Antoine, Eléonore, Léon Leclerc de Juigné

1728 - 1811

Informations générales
  • Né le 2 novembre 1728 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 19 mars 1811 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 28 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Paris-Ville (Type : Ville)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Paris le 2 novembre 1728, mort à Paris le 19 mars 1811, frère de Jacques Gabriel Louis marquis Leclerc de Juigné (1727-1807), député en 1789, et fils d'un officier supérieur tué à Guastalla, Antoine Eleonore Léon, comte Leclerc de Juigné, il fit ses études au collège de Navarre, et entra au séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Grand-vicaire de son oncle, l'évêque de Carcassonne, il fut nommé agent général du clergé, refusa l'évêché de Comminges, et accepta, en 1764, celui de Châlons. Hostile aux Jansénistes, il surveilla de près la discipline de ses séminaires, et, lors de l'incendie de Saint-Dizier en 1770, ne craignit pas de s'exposer en personne au danger ; il créa à Châlons, sous la forme d'un bureau de secours pour les victimes de ces accidents, une des premières assurances contre l'incendie.

Il avait refusé l'archevêché d'Auch, lorsque la mort de l'archevêque de Paris laissa ce dernier siège vacant. L'évêque d'Autun, qui tenait alors la feuille des bénéfices, voulait y appeler l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne ; mais Louis XVI s'y opposa : « Il faudrait au moins, dit-il, que l'archevêque de Paris crût en Dieu » ; et, de sa propre autorité, il y nomma M. de Juigné.

Celui-ci consacra la majeure partie des revenus de son nouveau diocèse à des œuvres de bienfaisance. Au parlement, il vota (9 janvier 1788) pour l'édit qui rendait aux protestants l'état civil, et, dans le rigoureux hiver qui termina cette même année, vendit sa vaisselle et emprunta, pour secourir les pauvres, quatre cent mille livres, qui furent garanties par son frère, le marquis de Juigné.

Le 30 avril 1789, le clergé de la ville de Paris l'élut député aux Etats généraux. Il s'opposa à la réunion des trois ordres, et, le 19 juin, proposa :

« 1° de vérifier les pouvoirs de la chambre du clergé et de sa constitution en chambre active ;
2° de persévérer dans l'adhésion pure et simple du plan conciliatoire proposé par les commissaires du roi ;
3° de communiquer la présente délibération aux ordres du tiers et de la noblesse
4° d'envoyer une députation au roi pour le supplier de s'occuper, dans sa sagesse, des moyens d'établir une correspondance entre les trois ordres des Etats généraux. »

135 voix approuvèrent cette proposition, 127 votèrent la vérification en commun, et 12 se joignirent à ces dernières avec quelques réserves; la motion, repoussée à 4 voix de majorité, valut à M. de Juigné une prompte impopularité ; le 24 juin, sa voiture fut poursuivie à coups de pierres, et les manifestations hostiles redoublèrent. Le 27, il se décida à se réunir au tiers, et son adhésion fut saluée par les acclamations générales de l'assemblée.

À l'issue de la nuit du 4 août, il proposa de chanter un Te Deum de réjouissance, et, le 11, il renonça aux dîmes ecclésiastiques :

« Au nom de mes confrères, dit-il, au nom de mes coopérateurs et de tous les membres du clergé qui appartiennent à cette auguste Assemblée, nous remettons les dîmes ecclésiastiques entre les mains d'une nation juste et généreuse. Que l'Evangile soit annoncé, que le culte divin soit célébré avec décence et dignité, que les églises soient pourvues de pasteurs vertueux et zélés ; que les pauvres du peuple soient secourus, voilà la destination de nos dîmes, voilà la fin de notre ministère et de nos vœux. Nous nous confions dans l'Assemblée nationale, et nous ne doutons pas qu'elle ne nous procure les moyens de remplir dignement des objets aussi respectables et aussi sacrés. » (On applaudit.)

Le 20 septembre, il offrit l'argenterie des églises, et, le 14 avril 1790, envoya à l'Assemblée son serment civique. Puis, effrayé de la marche des événements, il obtint du roi l'autorisation de quitter la France et se retira à Chambéry. De là, il publia un mandement contre l'élection de Gobel au siège métropolitain, et fut dénoncé pour ce fait, le 31 mars 1791, au directoire du département de Paris.

En 1791, on lui reprocha de continuer à nommer aux canonicats vacants de nouveaux titulaires, bien qu'il fût émigré. Il s'était déjà réfugié à Constance; de Schaffouse, on l'accusa devant la Convention (15 mars 1795) de diriger à Constance le bureau d'espionnage autrichien contre la France.

Le succès des armées françaises l'obligea (1799) à quitter cette résidence, pour accepter l'asile que lui offrit à Augsbourg l'électeur de Trêves.

Il remit sans difficulté au pape sa démission d'archevêque au moment de la conclusion du Concordat, rentra en France en 1802, vécut dans sa famille, s'adonna à l'étude, et entretint avec son successeur au siège de Paris, M. de Belloy, les meilleures relations.

L'empereur le nomma, le 21 mars 1808, chanoine du chapitre impérial de Saint-Denis, et le créa comte de l'Empire le 7 juin 1808.

On a de lui un Rituel (Châlons, 1776), qui, attaqué par les Jansénistes, fut dénoncé au parlement le 19 décembre 1786, et réimprimé la même année, avec de notables changements, sous le titre de Pastoral de Paris.

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