Isaac, René, Guy Le Chapelier

1754 - 1794

Informations générales
  • Né le 12 juin 1754 à Rennes (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 22 avril 1794 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 3 août 1789 au 17 août 1789

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 17 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Rennes - Bretagne (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 12 juin 1754, exécuté à Paris le 22 avril 1794, d'une vieille famille de magistrats bretons vivant noblement dès le XVIe siècle, et anoblie en 1769, il était le second des quatre enfants de Guy-Charles Le Chapelier, sieur du Plessis, bâtonnier de l'ordre des avocats de Rennes et avocat-conseil des Etats de Bretagne, et de Madeleine-Olive Chambon de la Jariais.

Reçu avocat de bonne heure, Isaac René Guy acquit bientôt de la réputation, et fut mêlé aux évènements qui précédèrent en Bretagne l'élection des députés aux états généraux, auxquels il fut élu lui-même, le 17 avril 1789, comme député du tiers état de la sénéchaussée de Rennes. Ardent partisan des réformes, il fut l'un des fondateurs du club breton, réclama, le 13 mai, la vérification des pouvoirs en commun, et demanda qu'on ne reconnût comme représentants que ceux dont les pouvoirs auraient été vérifiés en assemblée générale. Le 17 juin, il proposa de mettre les créanciers de l'Etat sous la sauvegarde de l'honneur et de la loyauté du peuple français, et de nommer une commission chargée de soulager de suite la misère du peuple. Le 20, il prêta le serment du Jeu de Paume.

Elu secrétaire de l'Assemblée le 3 juillet, il parla, le 18, sur « la nécessité d'armer les citoyens », fut nommé, le 20, membre du comité de constitution, et, le 3 août, fut appelé à présider l'Assemblée, sur le refus de Thouret, élu avant lui. A cette occasion, la municipalité de Rennes donna le nom de Le Chapelier à la place Neuve.

La première séance qu'il présida fut celle de la nuit du 4 août, et ce fut lui qui présenta à Louis XVI, le 13, à Versailles, les décrets pris à la suite de cette nuit mémorable, et entre autres celui qui décernait au roi le titre de « Restaurateur de la liberté française ».

Le Chapelier prit ensuite une part des plus actives aux travaux de l'Assemblée ; le 14 septembre, il entra au nouveau comité de constitution, et demanda, le 12, à propos des décrets du 4 août, la substitution du mot « promulgation » au mot « sanction ». Reconnu sur la route de Versailles, le 5 octobre, il fut acclamé par la foule qui se rendait au château ; il combattit (2 novembre) la propriété des biens du clergé ; obtint (2 janvier 1790) qu'on enverrait une députation au roi pour lui demander de fixer lui-même le chiffre de sa liste civile ; réclama (28 janvier) le maintien des droits de citoyen aux juifs de Bordeaux ; fit décréter (25 février) l'abolition de l'inégalité des partages ; appuya (2 mars) la formation d'un comité colonial ; vota (5 mai) l'institution des juges par le peuple ; proposa (9 juin) l'abolition de la noblesse et des titres quels qu'ils fussent ; demanda (7 août) la publication des charges contre les députés impliqués dans l'affaire du 6 octobre ; accusa les ministres (20 octobre), et fit décréter que Montmorin seul n'avait pas perdu la confiance de la nation ; vota (21 octobre) pour le drapeau tricolore ; provoqua (1er janvier 1791) un décret sur la liberté des théâtres et sur la propriété des œuvres dramatiques ; fit exempter (22 février) les sexagénaires du service personnel de la garde nationale ; et obtint (4 avril) un décret général sur les honneurs à rendre aux grands hommes. Il parla, le 6 avril, en faveur de la nomination des ministres par le roi, le 29 pour faire autoriser les soldats à assister aux séances des sociétés patriotiques, le 21 mai contre la contrainte par corps contre les députés, le 4 août contre un projet de décret contre les prêtres réfractaires, le 15 sur la faculté à accorder aux ministres de pouvoir présenter des observations au Corps législatif. Le 29 août, il proposa la convocation d'une Convention pour réviser la Constitution en l'an 1800, demanda (25 septembre) la nullité des actes revêtus de titres abolis, et fit rendre un décret, le lendemain, contre ceux qui prendraient ces titres. Tandis que des pamphlets tels que : Vie privée et politique du roi Isaac Le Chapelier, premier du nom et chef des rois de France de la quatrième race, s'efforçaient de miner la haute situation qu'il avait acquise à l'Assemblée, dix-huit graveurs du temps se disputaient l'honneur de reproduire ses traits ; mais sa popularité succomba aussi vite qu'elle avait grandi, lorsqu'il crut nécessaire de résister à l'élan révolutionnaire.

Après la fuite du roi, il quitta le club des Jacobins pour entrer aux Feuillants, réserva les droits électoraux pour les propriétaires seulement, combattit l'indemnité allouée aux députés, et parla contre la déportation en masse des prêtres insermentés, contre la non-rééligibilité des membres de la Constituante à l'Assemblée législative, et contre le droit que s'arrogeaient les clubs d'exercer un contrôle sur l'administration par pétitions, députations on autrement.

De retour au barreau de Rennes après la session, il se fit admettre avec peine dans la « Société des amis de la Constitution » de cette ville, et son entrée provoqua la scission de cent vingt membres.

Obligé d'aller en Angleterre en 1792 pour les affaires de ses clients, il fut considéré comme émigré, fut inquiété comme suspect sous la Terreur, et écrivit à ce sujet au comité de salut public une lettre singulière (26 pluviôse an Il) dans laquelle il offrait d'aller espionner les Anglais. Le comité répondit par un ordre d'arrestation (février 1794). Traduit devant le tribunal révolutionnaire, en même temps que d'Espreménil et Thouret, Le Chapelier fut, comme eux, condamné à mort et exécuté, sous la prévention « d'avoir conspiré depuis 1789 en faveur de la royauté ».

Sa veuve, Marie-Esther de la Marre, se remaria, le 10 nivôse an VIII, avec M. de Corbière, qui fut plus tard ministre de la Restauration.


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