Sylvain, Phalier Lejeune

1758 - 1827

Informations générales
  • Né le 19 août 1758 à Issoudun (Indre - France)
  • Décédé le 27 février 1827 à Saint-josseten-noode (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 7 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Indre
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à Issoudun (Indre) le 19 août 1758, mort à Bruxelles (Belgique) le 7 février 1827, était administrateur du district d'Issoudun et dévoué aux idées révolutionnaires, lorsqu'il fut élu, le 7 septembre 1792, député de l'Indre à la Convention, le 5e sur 6, par 183 voix (321 votants). Il s'éleva contre la proposition faite, le 3 décembre, de punir de mort quiconque tenterait de rétablir la royauté, ou plutôt contre la forme donnée par Buzot à cette proposition, et s'écria : « Pourquoi remettre en question ce qui a été solennellement décidé? » Lejeune, qui siégeait à la Montagne, vota ensuite la mort du roi sans appel ni sursis. Il repoussa l'appel au peuple en disant : « Et moi je me croirais coupable de tout le sang que cette mesure pourrait faire couler ; je dis : non. » Sur la question de la peine, il répondit: « La déclaration des droits dit expressément que la loi doit être égale pour tous, soit qu'elle punisse, soit qu'elle protège. Je vote la mort du tyran, sans craindre les reproches de mes contemporains, ni de la postérité. » « D'abord très modéré, dit Prud’homme, bientôt, il ne respira plus que le sang. » Il applaudit aux événements du 31 mai 1793 et à la chute des Girondins, et, le 8 juin, à la suite du rapport de Barère sur les « mesures de salut public », il prononça un long discours tendant à prouver que les mesures proposées étaient faibles et insuffisantes. Envoyé en mission dans les départements de l'Indre, de la Vienne, puis de 1 Oise et de l'Aisne, il se signala par la rigueur avec laquelle il poursuivit les aristocrates; il provoqua un décret d'accusation contre Sillery, le mari de Mme de Genlis, qui avait, dit-il, suivi à l'étranger le « traître d'Orléans ». Chargé de faire exécuter dans l'Oise la loi sur les subsistances, il s'acquitta de sa mission avec la même sévérités Lejeune fut secrétaire de la Convention. A maintes reprises, tant à l'assemblée qu'aux Jacobins, il se plaignit de la persécution qui frappait les ennemis de la liberté, et de la tiédeur de certains Montagnards. Peu de temps après, il dénonça comme rovaliste un ouvrage intitulé Almanach du bon vieux temps. En février. 1794, il remplaça, dans le département du Doubs, Bassal accusé de modérantisme, poursuivit avec acharnement les prêtres réfractaires, enseigna dans le Jura les principes de la morale à 4 ou 5,000 citoyens «pénétrés jusqu'aux larmes », écrit-il; accusa (5 thermidor an II) Théodore Lameth d'exciter des désordres dans les montagnes du Jura, fut accusé par son collègue Prost d'avoir gardé huit cents louis saisis sur la frontière, etc. Ses actes durant cette mission lui attirèrent, après le 9 thermidor, de nombreuses dénonciations, dont Durand de Maillanne se fit l'écho à la tribune : « Pour repaître son imagination sanguinaire, prétendit ce dernier dans son rapport, Lejeune avait fait construire une petite guillotine avec laquelle il coupait le cou à toutes les volailles destinées pour sa table; il s'en servait même pour couper les fruits, en faisant remarquer à ses convives « l'utilité générale de la machine. » Lejeune nia le fait, mais il n'en fut pas moins décrété d'accusation par la majorité thermidorienne (1er juin 1795). L'amnistie du 4 brumaire le rendit a la liberté. Il fut nommé, peu de temps après, contrôleur principal des droits réunis à Murat (Cantal), d'où il passa avec le même titre à Saint-Affrique (Aveyron). L'empereur le priva de cet emploi, et la Restauration l'exila comme régicide. Lejeune se retira alors à Bruxelles, où il mourut.


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