereur alla constater à la raffinerie de Passy ce succès alors considérable, remit à M. de Lessert la croix de la Légion d'honneur, et le créa, le 19 septembre 1812, baron de l'Empire.

En 1814, au moment de l'invasion, le baron de Lessert fut nommé commandant de légion dans la garde nationale, et officier de la Légion d'honneur (19 novembre 1814), et, le 8 mai 1815, fut élu représentant de l'industrie du département de la Seine à la Chambre des Cent-jours par 76 voix sur 113 votants et 216 inscrits ; il fit partie du comité de Constitution.

Associé libre de l'Académie des sciences (8 juillet 1816), il fut élu, le 20 septembre 1817, député du collège de département de la Seine par 5 347 voix sur 7 030 votants et 9 677 inscrits ; il siégea dans l'opposition constitutionnelle, fit partie de la commission de comptabilité, de celle du budget, parla sur la Proposition d'une caisse hypothécaire, sur les douanes, sur le budget, sur le projet de loi électorale, pour la création de petites inscriptions de rentes, pour l'abolition de la loterie, et fut nommé conseiller général de la Seine (1818), conseiller du roi au conseil du commerce (1819) et membre du conseil de perfectionnement du Conservatoire des Arts-et-Métiers. En 1818, il importa d'Angleterre l'idée des caisses d'épargne et popularisa en France cette institution.

Réélu, le 9 mai 1822, dans le 5e arrondissement de Paris, par 691 voix sur 1 094 votants et 1 217 inscrits contre 384 à M. Walckenaër, il parla sur la liquidation de l'arriéré, et ne rentra pas au parlement aux élections générales du 23 février 1824, ayant échoué dans le même arrondissement avec 522 voix, contre 549 à l'élu, M. Héricart de Thury.

Le scrutin du 17 novembre 1827 le renvoya à la Chambre comme député du 2e arrondissement électoral de Maine-et-Loire (Saumur) par 200 voix sur 329 votants et 375 inscrits, contre 119 à M. de Charnières, maire de Nueil. Membre de toutes les commissions financières, il combattit encore la loterie, et parla sur les caisses d'épargne.

Les électeurs de Saumur lui renouvelèrent son mandat, le 12 juillet 1830, après la dissolution de la Chambre par le cabinet Polignac, avec 275 voix sur 395 votants et 452 inscrits, contre 113 à M. de Charnières, et M. de Lessert représenta cet arrondissement jusqu'en 1846, ayant été successivement réélu :
- le 5 juillet 1831, par 229 voix sur 258 votants et 320 inscrits contre 12 à M. Boutiller de Beauregard ;
- le 21 juin 1834, par 179 voix sur 210 votants et 319 inscrits, contre 15 à M. Oudinot ;
- le 4 novembre 1837, par 152 voix sur 301 votants et 351 inscrits, contre 145 à M. Thiers ;
- le 2 mars 1839, par 183 voix sur 320 votants et 346 inscrits, contre 135 à M. Treilhard.

Dans la session de 1830-1831, il fit partie de la commission chargée de réviser plusieurs articles de la Charte de 1814, fut longtemps vice-président de la Chambre, et signa, en cette qualité, au contrat de mariage du duc d'Orléans (30 mai 1837). Il prit fréquemment la parole sur la loi municipale (6 septembre 1830), sur les Enfants trouvés (2 novembre 1831), sur les monuments publics (1er mars 1832), fut rapporteur (21 mars 1833) du projet d'organisation départementale et municipale de Paris, parla (4 février 1836) sur la conversion des rentes, et présenta (5 mai 1838) un amendement pour excepter de la conversion les petites rentes, etc.

Il renonça à se présenter aux élections du 9 juillet 1842, sa santé exigeant du repos ; il recueillit quand même 137 voix, contre 224 à l'élu, M. Oudinot, et, le 1er août 1846, 10 voix lui restèrent encore fidèles contre 255 au député sortant réélu, M. Oudinot et 7 à M. Louvet. Vers la fin de 1846, la maladie organique du cœur dont il était atteint fit des progrès rapides, et il mourut le 1er mars 1847.

Protecteur des lettres et des arts, M. de Lessert avait recueilli un herbier de plus de 86 000 plantes, formé une remarquable collection conchyologique et une belle galerie de tableaux, et il avait été le créateur ou le bienfaiteur de nombreuses fondations philanthropiques.

On a de lui :
- un recueil de Pensées et de Maximes : Le Guide du bonheur ;
- et un opuscule : Fondations qu'il serait utile de faire.


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