Yves, Marie Audrein

1741 - 1800

Informations générales
  • Né le 14 octobre 1741 à Gouarec (Côtes d'Armor - France)
  • Décédé le 19 novembre 1800 à Briec (Finistère - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 3 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Morbihan
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Morbihan
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée Législative de 1791 et membre de la Convention, né à Gouarec (Côtes-du-Nord) en octobre 1741, assassiné à Briec (Finistère), le 19 novembre 1800, il était le fils d'Yves Audrein, marchand de porcs.

Ayant fait ses études ecclésiastiques, il fut nommé professeur de seconde à Quimper ; préfet des études à Louis-le-Grand, à Paris, au début de la Révolution : il eut pour élèves Camille Desmoulins et Robespierre, et fut auprès d'eux l'apôtre des idées nouvelles. Il adressa même à l'Assemblée constituante un plan d'éducation qui enlevait complètement l'enseignement au clergé.

En mai 1791, il était premier vicaire de Lemasle, évêque constitutionnel, et fut élu, le 3 septembre suivant, député du Morbihan à l'Assemblée législative, par 197 voix sur 367 votants. Il ne fut pas un des membres les moins remuants de cette assemblée, dénonça d'abord l'ambassadeur d'Espagne comme complice de la réaction, puis le ministre de la guerre, demanda la suppression du traitement des prêtres non assermentés, fut chargé, après le 10 août, du dépouillement des papiers trouvés chez l'intendant de la liste civile, et fut au nombre de ceux que l'Assemblée délégua en vain, les 2 et 3 septembre, aux prisons pour arrêter le massacre.

Réélu par le même département à la Convention, à la pluralité des voix sur 415 votants, il se prononça, dans le procès de Louis XVI, au 2e appel nominal, sur la ratification par le peuple :

« Le moyen le plus sûr de réunir les forces du peuple, c'est de lui faire exercer sa souveraineté : je dis oui. »

Sur le 3e appel nominal concernant la peine, il dit :

« Je déclare qu'étranger à tout parti, et ne consultant que ma conscience et la nécessité de consolider la révolution, je vote pour la peine de mort, et je demande que la Convention examine s'il est expédient de surseoir à l'exécution du jugement. »

Il demanda et obtint quelques adoucissements dans le traitement de la fille du roi, enfermée au Temple ; il ne rentra ni au Conseil des Anciens ni à celui des Cinq-Cents.

Sacré, le 22 juillet 1798, évêque du Finistère, il modifia singulièrement ses opinions, publia des apologies de la religion et de la famille royale, et dans le concile convoqué en 1800, accusa la philosophie moderne de tous les maux que la France venait de traverser.

Il mourut d'une façon tragique. Le 28 brumaire, partant en tournée pastorale, il monta, à 8 heures du soir, à Quimper, dans la diligence qui va de Lorient à Brest. « À minuit environ, sur la butte St-Hervé, la voiture fut arrêtée par une bande de chouans qui obligèrent les voyageurs à descendre. Audrein, reconnu, fut force de revêtir ses habits épiscopaux, et la troupe procéda à son jugement, lui reprochant d'avoir trahi la sainte Eglise et d'avoir voté la mort de Louis XVI. Affolé de terreur, Audrein supplie ses juges de lui accorder le temps de se réconcilier avec Dieu, mais ils restent insensibles et tirent sur lui à bout portant. » (Arch. du Finistère).

Son corps fut jeté dans une fosse creusée à quelques pas de la route.