Claude, Etienne Téallier

1759 - 1791

Informations générales
  • Né le 1er août 1759 à Trézioux (Puy-de-Dôme - France)
  • Décédé le 17 novembre 1791 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 8 septembre 1791 au 17 novembre 1791
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

député en 1791, né à Trézioux (Puy-de-Dôme) le 1er août 1759, mort à Paris le 17 novembre 1791, fils de Claude Téallier et de Marie du Bien, appartenait à une famille de haute bourgeoisie anoblie au commencement du XVIIIe siècle par l'acquisition d'une charge de secrétaire du roi, et par des charges d'échevinage à Clermont-Ferrand. Claude-Etienne fit son droit à Riom, fut reçu licencié à Avignon (27 mai 1783), puis acquit la pratique juridique à Paris, dans le cabinet de M. Reynier, avocat au parlement. Là, il se lia avec plusieurs de ses compatriotes. Gaultier de Biauzat, Favard de Langlade, de Seyoul, Gibergues, Roy, Portal, Cambacérès, etc., qui jouèrent plus tard des rôles marquants. En 1785, par l'entremise de son oncle, chanoine de Saint-Cerneuf, il acheta, pour 2,000 livres, la charge de bailli d'Oliergues, dans les montagnes d'Auvergne, et vint se fixer dans cette petite ville. Pendant un voyage qu'il fit à Paris, son père, qu'il avait laissé dans sa maison d'Oliergnes fut assassiné par des gens contre lesquels le fils avait ou à sévir comme bailli, et qui jetèrent le cadavre dans la Dore: ce crime resta d'ailleurs impuni dans l'effervescence qui régnait alors. Quelque temps après, Téallier épousa Mlle de la Brosse, fille du seigneur de plusieurs paroisses voisines, alla résider à Courpière (1790), puis, nommé membre du directoire du département, vint avec sa famille habiter Clermont, et, le S septembre 1791, fut élu député du Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative, le 5e sur 11, par 376 voix sur 517 votants. Il siégea parmi les modérés, et fut présenté à la reine qui cherchait alors à recruter des adhérents à la cause royale. Sa femme ne pouvant le rejoindre qu'au printemps, il lui communiqua ses impressions dans des lettres curieuses, dont nous devons l'obligeante communication à la piété filiale de sa petite-fille, dernière survivante du nom. « Nos prédécesseurs, écrivait-il le 30 septembre 1791, ont fait aujourd'hui la clôture. Le Roy est venu à l'Assemblée et a protesté que son acceptation était libre, qu'il l'avait notifiée par ses ambassadeurs aux puissances de l'Europe, On a couvert le Roy d'applaudissements, mais quelques scélérats ont voulu empoisonner la joie publique, on a fait des folies pour Pétion et pour Robespierre; le public a voulu mener leur voiture ; ils ont eu beaucoup de peine à se dérober à l'ivresse d'une multitude qui a été salariée.... Nous habitons hôtel de la Reine, rue de Beaune; nos chambres coûtent deux louis par mois. Cuel, mon collègue du Puy-de-Dôme, est un aimable jeune homme qui m'a fait faire la connaissance d'un député de Paris, M. Ramond de Carbonnières, homme de beaucoup d'esprit, dans les meilleurs principes. Sur 24 de cette députation, 19 sont modérés, 5 très enragés. » - Du 11 octobre: « L'Assemblée est composée d'un trop grand nombre d'écervelés qui se croient les premiers législateurs du monde, et qui proposent sans cesse des sottises et font du tapage de manière à rendre difficiles toutes les délibérations. Les ministres furent mandés hier pour rendre compte à l'Assemblée de la situation du royaume. Les clubistes les interrogèrent à peu près comme autrefois les criminels sur la sellette. Cette rage ennuie les Parisiens, l'opinion prononce contre eux; je sais de bon compte que le peuple n'a pas tort. Si nous ne devenions pas plus sages, je crois qu'il ne tarderait pas à manifester son mécontentement. Garde-toi de penser que le peuple soit ennemi de la Révolution; il la chérit. C'est parce qu'il la veut maintenir qu'il veut la nécessité d'un concert entre les doux pouvoirs. Plus de 200 de nos collègues se sont abîmés dans les gouffres des Jacobins. Nous sommes plus de 200 réunis pour provoquer la formation d'un club modéré, où s'entendre. Nous triompherons, je l'espère ; nous sommes plus forts que les enragés...

« Nous allons nous occuper de régler par quel office civil seront faits les actes de sépulture et batistaires. Ceux de mariage consistent déjà dans une déclaration à la municipalité ; tu sens ce que cela pourra donner d'aisance à ceux qui ne veulent pas des jureurs (prêtres assermentés).»

Du 17: « Nous apprenons de toute part des émigrations de gentilhommes qui vont à Coblentz; la brigade d'Auvergne y est toute entière, ceci est fâcheux, mais n'inspire pas encore de crainte tant que ces chevaliers n'auront pas d'autres ressources que les leurs.... Tu peux être tranquille, je ne suis encore d'aucun comité; assez de gens parlent déjà, il n'y a que grand honneur à se passer de les imiter.»

Du 25: « Les clubistes nous dépassent ; l'Assemblée serait excellente si elle pouvait vomir de son sein une centaine de ses membres. Cette canaille ne nous fera pas rendre de mauvais décrets, mais elle nous fait perdre notre temps en employant des séances entières à des discussions puériles, L'affaire des prêtres pourra, je l'espère, prendre bonne tournure, il y aura, je crois, de la liberté pour tout le monde, et défense aux jureurs d'inquiéter les autres, aux non jureurs de troubler les premiers.... Le Roy de Prusse a répondu qu'avant l'acceptation du Roy ses armées étaient à son service ; mais qu'avant accepté il ne se mêlait plus de la querelle ! »

De la fin d'octobre : « Ah ! ma chère amie, quelle séance ! quel effroyable tripot que cette Assemblée. Ces enragés nous conduisent aux abîmes; mais, sois tranquille, tu n'auras pas la honte de voir ton mari avec eux ; ils démasquent leurs batteries; plusieurs de mes collègues m'engagèrent de nouveau à prendre la parole, et approuvèrent mon discours. Quelques Montagnards ayant proposé d'otter au Roy son fauteuil, et le titre de Majesté, pendant une heure j'ai fait assaut de poitrine avec le tonnerre de Danton, leur organe. (M. (nom illisible) devait me soutenir). Ses rugissement.-; ont rempli la salle. En vain les modérés ont essayé de maintenir l'ordre, les autres sont sortis de la séance en tumulte, ont été acclamés par une ignoble tourbe ; on a arrêté une voiture de la Reine qui passait, les chevaux ont été dételés, et Danton, hissé dessus, a été promené en triomphe. »

« M. de Bonal (évêque de Clermont), m'a dit que le serment des prêtres tel qu'on le propose ne peut être accepté. Il m'a engagé a soutenir cette cause; je le reverrai avant de parler. Je suis accablé de travail et d'affaires, profondément triste. »

Le 2 novembre, M. Téallier était atteint d'une indisposition qui paraissait légère ; le médecin girondin qui le soignait et qui diagnostiqua une fièvre typhoïde, contrairement à l'opinion du médecin du Roy, fut accusé de l'avoir empoisonné; M. Téallier était considéré comme hostile aux Girondins. Il mourut, assisté à ses derniers moments par l'évêque de Clermont ; ses obsèques eurent lieu à Saint-Germain-des-Prés ; l'acte d'inhumation est signé de Teyrac de Grandval (son oncle), Cuel, son collègue, Yves Audrein, Marie, Antoine Elie, Marmet, Thévenin, Gibergues, Romme, Col, Raucourt, de Soubrany, de Leyval.


Retour haut de page