Amédée Brousset

1905 - 1972

Informations générales
  • Né le 5 juin 1905 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 13 août 1972 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 7 janvier 1963 au 2 avril 1967
Département
Paris
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT

Biographies

Biographie de la Ve République

BROUSSET (Amédée, Emmanuel, Alexandre)
Né le 5 juin 1905 à Angers (Maine-et-Loire).
Décédé le 13 août 1972 à Paris

Député de la Seine de 1963 à 1967

Amédée Brousset est né le 5 juin 1905 à Angers (Maine-et-Loire). Après des études secondaires au lycée David d’Angers, il obtient son baccalauréat et entre à l’Ecole de commerce et de représentation de Paris. Il effectue son service militaire à l’Ecole de cavalerie de Saumur (promotion 1926), puis entame une longue et remarquable carrière dans l’administration coloniale. Nommé commis stagiaire des services civils de l’Afrique Occidentale Française (AOF) le 6 février 1928, il devient administrateur adjoint des colonies en septembre 1942, puis administrateur en chef des colonies le 1er juillet 1945. Il est finalement reclassé administrateur de la France d’Outre-Mer (FOM) le 5 janvier 1951.
Ce succès professionnel est lié à ses activités de résistant de la première heure. Au moment de l’armistice de 1940, il se trouve en effet à Brazzaville, où il rejoint immédiatement le général de Gaulle. Il prend une part active au ralliement de l’AEF à ce dernier, les 26-29 août 1940. Il forme ensuite une compagnie de soldats noirs, intégrée au Premier bataillon de marche, en prend le commandement et participe à sa tête aux opérations militaires au Gabon. Sa fidélité gaulliste et son courage l’amènent à combattre sur tous les fronts dans les rangs de la France Libre. En Syrie, le 15 juin 1941, il est blessé, à la tête de ses hommes, lors de l’attaque du Djebel-el-Kelb. Il se distingue ensuite en Tunisie à la direction du 2ème Bureau de la 1ère Division française libre (DFL), combat en Italie en 1943 et en France pendant la Libération. Cet engagement gaulliste ne lui vaut pas que distinctions et décorations (Compagnon de la Libération, croix de la Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945 et médaille de la Résistance) : il s’attire également l’hostilité du gouvernement de Vichy qui le déchoit de sa nationalité française et le révoque de ses grades et poste par jugement de la cour de Riom le 19 septembre 1942. Il termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel de l’armée blindée de cavalerie.
Gaulliste convaincu, Amédée Brousset entre en politique à la Libération. Il est conseiller municipal et conseiller général de Paris de 1947 à 1953. Il remplit même le mandat de vice-président du Conseil municipal de Paris en 1951-1952. Après cette première expérience politique, il reprend du service aux colonies, comme administrateur de la FOM au Sénégal et en Côte-d’Ivoire de 1953 à 1961. On sait malheureusement peu de choses de l’homme : sportif (il pratique l’équitation et la natation), cultivé (il crée en Afrique un théâtre et participe ainsi pleinement à la politique culturelle de la France), il avouait un goût particulier pour la forêt de Fontainebleau, où il aimait flâner.
Sa carrière de député s’ouvre à la faveur de la nomination de Jean Sainteny au ministère des anciens combattants et victimes de guerre en décembre 1962. Membre de l’UNR-UDT, Amédée Brousset est en effet le suppléant du nouveau ministre, compagnon de la Libération et grand résistant comme lui. Jean Sainteny avait été élu dans la 2ème circonscription de Paris, au second tour lors des élections législatives du 18-25 novembre 1962 par 21 061 voix (34,9% des inscrits) contre son adversaire communiste Pierre Mialet qui ne rassemblait que 26% des inscrits (15 271 voix pour 60 311 inscrits et 39 768 votants au second tour).
Devenu député, Amédée Brousset remplit son mandat avec conscience jusqu’en 1967. Membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration de la République, il rapporte sur plus d’une vingtaine de projets de loi, en matière coloniale où il peut déployer pleinement ses compétences, mais aussi à propos de l’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon (juin 1965) ou de l’organisation de la police nationale (juin 1966). Ses savoir-faire juridiques et administratifs lui permettent d’être également membre de plusieurs commissions paritaires qui travaillent sur des dossiers techniques comme le fonctionnement et la procédure de la Cour de sûreté de l’Etat (février 1963), le statut de certains personnels de la navigation aérienne (juin 1964), le statut général des fonctionnaires (ordonnance n°59-244 du 4 février 1959), les questions relatives à l’amnistie (juin 1966), les sociétés commerciales (juin 1966), l’organisation de la région parisienne (décembre 1966), la loi relative aux communautés urbaines (décembre 1966) et le code électoral (décembre 1966). Le 30 juin 1966, il rapporte sur un projet de loi relatif à la modification de plusieurs articles du code pénal (articles 16, 21 et 680) portant sur l’organisation de la police nationale. Il est également l’auteur de trois propositions de lois : en vue de la modification des indemnités accordées aux travailleurs du bâtiment et des travaux publics en cas d’intempérie (mai 1964), sur l’extension à certains territoires d’Outre-Mer des dispositions du code du travail maritime (juin 1965) et en vue de l’institution d’un ordre professionnel des arts appliqués, en novembre 1966. Pendant son mandat, il est également chargé de mission au Plan pour étudier le transfert des Halles de Paris à Rungis, effectué finalement en 1969.
En mars 1967, le siège de la 2ème circonscription de la Seine est perdu au profit du Républicain indépendant Jacques Dominati, mais Amédée Brousset ne s’est pas représenté. Il reprend le cours de sa carrière dans l’administration d’Outre-Mer, lui qui fut dans sa jeunesse élève-auditeur de l’ENFOM. Il devient ainsi conseiller de la nouvelle République gabonaise entre 1967 et 1970, puis conseiller du Président de l’Organisation commune africaine, malgache, mauricienne (OCAM) de 1970 à 1972.
Il s’éteint le 13 août 1972 à Paris, et est inhumé à Nantes.

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