André Dumont

1764 - 1838

Informations générales
  • Né le 24 mai 1764 à Oisemont (Somme - France)
  • Décédé le 21 octobre 1838 à Abbeville (Somme - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 22 septembre 1794 au 7 octobre 1794

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Somme
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 4 septembre 1797
Département
Somme
Groupe
Majorité

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député aux Cinq-Cents, né à Oisemont (Somme) le 24 mai 1764, mort à Abbeville (Somme) le 21 octobre 1838, il était fils de Jean-Charles-Nicolas Dumont, conseiller du roi, juge royal du pays de Vimeu, savant jurisconsulte. Il suivit la carrière du barreau, salua avec enthousiasme la Révolution, et fut, en 1789, nommé maire de la commune d'Oisemont.

Elu, en 1790, administrateur du département de la Somme, en 1791 administrateur du district d'Amiens, il fut, le 8 septembre 1792, envoyé à la Convention, par le département de la Somme, le 7e sur 17, avec 365 voix sur 493 votants.

Il alla siéger au côté gauche, et vota avec la Montagne.

Au 3e appel nominal, dans le jugement de Louis XVI, il répondit : « C'est faire beaucoup d'honneur à Louis de le regarder comme citoyen. Les citoyens conspirateurs sont punis de mort. Je vote pour la mort. »

Dans la séance du 30 juin 1793, il proposa l'arrestation des députés de l'Aisne qui avaient protesté contre la journée du 31 mai ; la motion fut ajournée.

Envoyé (septembre 1793) en mission dans la Somme, il annonça en ces termes l'arrestation des administrateurs de ce département, de 64 prêtres, de l'évêque d'Amiens, Desbois, d'un certain nombre d'autres ecclésiastiques, et de quantité d'Anglais : « J'ai fait lier deux à deux ces cinq douzaines d'animaux, de bêtes noires; elles ont été exposées à la risée publique sous la garde des comédiens, et ensuite incarcérées. » Dans le même rapport, il appelait Louis XVI Louis le raccourci. Le 20 septembre, il écrivit à la Convention pour lui dépeindre la terreur dont étaient frappés les « traîtres de la Somme ». Le 1er octobre, il mande d'Abbeville : « Quarante-quatre charrettes ont emmené devant moi les personnes que j'ai fait arrêter, conformément à la loi. » le 4 octobre, il adressa à la Convention nationale une nouvelle lettre datée d'Abbeville, annonçant la découverte de « nouveaux dépôts d'or, d'argent et de vaisselle dans un souterrain seigneurial, l'arrestation d'Elisabeth Pitt, parente de l'infâme Pitt, et celle du beau-frère du roi d'Angleterre. » Mais il fut reconnu plus tard qu'il avait exagéré son énergie et sa sévérité dans ses lettres dont le style ressemble beaucoup à celui du père Duchesne.

En octobre 1793, ses pouvoirs furent étendus aux départements de l'Oise et du Pas-de-Calais. Il continua à faire la guerre au fanatisme religieux par « l'ironie». « La vigueur, écrivait-il le 18 pluviôse an II, que je mets à repousser l'imposture et à terrasser les marchands d'orémus doit vous assurer que vous n'avez rien à craindre. » Il organisa dans la cathédrale de Noyon des bals patriotiques où les dragons faisaient danser les bourgeoises et les cuisinières.

Le 18 messidor an II, il fut nommé secrétaire de la Convention. Dans la séance permanente du 9 thermidor, il attaqua Robespierre le jeune, dénonça de prétendus vols qu'il aurait commis à l'armée d'Italie avec Hermann et Lahue; le 13, il dénonça David comme « ami de Robespierre ».

Elu, le 14, membre du Comité de sûreté générale, il demanda l'arrestation de Lebon, fut, le 1er vendémiaire, élu président de la Convention, et entra, le 13 frimaire, au Comité de salut public. Il fit à ce moment une guerre acharnée aux Jacobins, et jura une guerre à mort aux « buveurs de sang » ; il s'opposa à l'impression des papiers trouvés chez Robespierre, s'éleva avec violence contre les membres des anciens comités révolutionnaires, fit rapporter le décret relatif à la célébration de l'anniversaire du 31 mai, et déclara qu'il fallait « frapper indistinctement les terroristes et les royalistes. »

Accusé à son tour de terrorisme pour la façon dont il avait rempli sa mission dans la Somme, le Pas-de-Calais et l'Oise, il fit de sa conduite dans ces départements un exposé justificatif, d'où il résulte que les comptes rendus qu'il avait adressés par lettres à la Convention avaient dû être singulièrement grossis. Pour ne citer qu'un argument de sa défense, les curés, qu'il traitait de « bêtes noires », n'avaient pas été jugés, et en avaient été quittes pour la peur. Il est d'autre part constant que son frère Charles-Henri Frédéric Dumont, connu sous le nom de Dumont de Sainte-Croix, obtint de lui l'éloignement d'un certain nombre de nobles.

Le 12 germinal, André Dumont occupa provisoirement le fauteuil ; il s'efforça de calmer le peuple envahissant l'Assemblée; dit « que la Convention ne pouvait délibérer si elle n'était pas libre », et usa de tous les moyens de persuasion pour engager les sections à se retirer ; puis il prit l'initiative des mesures de réaction, provoqua la déportation des trois brigands du Comité de salut public, Chasles, Choudieu et Foussedoire ; fit décréter d'arrestation Huguet et Ruamps, dénonça Prieur, Thuriot, et d'autres montagnards, réclama le désarmement des sections de Paris, et un nouveau rapport sur la conspiration de germinal. Le 1er prairial, il s'élança au fauteuil, où il fut remplacé par Boissy d'Anglas, déclarant « qu'il mourrait plutôt que de ne pas faire respecter la Convention », invitant les « bons citoyens » à évacuer les tribunes. Puis il demanda la mise à mort de l'assassin de Riffet, l'arrestation de Prieur, le désarmement des terroristes, la mise hors la loi de Cambon et de Thuriot, et fit décréter d'accusation les députés arrêtés au 12 germinal. Le 4 prairial, il vota la peine de mort contre les individus porteurs d'un signe de ralliement, proposa de bombarder les « révoltés », et demanda l'exécution entière du décret rendu contre eux. Le 17 thermidor, il s'opposa à l'exclusion des prêtres des fonctions publiques. Avant la dissolution de la Convention, il signala son zèle thermidorien par la proposition de placer à Versailles le siège de 1'un des deux Conseils dont le Corps législatif devait se composer aux termes de la Constitution de l'an III, et par de nouvelles dénonciations dirigées contre Lacoste et Barrère.

Elu, le 23 vendémiaire an IV, député de la Somme au Conseil des Cinq-Cents, par 254 voix sur 293 votants, il demanda le rapport du décret rendu contre Miranda, interpella Tallien dénonçant de « nouveaux réacteurs », et demanda qu'on donnât aux administrateurs destitués le moyen de prouver leur innocence.

Il sortit du Conseil des Cinq-Cents en 1797.

Après le 18 brumaire, Bonaparte le nomma à la sous-préfecture d'Abbeville, le 14 germinal an VIII ; il y resta jusqu'à la première Restauration, et devint préfet du Pas-de-Calais pendant les Cent-Jours.

Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 6 mai 1815, confirmé par l'ordonnance du 28 novembre 1831.

Atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il fut obligé de quitter la France.

Après la révolution de 1830, il revint se fixer à Abbeville, où il mourut.

On a de lui : Manuel des assemblées primaires et électorales de France (1797).

Date de mise à jour: juin 2013


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