Charles, Nicolas Beauvais de Préau

1745 - 1794

Informations générales
  • Né le 1er août 1745 à Orléans (Loiret - France)
  • Décédé le 28 mars 1794 à Montpellier (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 5 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Seine
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 15 septembre 1792 au 28 mars 1794
Département
Seine
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791 et membre de la Convention nationale, né à Orléans (Loiret), le 1er août 1745, mort à Montpellier (Hérault), le 27 mars 1791, il commença par exercer la médecine à Paris.

Au début de la Révolution, il fut nommé juge de paix du quartier de la Croix-Rouge.

Elu député de Paris à l'Assemblée législative, le 5 septembre 1791, par 498 voix sur 799 votants, il eut le principal rôle dans un incident tumultueux qui marqua la séance du 1er juillet 1792. Le procès-verbal en rend compte en ces termes :

« Un particulier, placé dans une des tribunes se lève, crie, et semble inviter du geste les tribunes voisines à sortir. Le président donne des ordres au commandant pour maintenir la tranquillité....

« M. le président annonce que le commandant de service demande la parole.

« Elle lui est accordée

. M. le Commandant. - D'après l'ordre que m'avait donné M. le président, je m'étais assuré, avec deux gendarmes, de la personne qui avait été désignée dans la tribune de MM. les commissaires. Sur l'escalier, nous avons rencontré un particulier qui m'a demandé à voir l'ordre par écrit; je lui ai répondu que j'étais commandant du poste il m'a dit qu'il s'en moquait, m'a pris au collet et m'a déchiré ma chemise. J'ai crié aux gendarmes d'arrêter ce particulier. Il s'est confondu dans la foule et s'est dit député. Les deux gendarmes le connaissent. »

Le « particulier » dont parlait le chef du poste n'était autre que M. Beauvais, député de Paris, investi à ce moment des fonctions de commissaire inspecteur de la salle des séances. Il demanda la parole et affirma qu'il avait reçu du commandant, bien qu'il lui eût fait connaître sa qualité de représentant, « un coup de pied dans l'aine. » - « Alors, ajouta-t-il, je me suis jeté à son cou, et on nous a séparés. » L'incident n'eut, d'ailleurs, pas d'autre conséquence. Le perturbateur fut relâché, et l'Assemblée passa à l'ordre du jour, non sans avoir constaté que « le député et le commandant s'étaient un moment oubliés, en voulant remplir leur devoir. »

Le 15 septembre 1792, les électeurs de Paris, par 389 voix sur 664 votants, réélurent Beauvais a la Convention nationale. Le 25 décembre, il tit un rapport sur les secours à accorder aux victimes du 10 août, et, à cette occasion, exprima des sentiments très hostiles à Louis XVI. Il débutait ainsi :

« Un roi parjure, replacé sur le trône, lorsque peut-être il eût dû monter sur l'échafaud, sourd à la voix de la reconnaissance envers un peuple trompé, sans doute, mais généreux, qui n'avait oublié ses crimes qu'avec l'espérance de leur voir succéder des vertus, menaçait depuis près d'un an la liberté, à laquelle seule il devait l'affermissement de sa couronne... Tout à coup le cri de la patrie opprimée qui appelle ses enfants se fait entendre..... etc. »

Dans le procès du roi, Beauvais de Préaux se prononça laconiquement :

« Je vote la mort », dit-il. Il prit encore la parole dans la Convention, au nom du Comité des secours publics, pour dénoncer (31 janvier 1793) les agissements des administrateurs de l'hospice des Quinze-Vingts, et pour faire adopter par l'Assemblée (19 mars) un long décret sur l'organisation et la répartition des secours « suivant les règles de l'égalité la plus parfaite qui puisse être atteinte. » -

La Convention déclara sur sa proposition, comme principes :
1° que tout homme a droit à sa subsistance par le travail, s'il est valide ; par des secours gratuits, s'il est hors d'état de travailler ;
2° que le soin de pourvoir à la subsistance du pauvre est une dette nationale.

Envoyé en mission à Toulon par la Convention nationale, il se trouvait à son poste dans cette ville (septembre 1793), quand elle tomba au pouvoir des Anglais qui, d'accord avec le parti royaliste, l'emprisonnèrent. L'Assemblée entendit, le 3 septembre, un rapport détaillé de Saint-André sur ces événements, et décréta :

« Les Anglais, qui sur le territoire de la République, ont été mis en état d'arrestation, ou qui le seraient à l'avenir, seront soigneusement resserrés sous la responsabilité individuelle des corps administratifs ; ils seront regardés comme otages et répondront sur leur tête de la conduite que l'amiral Hood et les sections de Toulon tiendront à l'égard des patriotes opprimés et incarcérés à Toulon. »

Quand l'armée française eut repris l'avantage, Beauvais fut nommé commissaire à l'armée d'Italie ; mais il déclara, dans une lettre à la Convention, daté de « Marseille, 7 nivôse, l'an II de la République une et indivisible », qu'il était hors d'état d'accepter cet emploi, parce qu'il avait été accablé de mauvais traitements lors de sa captivité. « Mes forces ne me permettent pas d'aller m'asseoir au poste que mes commettants m'avaient confié. En attendant je me ferai rendre compte des mémorables événements qui ont eu lieu depuis ma triste séparation d'avec vous. Je calmerai mes douleurs par le récit des étonnantes choses que la nation a faites; ce sera un adoucissement bien efficace à mes maux que d'apprendre que partout la France est triomphante, que ses ennemis les plus acharnés, les fédéralistes, ne sont plus. J'oublie tout ce que j'ai souffert, puisque Toulon est réduit, que l'étranger en est chassé et ne souille plus de sa présence la terre de la liberté. » Quelques jours après, dans une nouvelle lettre, Beauvais sollicitait de ses collègues « un congé d'un ou deux mois pour rétablir les ressorts d'une vie altérée jusque dans ses principes fondamentaux que je veux et je dois dorénavant consacrer tout entière et sans partage à la République. » Il remerciait la nation d'avoir « bien voulu couvrir sa famille de bienfaits. »

Mais étant retombé, à quelque temps de là, au pouvoir des Anglais, il fut pendu par leur ordre à Montpellier.

Les plus grands honneurs furent rendus par la Convention à ses dépouilles ; son corps fut brûlé avec cérémonie ; ses cendres déposées dans une urne aux Archives nationales, et son buste placé dans la salle des séances de l'Assemblée. Ses enfants reçurent en outre une récompense nationale ; l'un d'eux, Théodore Beauvais de Préau, devint général et baron de l'Empire.


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