André, Antoine Bernard de Saintes

1751 - 1818

Informations générales
  • Né le 21 juin 1751 à Cormes-Royal (Charente-Inférieure - France)
  • Décédé le 19 octobre 1818 à Funchal (Portugal)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 2 septembre 1794 au 22 septembre 1794

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 5 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative et membre de la Convention nationale, né à Corme-Royal (Charente-Inférieure), le 21 juin 1751, mort en Amérique en 1819.

Il était commandant de la garde nationale de Saintes, et présidait le tribunal de cette ville, lorsqu'il fut envoyé à l'Assemblée législative par les électeurs de la Charente-Inférieure avec 324 voix sur 523 votants. Il siégea dans la majorité, et réclama un décret d'accusation contre Lajard, ministre de la guerre.

Nommé, le 4 septembre 1792, membre de la Convention par son département (431 voix sur 582 votants), il se rangea parmi les Montagnards et vota la mort de Louis XVI :
« Quand la loi a parlé, répondit-il au premier appel nominal, je ne sais que m'y soumettre; elle m'a ordonné de juger Louis ; elle m'a ordonné de déclarer si je le crois coupable ; sous quelque qualité qu'on me considère, comme je suis certain que jamais on ne m'ôtera celle d'homme de bien, je réponds oui. »
Et au 3e appel :
« Comme je ne crois pas que la conservation d'un ex-roi soit propre a faire oublier la royauté, comme je suis intimement convaincu que le plus grand service à rendre au genre humain c'est de délivrer la terre des monstres qui la dévorent, je vote la mort du tyran dans le plus bref délai. »

Il fit ensuite partie du comité de sûreté générale, et fut envoyé successivement en mission dans le Jura et dans la Côte-d'Or.

Il s'était donné le surnom de « Pioche-fer » pour bien attester la rigidité de ses principes.

Après la prise de Lyon, il eut l'idée d'annexer à la France la principauté de Montbéliard, qui appartenait à la maison de Wurtemberg : « Je me sers d'un papier de deuil trouvé dans le château du duc de Wurtemberg, écrit-il à la Convention le 10 octobre 1793, pour vous apprendre que la principauté de Montbéliard est conquise à la France. J'y suis entré sans façon, ce matin à six heures, avec le bataillon de nouvelle levée de Dôle ; nous avons pris la ville sans peine et sans user de poudre. » Il imposa les habitants de 400 000 livres, et partit de là pour organiser le département de Mont-Terrible, réuni à la France le 23 mars précédent, sur le vœu des habitants de Porentruy, constitués, dès le 27 novembre 1792, en République de Rauracie. « J'arrive du département du Mont-Terrible, écrit-il le 30 nivôse au II, où, j'ai épuré les autorités constituées... Pour commencer la destruction du fanatisme et verser plus promptement le numéraire dans nos caisses, j'ai autorisé le district de Porentruy à échanger contre du numéraire les calices, pour que les citoyens puissent se servir à leur tour de ces saints gobelets ; les membres de la commission extraordinaire et moi nous avons donné l'exemple ; il a de suite trouvé des imitateurs qui boivent gaiement et sans craindre le châtiment céleste dans cette coupe jadis divine. Ainsi tomberont le fanatisme et le mensonge; ainsi la coupe consacrée à l'imposture servira à porter des santés à la République et à ses défenseurs... »

A Dijon, il fit arrêter et traduire devant le tribunal révolutionnaire plusieurs « aristocrates » de cette ville. Il remplit aussi une mission dans l'Eure, et par mesure expéditive, envoyait guillotiner les suspects à Paris : « Dépêche-toi de les faire partir pour Paris, écrivait-il au commissaire national du district d'Evreux, il ne faut pas laisser vivre les scélérats ni jeûner la guillotine. »

A son retour il devint secrétaire de la Convention.

Après le 9 thermidor, Tallien le fit écarter du Comité de salut public, comme avant des attaches avec le parti de Robespierre. Il n'en devint pas moins président de la Convention, et répondit favorablement à plusieurs députations de Jacobins qui étaient venues se plaindre de l'incarcération des patriotes et de la mise en liberté des aristocrates.

Ses antécédents par trop révolutionnaires déterminèrent, en 1795, son arrestation, décrétée sur la motion de Gouly, et contre laquelle il réclama vainement à la suite des événements de prairial (Bernard de Saintes, représentant du peuple, à la Convention nationale, in-8°). Il ne dut son élargissement qu'à l'amnistie du 4 brumaire an IV.

Sous l'Empire, il fut avocat près la cour criminelle de son département.

Forcé en 1816 de quitter la France comme régicide, il se réfugia en Belgique et y créa un journal démocratique, le Surveillant ; mais bientôt le gouvernement hollandais l'ayant expulsé, il s'embarqua pour les Etats-Unis, fit naufrage sur les côtes de Madère, et put arriver cependant en Amérique, où il mourut deux ans après.


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