Philippe, Charles, Aimé Goupilleau de Montaigu

1749 - 1823

Informations générales
  • Né le 19 novembre 1749 à Montaigu (Vendée - France)
  • Décédé le 1er juillet 1823 à Montaigu (Vendée - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 1er septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Vendée
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Vendée
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Vendée
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention et député au Conseil des Cinq-Cents, né à Montaigu (Vendée) le 19 novembre 1749, mort à Montaigu le 1er juillet 1823, il suivit d'abord la carrière des armes, mais l'abandonna pour devenir avocat, avant la Révolution.

Dévoué, comme son cousin (Voy. Goupilleau de Fontenay), aux idées nouvelles, il fut élu procureur-syndic du district de Montaigu, présida, le 28 février 1791, à Fontenay, l'assemblée d'élection de l'évêque constitutionnel de la Vendée, puis, le 1er septembre 1791, fut élu député de la Vendée à l'Assemblée législative, le 1er sur 9, par 156 voix sur 299 votants. Il prit place à gauche, et se fit remarquer par ses motions contre les prêtres, les nobles et les émigrés. Le 5 octobre 1791, il demanda la suppression des titres de « sire » et de « majesté », et, le 10 août 1792, réclama la retraite du roi dont la présence à l'Assemblée gênait la liberté des délibérations. Ce même jour, 10 août, il fut nommé membre de la commission chargée d'examiner les papiers saisis aux Tuileries.

Le 3 septembre 1792, il fut réélu, par le département de la Vendée, membre de la Convention, le 2e sur 9 (son cousin était le 1er), avec 194 voix sur 381 votants. La première fois qu'il prit la parole, au début de la législature, ce fut pour protester contre la précipitation avec laquelle le conseil exécutif avait fait afficher le décret, non encore promulgué, qui expulsait de France les Bourbons. Membre du comité de sûreté générale dès le 17 octobre suivant, il vota, dans le procès de Louis XVI, contre le sursis et contre l'appel, et répondit au 3e appel nominal : « Je vote pour la mort. »

Envoyé en mission en Vendée (mai 1793), il écrivit (27 mai) à son collègue Maignen, après la prise de Fontenay par les Vendéens: « C'est la douleur dans l'âme et la honte au front que je t'écris. On a persisté, malgré toutes mes réclamations, à traiter cette guerre comme une simple révolte; je te dis, moi, que c'est un volcan qui épouvantera la République entière. Il y a de grands coupables et de grands aveugles dans le sein de la Convention, et c'est être criminel que d'être aveugle, quand on a le pouvoir en main. » Il chercha a empêcher les exécutions inutiles, ce qui lui valut d'être un instant suspect de tiédeur, bien que sa haine contre les prêtres et les aristocrates ne se soit jamais attiédie; il fut rappelé le 28 août 1793.

Revenu à la Convention, il fit décréter (5 octobre) que les membres de l'Assemblée constituante, qui avaient protesté contre les décrets de cette Assemblée, seraient déclarés suspects et arrêtés. Après la chute de Robespierre, il se rallia aux thermidoriens et fut envoyé quelques jours après (26 thermidor) en mission dans le département de Vaucluse, où il poursuivit les terroristes, et rendit compte de leurs excès, notamment de l'incendie volontaire de la commune de Bedoin, dans une lettre qui fut lue à la tribune de la Convention le 3 frimaire an III. Il fit partie du comité de sûreté générale jusqu'au 15 germinal an III. Après le 13 vendémiaire, il demanda en vain l'annulation des élections de Paris et l'impression de la liste des émigrés pris à Quiberon.

Elu, le 4 brumaire an IV, par ses collègues de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, il en sortit en l'an V (20 mai 1797) et se retira à Montaigu, d'où, par sa correspondance, il se tint toujours au courant de la politique militante. Dans une lettre du 13 messidor an V, il s'indigne contre la motion présentée par Camille Jordan aux Cinq-Cents le 29 prairial, tendant à rétablir les usages du culte catholique, et à rapporter les lois contre les prêtres réfractaires. « Les prêtres, dit-il, ont dans tous les siècles fait le malheur du monde; les druides, comme l'abbé Maury, vivaient de leurs impostures: j'ai contre eux une haine qui me suivra jusqu'au tombeau. » Dans une autre lettre, datée de Nantes, 26 fructidor an V, il félicite Lareveillière-Lepeaux du coup d'Etat du 18 fructidor : « Il faut profiter de vos avantages: l'exemple de vendémiaire doit vous être une terrible leçon ; nous eûmes la victoire et tu sais que les vaincus seuls en profitèrent; c'est toujours un grand bien pour la République que d'en chasser pour jamais les chefs qui siégeaient parmi vous et les scélérats de journalistes qui faisaient autant de mal qu'eux; et il faut continuer d'en purger le sol de la liberté. »

Les électeurs de la Vendée l'avaient renvoyé au Conseil des Cinq-Cents, le 23 germinal an V. Il continua de soutenir les mesures les plus avancées et ne cessa de s'élever contre les nobles et les prêtres. Hostile à Bonaparte, ce fut lui qui cria à Aréna, le 18 brumaire : « Frappe, Aréna, frappe le tyran. » Aussi fut-il, le lendemain, exclu de la représentation nationale. De ce jour, il rentra dans une retraite absolue, et n'accepta aucun emploi de l'empereur.

Il fut envoyé en surveillance à Angers par le gouvernement de la Restauration en 1815, et ne fut pas exilé en 1816.

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