Charles, Jean-Marie Alquier

1752 - 1826

Informations générales
  • Né le 13 octobre 1752 à Talmont (Vendée - France)
  • Décédé le 4 février 1826 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 26 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
La Rochelle (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Plaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député du tiers aux Etats généraux pour la sénéchaussée de La Rochelle, membre de la Convention et député aux Cinq-Cents pour la Seine-et-Oise, né à Talmont (Vendée), le 13 octobre 1752, mort à Paris, le 4 février 1826, il entra par le barreau dans la magistrature, et fut conseiller du roi au présidial de La Rochelle, en même temps que procureur du roi au bureau des Finances.

L'évêque de La Rochelle ayant vivement attaqué l'édit royal de novembre 1787 qui rendait aux protestants un moyen légal de constater leur état civil, Alquier incrimina le mandement au nom du respect dû à la loi et au roi, et parvint à le faire supprimer par arrêt du parlement. Ce succès le fit choisir pour maire de la Rochelle le 25 avril 1788. Le 29 décembre suivant, à propos de la prochaine convocation des Etats généraux, il prononça devant le corps de ville, un discours remarquable :

« La dignité des deux premiers ordres, dit-il, ne peut-elle donc subsister que par l'asservissement du tiers ? »

Il rappela, qu'aux Etats de 1614, La Rochelle avait eu 4 députés, 1 pour l'ordre de la noblesse et 3 pour le tiers état. Cette attitude lui valut, aux élections du 26 mars 1789, d'être élu par le tiers, le 1er sur 2 ; on fit alors courir le quatrain suivant :

Quand des citoyens pour t'élire
Tu vis les suffrages flatteurs,
Alquier, alors tu pouvais dire
Autant de voix, autant de cœurs.

Aux États généraux, Alquier se montra le champion des idées nouvelles, fit condamner le mandement réactionnaire de l'évêque de Tréguier, obtint l'impression et l'envoi aux départements du mandement de l'évêque d'Angers, devint membre du comité des colonies, fut chargé de plusieurs missions dans les départements, et passa secrétaire de l'Assemblée le 13 juillet 1790.

Lors des élections des juges au tribunal de district de La Rochelle, le 22 novembre 1790, Alquier fut choisi, le 2e sur 5, et, à la dissolution de l'Assemblée nationale, fut nommé président du tribunal criminel de Seine-et-Oise. En cette qualité, lorsque les prisonniers d'Orléans furent dirigés sur Versailles, Alquier vint demander à Danton, alors ministre de la Justice, s'il devait les interroger dans les 24 heures. Danton lui tourna le dos sans répondre, et les prisonniers furent égorgés au moment où ils passaient la grille de l'Orangerie.

Le 8 septembre 1792, le département de Seine-et-Oise élut Alquier à la Convention, par 335 voix sur 668 votants. Dans le procès de Louis XVI, au 3e appel nominal, Alquier répondit : « Je vote pour la mort ; mais je demande que l'exécution soit différée jusqu'après la signature de la paix, et qu'elle ait lieu au cas d'une invasion des puissances étrangères. »

Son rôle fut volontairement assez effacé à la Convention. « À 2 heures, dit un contemporain, il siégeait au Marais et riait avec Vergniaud ; à 3, il était sur la Montagne, donnant la main à Danton, causant avec Saint-Just, et n'applaudissant jamais que du pied. »

Après le 9 Thermidor, Alquier fut envoyé aux armées du Nord et prit part à l'organisation administrative de la Hollande nouvellement conquise.

Le 25 Vendémiaire an IV, le département de Seine-et-Oise l'envoya par 173 voix au conseil des Cinq-Cents, dont il fut nommé bientôt secrétaire. Il en sortit en mai 1798, comme consul à Tanger, poste qu'il échangea de suite contre celui de chargé d'affaires à Munich.

Après le congrès de Rastadt, nommé receveur général de Seine-et-Oise, le 9 vendémiaire an VIII, il préféra l'ambassade de Madrid, où il fut envoyé le 9 frimaire, pour passer bientôt à Florence, puis à Naples ; c'est lui qui obtint de cette dernière cour la cession de l'île d'Elbe. Ambassadeur à Rome, le 10 avril 1806, il ne réussit pas au gré de l'empereur auprès du Saint Père, et fut rappelé.

« M. Alquier, lui dit Napoléon, vous avez voulu gagner des indulgences à Rome. »

« Sire, répondit Alquier, je n'ai jamais eu besoin que de la vôtre. »

Dans une lettre à un ami, datée de Paris du 7 juin 1806, Alquier ne dissimule pas « le chagrin qui l'accable ; je ne me console pas de ce que l'empereur a paru croire que j'avais négligé mes devoirs... Après 10 ans de service, je suis obligé de vendre mes meubles pour vivre. »

La disgrâce prit fin, car Alquier fut créé, le 28 mai 1809, chevalier de l'Empire, et nommé ministre plénipotentiaire à Stockholm en 1810, puis à Copenhague en 1811, où il parvint à conclure (1813) une alliance offensive et défensive.

Rappelé par la première Restauration, en juin 1814, il rentra dans la vie privée.

La loi du 12 janvier 1816, qui bannissait les régicides, lui fut durement appliquée, bien que son vote n'eût pas été compté parmi ceux qui conduisirent Louis XVI à l'échafaud.

Il se réfugia à Bruxelles et y vécut paisiblement, jusqu'au 14 janvier 1818, jour où il reçut l'autorisation de rentrer en France, grâce à l'intervention de Boissy d'Anglas, alors pair de France, et son ancien collègue à la Convention.

Il était commandeur de la Légion d'honneur, du 14 juin 1804.

Date de mise à jour: juin 2018


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