Léonard, Louis, Jean, Joseph Bourdon de la Cronière

1754 - 1807

Informations générales
  • Né le 6 novembre 1754 à Alençon (Orne - France)
  • Décédé le 29 mai 1807 à Wroclaw (Pologne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Loiret
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Alençon (Orne), le 6 novembre 1754, mort à Breslau, le 29 mai 1807, fils d'un commis des finances mis à la Bastille par ordre de l'abbé Terray pour avoir publié clandestinement un projet de réforme, il fut d'abord avocat au conseil du roi, puis fonda à Paris, en 1789, une maison d'éducation.

Bourdon de la Cronière prit part à la prise de la Bastille, ainsi qu'à la journée du 10 août. En 1789, au moment où l'on venait d'amener à l'Assemblée constituante un serf du Jura de 120 ans, il demanda de « s'emparer de l'auguste vieillard, pour le faire servir par des jeunes gens de tous les rangs, surtout par les enfants dont les pères avaient été tues à l'attaque de la Bastille. » On souscrivit à sa demande, et le vieillard fut emmené par Bourdon dans sa pension. Après le 10 août 1792, la commune de Paris le chargea d'aller à Orléans accélérer le transport des prisonniers devant la Haute-Cour nationale. Il devait les mener à Saumur, mais il les conduisit à Versailles oit ils furent massacrés.

Le 8 septembre 1792, il fut élu, par le département du Loiret, membre de la Convention, avec 183 voix sur 349 votants. Dès les premières séances, il demanda le renouvellement en masse des employés de toutes les administrations, qui n'étaient pas à la hauteur des périls et des exigences de la Révolution.

Lorsque Louis XVI fut détenu au Temple, ce fut lui qui proposa de lui interdire toute communication avec sa famille, et lors du procès du roi, il vota la mort sans appel et pressa autant qu'il put l'exécution. « Louis était dans les fers quand le peuple m'a envoyé des pouvoirs illimités, répondit-il au 2e appel nominal ; je ne veux point la guerre civile ; je ne crains rien pour moi, je dis : non. » Et au 3e appel nominal : « Pour des raisons de sûreté générale et d'humanité, je vote la mort et l'exécution dans les vingt-quatre heures. »

Envoyé en mission à Orléans (mars 1793), il insulta un factionnaire, à la suite d'un copieux repas, fut assez maltraité dans la rixe qui suivit, et malgré la déposition d'Albite, qui déclara que Bourdon avait été l'agresseur, obtint de la Convention, un décret qui déclara la ville d'Orléans en état de rébellion. Le 8 août de la même année, Bourdon fut élu secrétaire de la Convention et, peu de temps après, président des Jacobins. Il provoqua la formation d'une armée révolutionnaire par département, et fit décréter, d'accord avec son homonyme Bourdon (de l'Oise), que les biens des détenus qui se suicideraient, et ceux des condamnés, reviendraient à la nation.

Bourdon de la Cronière défendit vainement Vincent et Ronsin (28 janvier 1794), contre Robespierre; ils furent exécutés, le 4 ventôse suivant. Robespierre ayant accusé Bourdon d'être le complice d'Hébert, Bourdon s'en vengea au 9 thermidor : il marcha lui-même sur l'Hôtel de Ville, s'empara de Robespierre et des autres jacobins, et vint célébrer sa victoire devant la Convention. Il fit retirer du Panthéon et jeter à la voirie le corps de Marat ; mais impliqué dans l'insurrection du 12 germinal (1er avril 1795), il fut interné au château de Ham, et n'en sortit qu'à l'amnistie qui termina la session de la Convention (25 octobre 1795).
Contrairement à l'assertion de plusieurs biographes, il ne fit pas partie du Conseil des Cinq-Cents Il y fut seulement dénoncé par Boissy-d'Anglas, qui, comme Legendre l'avait déjà fait à la Convention, le qualifia d'assassin. Devenu l'agent du Directoire à Hambourg, il en fit partir les émigrés. Bourdon de la Cronière qui avait fondé, en 1794, à Paris, l'Ecole des élèves de la patrie, dirigeait encore, en 1803, une école primaire.

Il a publié un certain nombre d'ouvrages :
- Mémoire sur l'instruction et l'éducation nationales, 1789 ;
- Recueil des actions civiques des républicains français (1794) ;
- le Tombeau des impostures, sans-culottide dramatique en trois actes (1794), etc.


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