Jean-François Rewbell

1747 - 1807

Informations générales
  • Né le 6 octobre 1747 à Colmar (Haut-Rhin - France)
  • Décédé le 23 novembre 1807 à Colmar (Haut-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 23 avril 1791 au 8 mai 1791
Présidence de l'Assemblée nationale
du 7 décembre 1794 au 21 décembre 1794

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Colmar et Sélestat (Type : Bailliage)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haut-Rhin
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 21 mars 1799
Département
Haut-Rhin
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, membre du Directoire, né à Colmar (Haut-Rhin) le 8 octobre 1747, mort à Colmar le 23 novembre 1807, il étudia le droit, et fut avocat au conseil souverain d'Alsace.

Il était bâtonnier de l'ordre au moment de la Révolution. D'une instruction étendue, d'un talent reconnu, il fut élu (2 avril 1789) député du tiers aux états généraux par le bailliage de Colmar et Schlestadt, avec 194 voix (300 votants).

Il compta, dans l'Assemblée constituante, parmi les adversaires de l'ancien régime, dénonça les complots royalistes, s'opposa à l'ajournement de la déclaration des droits, demanda que le comité des douze fût autorisé à réclamer les papiers relatifs à la conspiration de la cour et trouvés à la Bastille, discuta la question du prêt à intérêt, combattit la féodalité, proposa que les députés fussent choisis dans tout le royaume, comme représentants de la nation, et non d'un département, opina pour que les juifs fussent exclus du droit de citoyen, prit part à la discussion sur l'élection des évêques et des curés constitutionnels, dénonça la cour des aides, contribua à la suppression des parlements et à la vente des biens ecclésiastiques, et fut élu secrétaire de l'Assemblée. Il s'opposa vivement à ce qu'on accordât au roi le droit de paix et de guerre, et demanda que les prêtres insermentés fussent exclus des fonctions pastorales.

Devenu président le 5 mai 1791, il fit, après une discussion animée, rendre une loi portant que l'organisation des assemblées coloniales ne serait pas modifiée, mais qu'à l'avenir les hommes de couleur nés de parents libres y seraient admis. Il présenta diverses motions sur les finances, sur les événements d'Avignon et du Comtat, contre les prêtres rebelles, contre la dénomination de princes français donnée aux membres de la famille régnante. A la fin de la session, il tenta en vain de faire déclarer rééligibles les membres de la Constituante.

Nommé procureur-syndic du Haut-Rhin, puis secrétaire général du directoire du même département, il fut élu, le 3 septembre 1792, membre de la Convention par le département du Haut-Rhin, le 1er sur 7, avec 305 voix (416 votants). Il pressa le procès de Louis XVI, combattit les tendances de la commune de Parie, puis fut envoyé en mission à l'armée de Mayence, ce qui l'empêcha de déposer son vote lors de la condamnation du roi, à laquelle il adhéra néanmoins par lettre. Il donna des détails sur la situation de l'armée du Rhin, et appuya les propositions de Ruhl contre l'électeur de Mayence. Accusé d'exactions et d'agiotage, il fut rappelé à Paris l'accusation ne fut d'ailleurs jamais prouvée ; mais l'extrême avarice de Rewbell fournit à la calomnie de fâcheux prétextes. Ayant réussi à se faire envoyer de nouveau en mission, il ne se compromit ouvertement avec aucun parti.

Après le 9 thermidor, il se prononça contre les Jacobins, fit tous ses efforts pour les éloigner du gouvernement, et contribua à la fermeture de leur club. Appelé à faire partie du comité de sûreté générale et du comité de salut public, il inclina de plus en plus vers la partie modérée de la Convention, fit décréter (17 avril 1795) la vente des biens des émigrés par la voie de la loterie, et entra, le 21 vendémiaire an IV, au Conseil des Cinq-Cents, comme député du Haut-Rhin, par 135 voix (243 votants). En même temps il obtenait aussi la majorité dans 16 autres départements. Il devint secrétaire de l'assemblée dès la formation des bureaux, et fut, le 1er novembre, choisi par le Conseil des Anciens comme l'un des membres du Directoire exécutif. Il prononça un discours à l'occasion de la fête du 21 janvier.

Il fut choisi pour président par le Directoire, et remplit cette fonction jusqu'en l'an VII.

Ayant été, à cette date, exclu du pouvoir exécutif par la voie du sort, il fut élu (23 germinal au VII) membre du Conseil des Anciens par les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, eut encore une part importante aux délibérations, et fit apprécier la variété de ses connaissances.

Mais l'âpreté et la vivacité de son langage lui tirent de nombreux ennemis. Dans ses Mémoires (inédits), Grandmaison assure « que Rewbell ne trouvait pas un seul collègue avec qui il pût s'entretenir publiquement, et que, dès qu'il s'asseyait, toutes les places devenaient désertes autour de lui. » « Grand, assez gros, les jambes grêles, dit de lui son collègue La Revellière, il affectait du mépris pour les sciences et les beaux-arts; il lui arrivait de temps en temps de s'attribuer des discours et des actions que d'autres pouvaient réclamer en toute justice. » Rewbell avait peu de sympathie pour Barras, et il se trouva, d'autre part, en fréquent désaccord avec Carnot.

Le coup d'Etat du 18 brumaire le rendit à la vie privée.

Il mourut à Colmar, sous l'Empire, en 1807.

Un de ses plus vifs chagrins fut la dilapidation de sa fortune par ses fils.


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