Claude, Pierre Dornier

1746 - 1807

Informations générales
  • Né le 20 juin 1746 à Dampierre-sur-salon (Haute-Saône - France)
  • Décédé le 2 novembre 1807 à Dijon (Côte-d'Or - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haute-Saône
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Haute-Saône
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention et député aux Cinq Cents, né à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône) le 20 juin 1746, mort à Dijon (Côte d’Or) le 2 novembre 1807, il était fils d'un négociant qui possédait de vastes propriétés dans la Haute-Saône. Il devint maître de forges à Dampierre-sur-Salon, fit partie, en 1790, de l'administration départementale le la Haute-Saône, et fut élu, le 5 septembre 1792, membre de la Convention par le département de la Haute-Saône, le 6e sur 7, avec 231 voix sur 398 votants. Il siégea à la Montagne, et, dans le procès de Louis XVI, répondit au 3e appel nominal : « Ayant prononcé, ainsi que vous tous, que Louis Capet est convaincu du crime de haute trahison contre la nation, d'avoir conspiré contre sa liberté et sa souveraineté; intimement persuadé que, pour les maintenir et pour l'intérêt général de notre république, il convient de donner un grand exemple de justice et de sévérité à tous les despotes qui sont coalisés pour nous faire la guerre, qui n'ont jamais compté les hommes que comme leurs esclaves, et dont la rage ne sera assouvie que lorsqu'ils nous auront remis sous leurs fers ou qu'ils seront détruits; Ne craignant ni factions, ni factieux, nos armées n'étant plus composées de vils satellites, mais bien de soldats citoyens qui ont juré, comme nous, d'écraser le pouvoir tyran qui oserait attenter à la souveraineté du peuple; Ma conscience ne me permettant pas de transiger avec les principes de la loi et de la justice éternelle, qui sont les bases fondamentales des droits de l'homme; J'ouvre ce livre sacré; je trouve que Louis Capet, conspirateur, traître et parjure, a mérité la peine de mort; et c'est avec regret pour l'humanité que j'y conclus, et pour la dernière fois de ma vie. »

Il refusa également l'appel et le sursis. Dans la séance du 22 juillet 1793, il lut un long rapport sur les marchés de la compagnie Masson et d'Espagnac, suivi d'un projet de décret sur une organisation générale de tous les services des armées. Le 29 août, il demanda l'arrestation du commissaire Petit-Jean, impliqué dans ces marchés (accordé). Le 30 août, il fit décréter que 62 millions seraient mis mensuellement à la disposition du ministre de la guerre pour achat de subsistances militaires. Envoyé en mission à l'armée de l'Ouest (30 thermidor an II), il fut du nombre des signataires de l'armistice avec les Vendéens, rendit compte par lettres de sa mission, le 27 frimaire an III, et en fut rappelé le 29 prairial. Le 4 brumaire an IV, il entra comme ex-conventionnel au Conseil des Cinq Cents, fit établir (4 frimaire) le traitement des messagers d'Etat au Corps législatif à la valeur représentative de 1,500 milligrammes de froment, et celui des secrétaires rédacteurs à celle de 2,250 ; le premier traitement fut modifié, sur sa proposition, le 24 frimaire suivant, et porté de 1,500 à 2,000 milligrammes. Réélu au Conseil des Cinq Cents par le département de la Haute-Saône, le 23 germinal an VI, il devint secrétaire du Conseil le 1er frimaire an VII. Le coup d'Etat de brumaire mit fin à sa carrière politique. Il accepta cependant la nouvelle Constitution avec enthousiasme, comme le prouve la lettre suivante : « Dampierre par Gray, 5 nivôse an VIII.

« Dornier, représentant du peuple, député par le département de la Haute-Saône, A ses collègues composant la commission de police de la commission législative du Conseil des Cinq Cents.

C'est hier que la Constitution a été proclamée dans cette commune que j'habite, c'est hier qu'avec tous mes concitoyens je l'ai acceptée; j'ai cru devoir en faire part au Conseil, et l'assure de mon attachement inviolable pour cette nouvelle charte régénératrice du peuple français. Salut et fraternité, DORNIER. »

Il reprit alors la direction de ses forges et la gestion de ses grandes propriétés. Un de ses biographes rapporte qu'il acquit, en 1794, comme bien national, les forges de Pesmes confisquées sur le duc de Choiseul, émigré. Ayant appris que Mlle de Choiseul n'avait pas quitté la France, il lui fit accepter une pension de 3,000 francs, et, après la radiation de M. de Choiseul de la liste des émigrés, lui compta 90,000 francs, somme qui représentait ses bénéfices sur les forges de Pesmes. M. Dernier laissa en mourant à ses douze enfants une fortune évaluée à 6 ou 7 millions.


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