Jean-Baptiste, Jérôme Bô

1743 - 1814

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1743 à Mur-de-barrez (Aveyron - France)
  • Décédé le 15 septembre 1814 à Fontainebleau (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 4 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Aveyron
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Aveyron
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, et membre de la Convention nationale, né à Mur-de-Barrez (Aveyron), le 1er juillet 1743, mort à Fontainebleau (Seine-et-Marne), le 15 mai 1814.

Après avoir étudié la médecine, il se fit recevoir docteur à l'Université de Montpellier le 5 mai 1770, et s'établit dans son pays natal.

En 1790, placé à la tête du parti populaire, il devint procureurs-syndic près l'administration de son district, puis, le 4 septembre 1791, député de l'Aveyron à l'Assemblée législative, par 249 voix sur 407 votants. Il y présenta, au nom de la commission spéciale, l'état des armes existantes dans les magasins. Le nombre total des fusils à cette époque était de 160 336, et celui des pistolets de 19 959.

Le 5 septembre 1792, Bô fut réélu membre de la Convention par son département, avec 335 voix sur 495 votants. Dans le procès de Louis XVI, il répondit seulement : « La mort ».

Il fit partie de plusieurs commissions, s'y occupa surtout d'instruction populaire et de secours publics et entra en 1793, avec Fourcroy, Mathieu, Grégoire, Guyton-Morveau, Moïse Bayle etc., dans le premier comité d'instruction publique organisé par la convention.

Envoyé en mission en Corse, il fut arrêté et malmené à Toulon par des gardes nationaux marseillais, insurgés contre les décrets de l'Assemblée ; il demeura trois mois en prison et ne fut délivré qu'à la prise de Marseille par Carteaux. Bô partit aussitôt, chargé d'une autre mission dans les Ardennes, d'où il revint dans l'Aube et dans la Marne pour réprimer des troubles, puis il passa dans le Lot, l'Aveyron et le Cantal. Il courut encore de réels dangers à Aurillac, et faillit être tué d'un coup de feu, pour avoir sévi contre des fonctionnaires infidèles, « contre les intrigants, jaloux de n'avoir pas de places, particulièrement les délégués de son collègue et prédécesseur Châteauneuf-Randon, qui, fâchés de voir finir des pouvoirs illimités qui leur valaient un salaire de quinze livres par jour, voulaient être indemnisés par des places que la plupart avaient déméritées par leur conduite ou despotique ou incivique (lettre du 27 février 1794) ».

De Cahors, il écrit au comité de Salut public, en avril 1794, «qu'il ne négligera rien pour monter à Cahors le grand essor politique; les sans-culottes n'ont ici que de la bonne volonté ; ils auraient besoin d'avoir auprès d'eux un conducteur électrique. » À l'instigation de la Société populaire de Cahors, il avait pris, en mars 1794, un arrêté qui demeura d'ailleurs lettre morte, prescrivant la démolition des clochers, « signe odieux du fanatisme ». « Au fur et à mesure que j'avance, écrivait-il, les prêtres se hâtent de déménager et de faire place à l'opinion publique » ; il demandait qu'on les employât aux travaux des champs, « considérant que les ci-devant prêtres peuvent utiliser leur religieuse nonchalance en se joignant aux citoyens agriculteurs. »

On le retrouve avec Bourbotte à Nantes, après le départ de Carrier. Lorsque Granet obtint de la Convention, le 26 janvier 1795, un décret de poursuites contre les Marseillais qui avaient emprisonné Bô, ce dernier déclara que l'injure avait été suffisamment punie, qu'il fallait s'appliquer désormais à concilier les partis et à pacifier le pays. Ces paroles soulevèrent des applaudissements de toutes parts, et, sur le rapport de Durand-Maillane, le décret fut rapporté.

Une nouvelle mission avait appelé Bô à l'armée des Pyrénées, lorsque la réaction thermidorienne qui poursuivait les membres de l'ancienne Montagne l'attaqua à son tour, sur la dénonciation de Génissieu, et malgré l'opposition de Lofficial et d'Aubanel. Génissieu l'accusa (séance du 22 thermidor an III) « d'avoir créé à Aurillac une commission révolutionnaire composée d'hommes atroces et perdus de débauches. Ces hommes avaient fabriqué des timbres étrangers, et menaçaient les citoyens aisés de leur faire parvenir des lettres timbrées de Worms et de Coblentz, s'ils ne leur apportaient telle somme qu'ils désignaient. » Tallien, Penières, Defermon et Legendre obtinrent contre lui (8 août 1795) en même temps que contre Loquinio. Lefiot, Lauot, Dupin, Piorry. Chaudron-Roussau. Laplanche. Massieu et Fouché (de Nantes) un décret de mise en accusation.

Bô fut compris dans l'amnistie du 25 octobre 1795 (4 brumaire an III.) Sans fortune et fatigué de la politique active, il accepta plus tard (22 thermidor au VII) le poste de chef du bureau des émigrés au ministère de la Police. Il le quitta au coup d'Etat de brumaire, pour aller reprendre l'exercice de la médecine à Fontainebleau, et publia, en 1811, une Topographie médicale de cette ville (in-8° de 63 pages),

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