Jean-Baptiste, Annibal Aubert du Bayet

1757 - 1797

Informations générales
  • Né le 19 août 1757 à Baton rouge (Etat-unis)
  • Décédé le 7 décembre 1797 à Istamboul (Turquie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 8 juillet 1792 au 22 juillet 1792

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 28 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Isère
Groupe
Majorité réformatrice

Fonds d'archives

Le fonds général Aubert-Dubayet, conservé aux Archives nationales, couvre a période 1795-1797 et représente 5 centimètres linéaires. Les documents sont cotés en 170 AP et sont décrits dans un répertoire numérique. Ils ont été partiellement donnés par les Archives départementales de l’Ain en 1955. Une partie des documents a fait l’objet de plusieurs achats entre 1955 et 2000. Les documents sont librement communicables.
Le fonds se divise en deux parties, l’une comprend sa correspondance professionnelle, la seconde sa correspondance personnelle.
De plus amples renseignements sur ce fonds sont disponibles sur le site Internet desArchives nationales.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de l'Isère à l'Assemblée législative de 1791, né à la Louisiane (Etats-Unis), le 29 août 1759, mort à Constantinople, le 17 décembre 1797, il s'engagea jeune encore dans le régiment de Bourbonnais.

Sous-lieutenant en 1780, il partit pour l'Amérique, devint capitaine pendant la guerre de l'Indépendance.

De retour en France, enthousiaste des idées de 89, il créa à Grenoble la première Société populaire qui ait existé en France, et fut élu député de 1'Isère, le 28 août 1791, par 312 voix sur 530 votants. Il proposa, à la séance du 22 octobre, que le roi demandât aux puissances étrangères de désarmer et de dissoudre les corps d'émigrés ; le 19 avril 1792, il conseilla l'alliance avec l'Angleterre et la Suisse contre l'Autriche.

Président de l'Assemblée pendant le mois de juillet, il se fit remarquer par sa fermeté et son impartialité.

Opposé tour à tour aux Girondins et aux anarchistes, il lutta constamment contre l'intervention des fédérés, empêcha la destruction des anciens drapeaux, se montra favorable au divorce « pour conserver, dit-il, dans le mariage, cette quiétude heureuse qui rend les sentiments plus vifs ; désormais il ne sera plus une chaîne, mais l'acquit d'une dette agréable envers la patrie. » Après le 10 août, il vota systématiquement contre la minorité terroriste de l'Assemblée.

Il reprit du service, à la fin de la législature, et, le 2 avril 1793, il était général de brigade. Envoyé à Mayence, il fut décrété d'arrestation après la capitulation, la Convention n'admettant pas que, même après un blocus de huit mois et le sacrifice de 30 000 hommes sans secours, une place tenue par des Français dût se rendre. Mis en liberté sur la caution de Thuriot et de Merlin de Thionville, il écrivait de Sarre-libre, le 30 juillet an II, à la Convention : « Citoyens représentants, après avoir fourni une carrière pénible et dangereuse, je viens de remplir une tâche bien précieuse à mon cœur : j'ai ramené dans ma patrie 8 000 soldats courageux et fidèles. J'ai escorté les représentants du peuple Rewbell et Merlin, les commissaires du pouvoir exécutif et tous ces hommes intéressants et malheureux que la colère des petits despotes avait destinés aux plus sanglantes vengeances, etc. »

Admis à la barre de la Convention le 7 août suivant, il se défendit avec courage et fit décréter à l'unanimité que les Mayençais avaient bien mérité de la patrie.

On le laissa à leur tête, lorsqu'on les envoya en Vendée, la capitulation de Mayence leur interdisant de servir avant un an contre les armées de la coalition. Battu d'abord à Clisson, Aubert Du Bayet recevait sa destitution au moment même où il gagnait une autre bataille, et dut se rendre à Paris comme suspect ; les Jacobins obtinrent son emprisonnement à l'Abbaye ; mais le 9 Thermidor lui sauva la vie, et le rendit à la liberté.

Il se retira à Grenoble pour y vivre dans l'étude ; la nostalgie des camps le reprit bientôt, et, en plein hiver (1794), il vint demander à Kléber, alors devant Mayence, de servir comme simple volontaire. Ses services furent acceptés, mais en qualité de commandant en chef de l'armée des côtes de Cherbourg (16 pluviôse an III), où, de concert avec le général Hoche, il contribua, par de nombreux succès militaires, à la pacification.

Nommé ministre de la guerre après le 13 vendémiaire Aubert Du Bayet remit de l'ordre dans l'administration, mais, en lutte avec le directeur Carnot, il préféra donner sa démission au bout de quatre mois, en échange de l'ambassade de Constantinople (19 pluviôse an IV). A cette occasion, il écrivait à un ami, le 3e jour complémentaire de l'an IV, qu'il tenait à se présenter pompeusement devant le sultan : « il faut que les Russes, les Allemands et ces insolents Anglais voient de quelle manière les bons Musulmans reçoivent un ambassadeur républicain français. »

De fait, par son attitude et par la suite nombreuse qu'il amena, il restaura à Constantinople le prestige de la France et jouit du plus grand crédit au sérail. Malheureusement pour notre influence en Orient, une fièvre maligne l'emporta quinze mois seulement après son arrivée.


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