Michel Gérard

1737 - 1815

Informations générales
  • Né le 2 juillet 1737 à Saint-Martin-des-Vignes (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 6 décembre 1815 à Montgermont (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 17 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Rennes - Bretagne (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Saint-Martin (Ille-et-Vilaine) le 2 juillet 1737, mort à Montgermont (Ille-et-Vilaine) le 6 décembre 1815, d'une famille de cultivateurs et d'ouvriers aisés de la paroisse Saint-Martin des Vignes au faubourg de Rennes, il était « fils d'honorable homme Michel Gérard et de dame Marie Noblet ».

Lui-même était cultivateur à Tuel-en-Montgermont et très populaire dans la contrée, quand il fut élu (17 avril 1789) par la sénéchaussée de Rennes député du tiers aux Etats-Généraux. Il se rendit à Versailles, siégea dans l'Assemblée en habit de laboureur et fut, sous le nom de Père Gérard, un des types légendaires de la Constituante, bien qu'en somme son influence personnelle ait été faible et qu'il n'ait pris que peu de part aux délibérations. Mais son costume eut un vif succès, et les Jacobins, dont il faisait partie, prirent de lui la veste et les cheveux plats.

Dans le défilé général de la députation rendant visite au roi Michel Gérard attira l'attention de Louis XVI, qui lui dit : « Bonjour, mon bonhomme. » « A partir de ce jour, écrit M. R. Kerviler, il fut de bonne prise pour la chronique et pour les chroniqueurs. » Collot d'Herbois lui emprunta son nom pour publier, en 1792, le célèbre Almanach du Père Gérard, qui eut dans l'année plusieurs éditions et dont le titre a été repris de nos jours par un journal destiné aux campagnes. Des pamphlets royalistes furent aussi publiés sous son nom, comme si des deux côtés on eût voulu s'approprier sa personne.

Gérard suivit généralement dans ses votes les inspirations de Lechapelier. Il aborda parfois la tribune : le 11 décembre 1789, pour demander la suppression des droits de détail sur les vins et eaux-de-vie, et non de bétail, comme l'ont imprimé les Tables du Moniteur ; le 1er mars 1790, pour réclamer l'abolition des droits des banalités ; le 22 juin, pour proposer la suspension de l'indemnité des députés absents, etc. Il proposa aussi une augmentation du traitement des curés de campagne ; enfin, lors de la révision de la Constitution, il vota pour que nul ne fût électeur qu'à la condition de payer une imposition équivalente à quarante journées de travail. Les opinions du père Gérard étaient avidement recueillies par la chronique, et le théâtre même s'empara de son personnage.

Le Retour du père Gérard à sa ferme, comédie en un acte et en prose, fut représenté à Paris sur le théâtre de Molière, le 31 octobre 1791. Après la session, Michel Gérard ne joua plus aucun rôle politique. Il se retira à Montgermont, où il mourut en 1815.

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