Louis Brunet

1847 - 1905

Informations générales
  • Né le 23 juillet 1847 à Saint-denis-de-la-réunion (La Réunion - France)
  • Décédé le 26 décembre 1905 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
La Réunion
Groupe
Républicain
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
La Réunion
Groupe
Républicain radical
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 26 mars 1905
Département
La Réunion
Groupe
Radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1905 au 1er janvier 1905

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

né le 23 juillet 1847 à Saint-Denis (Réunion), mort le 26 décembre 1905 à Paris.

Député de la Réunion de 1893 à 1905. Sénateur de la Réunion en 1905.

Fils de Charles Brunet qui fut conseiller général de la Réunion, neveu de-Sully Brunet qui représenta la Réunion à l'Assemblée législative de 1830 (voir ROBERT et COUGNY) et père d'Auguste Brunet (voir ci-dessus), Louis Brunet fit ses études classiques dans son île natale. Engagé volontaire dès le début de la guerre de 1870, comme simple soldat, il fit toute la campagne et la termina comme sous-officier. Après la défaite il regagna la Réunion, où il se mêla au mouvement politique de l'époque et fonda divers journaux républicains. Sa collaboration au Ralliement, aux Communes, à la Revue bourbonnaise lui valut une brillante réputation de polémiste.

Dès que les élections municipales furent rétablies, il fut élu maire de Saint-Benoît, importante commune réunionnaise dont il devint, plus tard maire honoraire. Il accéda en même temps au conseil général et présida l'assemblée départementale de 1887 à 1888. En cette qualité, il préconisa la création d'usines coopératives pour les planteurs.

Le prestige dont il jouissait dans son île, l'amena à se présenter aux élections législatives du 3 septembre 1893 dans la 1re circonscription de la Réunion. Il fut élu au premier tour de scrutin par 4.976 voix contre 3.172 à M. Edouard Le Roy, député sortant.

Inscrit au groupe républicain, il appartint à diverses commissions spéciales, dont la Commission chargée de l'examen des projets de loi relatifs aux colonies. Il se montra particulièrement actif. Il interpella le Ministère Casimir Périer sur sa politique générale à Madagascar, et l'ordre du jour qu'il déposa, adopté à l'unanimité, fut à l'origine de l'expédition française dans cette île (1894), dont il dénonça un peu plus tard les nombreuses difficultés qu'elle rencontrait (1894); il préconisa la création d'un Ministère des colonies (1894); réclama la réforme du régime colonial (1895), et prit une part importante à la discussion du budget des colonies des exercices 1895, 1896, 1897 et 1898. Il déposait dans le même temps un projet de résolution tendant à la révision des lois constitutionnelles (1896), et cette même année, une proposition d'organisation de Madagascar en supprimant l'hégémonie hova et en confiant l'administration de chacune des autres peuplades à un Résident particulier. Il recommandait d'encourager les Alsaciens-Lorrains émigrés, les anciens militaires, certains ouvriers de la métropole et certains colons de nos autres possessions, à se rendre à Madagascar, et après y être allé lui-même pour prendre contact avec le général Gallieni, il soumettait à la Chambre un nouveau programme de colonisation d'où devait résulter une réduction importante des frais d'occupation.

Réélu aux élections générales du .8 mai 1898, au premier tour de scrutin, par 5.464 voix contre 3.923 à M. Georges Garros, Il s'inscrivit au groupe Républicain radical progressiste et entra à la Commission des colonies et à la Commission du commerce et de l'industrie. Comme sous la précédente législature, il participa à la discussion du budget des .colonies de chaque exercice, se préoccupant tout spécialement de celui de la Réunion. Il s'intéressa en outre à la défense générale des colonies (1900), et interpella le Gouvernement sur la situation des agents du commissariat et du .service de santé des troupes coloniales (1902), tandis qu'il proposait, la création de ports francs (1902) et l'abolition de la peine de mort (1902).

Il retrouva son siège aux élections générales du 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, sans concurrent par 5.838 voix. Il s'inscrivit au groupe radical-socialiste et entra à la Commission de comptabilité, à celle du suffrage universel, à celle des douanes et à celle des affaires extérieures, des colonies et des protectorats, dont il devint vice-président.

Toujours assidu aux discussions budgétaires, il s'intéressa au service militaire de deux ans lors du vote de la loi sur le recrutement de l'armée (1904), et interpella le Gouvernement à propos de la grève des compagnies subventionnées de navigation (1904). Il demande, par voie de proposition de loi ou de résolution, l'organisation publique et administrative des colonies de la Réunion, de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane, (1902) et l'établissement de tribunaux de commerce dans les colonies (1904). Auteur cette même année, d'une proposition de loi relative à la Haute Cour nationale de justice, tendant à revenir aux principes édictés par l'Assemblée constituante de 1891 : élection, tirage au sort, droit de récusation, il présenta dans son exposé des motifs, d'après des documents inédits, un magistral historique des causes soumises à cette juridiction depuis sa fondation, qui constitue une oeuvre à la fois politique, juridique et littéraire.

Il se présenta avec succès au Sénat, à l'élection partielle qui eut lieu le 8 janvier 1905, pour pourvoir au remplacement de M. Théodore Drouhet, décédé le 18 octobre 1904.

Membre du groupe radical-socialiste, il entra à la Commission des affaires extérieures et des protectorats, dont il devint le premier vice-président. Mais il ne put donner sa mesure à la Haute-Assemblée. La mort l'emporta brutalement, à Paris, le 26 décembre 1905, alors qu'il n'avait que 58 ans.

M. Fayard, Doyen d'âge du Sénat, prononça son éloge funèbre à la séance de rentrée du 9 janvier 1906. « Sa dernière pensée, déclara-t-il, est allée vers son île natale pour laquelle il a laissé les lignes les plus émouvantes, regrettant de ne pas y reposer auprès des siens et faisant un suprême appel à l'union, à la concorde, à l'oubli des divisions politiques. » Ecrivain de talent, Louis Brunet a laissé un grand nombre d'ouvrages : Rifaud de Montaudevert, scènes de la révolution ; L'abbé Dermont, épisode de la commune ; A outrance, recueil de vers sur la guerre de 1870-1871 ; Gambetta (1870-1871); L'histoire de l'Association des francs-créoles de l'Ile Bourbon ; La France à Madagascar, étude historique et politique; Français toujours, de Marseille à Tamatave ; Fille de France ; L'œuvre de la France à Madagascar (en deux volumes) ; etc. Il écrivit également de nombreux articles dans Le Matin, L'Eclaireur, La France, Le Rappel, Le Voltaire, Le National, La France de Bordeaux, Le Petit Marseillais, La Dépêche de Toulouse, etc.

Retour haut de page