Médard, Jules Brogly

1878 - 1959

Informations générales
  • Né le 29 avril 1878 à Rixheim (Haut-Rhin - France)
  • Décédé le 5 décembre 1959 à Riedisheim (Haut-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Haut-Rhin
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Haut-Rhin
Groupe
Députés indépendants
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 10 février 1936
Département
Haut-Rhin
Groupe
Républicains du centre

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1936 au 1er janvier 1944

Biographies

Né le 29 avril 1878 à Rixheim (Haut-Rhin), mort le 5 décembre 1959 à Riedisheim (Haut-Rhin).

Député du Haut-Rhin de 1919 à 1924 et de 1928 à 1936. Sénateur du Haut-Rhin de 1936 à 1944.

Sorti de l'école normale de Colmar, Médard Brogly fut le premier instituteur alsacien à être admis à l'université de Strasbourg, où il obtint un diplôme d'enseignement supérieur. Il professa ensuite à l'école normale supérieure de Colmar, puis, jusqu'à sa retraite, au collège technique de Mulhouse, où il s'occupa des classes élémentaires.

En 1911, il fut élu au Landtag d'Alsace-Lorraine, par la circonscription électorale de Habsheim-Landser, comme député protestataire. Invalidé aussitôt, il fut réélu à une plus forte majorité et, définitivement admis à siéger, s'inscrivit, à la deuxième chambre de la diète, à la fraction du centre.

Dès la déclaration de guerre, il devait être arrêté une première fois par les Allemands, le 11 août 1914, en raison de son attitude pro-française. Relâché, il fut de nouveau incarcéré le 13 avril 1915 à Strasbourg et, le 13 juillet suivant, fut condamné par un tribunal de guerre Allemand à dix ans de réclusion et dix ans d'interdiction de ses droits civiques pour trahison. Il avait été jugé sous l'inculpation d'espionnage en faveur de la France.

Emprisonné à Sarreguemines il ne fut relâché que le 9 novembre 1918, grâce à la révolution pro-française fomentée par ses compatriotes, à la veille de l'armistice.

Personnalité dominante de la vie politique alsacienne, il devint en 1919, président, pour le Haut-Rhin, du parti populaire alsacien, fonctions qu'il assuma jusqu'en 1940, date de la dissolution de ce parti. Cette même année, il était également élu conseiller général pour le canton de Habsheim, qu'il représenta à l'Assemblée départementale jusqu'en 1922.

Aux élections générales du 16 novembre 1919, il fut élu député du Haut-Rhin, à la majorité absolue, premier de la liste d'Union nationale, qui emporta tous les sièges. Il recueillit personnellement 60.618 voix sur 98.322 votants.

D'abord indépendant, puis républicain du centre, membre des Commissions de l'Alsace-Lorraine et de l'enseignement et des Beaux-arts, il se préoccupa surtout de questions sociales et déposa en 1920 une proposition de résolution concernant la valorisation des assurances sur la vie contractées en marks par des Alsaciens-Lorrains, antérieurement au 11 novembre 1918. Il présenta ensuite de nombreux rapports relatifs à l'introduction des lois françaises en Alsace-Lorraine, aux dommages de guerre, à la propriété littéraire, artistique et commerciale et aux droits des sinistrés. Il prit part également à un certains nombre de discussions budgétaires.

Il refusa de se représenter au renouvellement législatif du 11 mai 1924 et se retira provisoirement de la vie politique pour reprendre ses activités professorales.

En 1928, il brigua toutefois avec succès un nouveau mandat de conseiller général, cette fois pour le canton de Huningue, qu'il représenta au conseil général jusqu'en 1939.

La même année, il redevint député, en enlevant le siège de la deuxième circonscription de Mulhouse, aux élections géné rales des 22 et 29 avril 1928 (retour au scrutin d'arrondissement). Il fut élu au deuxième tour par 10.571 voix contre 7.467 à con concurrent le plus favorisé. Inscrit au groupe des députés indépendants, membre de la Commission des pensions civiles et militaires, il déposa un certain nombre de propositions de loi concernant notamment les taux de pension des fonctionnaires en Alsace-Lorraine (1931) et tendant à accorder aux fonctionnaires auxiliaires et temporaires un statut les garantissant contre les risques de maladie ou de décès (1931).

Principalement soucieux de sauvegarder les intérêts de ses concitoyens Alsaciens-Lorrains dans leur adaptation progressive à la légalité française, il présenta de nombreux rapports à ce sujet au nom de la Commission d'Alsace-Lorraine et intervint notamment dans les discussions sur la demande de mise en liberté provisoire de MM. Ricklin et Rossé, ses compatriotes, qui venaient d'être élus députés autonomistes, alors qu'ils se trouvaient en prison.

Il prit part également à la plupart des débats concernant la politique du Gouvernement en Alsace-Lorraine et présenta d'autre part un rapport concernant l'utilisation des forces hydrauliques du Rhin et la réalisation du grand canal d'Alsace-Lorraine.

Réélu au deuxième tour de scrutin au renouvellement des 1er et 8 mai 1932, par 11.807 voix contre 8.131 à M. Eisenring, il fit partie des mêmes commissions que sous la précédente législature et entra à celle des mines et des forces motrices. Inscrit au groupe des républicains du centre, il déposa un certain nombre de propositions de loi, dont les principales portèrent sur l'exercice légal de la médecine en Alsace-Lorraine (1933). Au nom de la Commission des pensions, il présenta plusieurs .rapports et prit part en outre aux débats sur le budget, sur les écoles spéciales rurales et sur l'amnistie. A ce sujet, il déposa notamment un amendement visant les praticiens de la médecine naturelle.

Il entra au Sénat au renouvellement du 14 janvier 1936, en battant par 537 voix contre 409 au deuxième tour de scrutin l'un des sénateurs sortants, Joseph Pfleger, qui avait été élu sur la même liste que lui aux élections législatives de 1919.

A la Haute-Assemblée, il ne s'inscrivit à aucun groupe et poursuivit ses activités, en portant son effort sur tous les projets et propositions de loi intéressant le statut des Alsaciens-Lorrains.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, il ne prit pas part au vote du projet de loi constitutionnelle.

Durant l'occupation, il eut une attitude très digne envers les Allemands, fidèle en cela aux principes qui l'animaient depuis toujours.

Résidant alors à Riedesheim, banlieue de Mulhouse, il fut recherché en 1944 par la Gestapo, qui désirait l'arrêter comme otage, Il réussit non sans peine à se soustraire à ces recherches.

A la libération, il se retira définitivement de la vie politique et publia un ouvrage intitulé : « La grande épreuve : l'Alsace sous l'occupation Allemande ». (1945). En 1932, il avait également publié une étude en allemand sur les questions d'enseignement en Alsace - Lorraine: « Zur Schul und Sprachen Frage in Elsass und Lothringen ».

Lorsqu'il mourut en 1959 à Riedesheim, âgé de 81 ans, il était le dernier survivant des représentants de l'Alsace au Landtag d'Alsace-Lorraine. A ses obsêques qui furent présidées par l'évêque de Strasbourg, le 9 décembre suivant, assistaient des représentants de toutes les tendances politiques alsaciennes.

Médard Brogly, qui s'était particulièrement dévoué à la cause des pensionnés, était président d'honneur de l'association des fonctionnaires retraités d'Alsace-Lorraine et vice-président de l'entente générale des retraités de France. Il était chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, et titulaire de la médaille de la fidélité française avec trois étoiles.




Né le 29 avril 1878 à Rixheim (Haut-Rhin)

Décédé le 5 décembre 1959 à Rideisheim (Haut-Rhin)

Sénateur de Haut-Rhin de 1936 à 1944

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, pages 777 et 778)

Médard Brogly ne prend pas part au vote de la réforme constitutionnelle du 10 juillet 1940.

Durant la guerre, il se tient à distance de la vie politique. En 1944, il échappe cependant de peu à la Gestapo, qui voulait l'arrêter comme otage. Il ne reprend pas d'activité politique après la Libération, et meurt en 1959.



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