Philippe, Laurent Pons de Verdun

1759 - 1844

Informations générales
  • Né le 17 février 1759 à Verdun (Meuse - France)
  • Décédé le 7 mai 1844 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 mars 1799 au 19 avril 1799

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Meuse
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Nord
Groupe
Majorité

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, né à Verdun (Meuse) le 17 février 1759, mort à Paris le 7 mai 1844, « fils du sieur Laurent Pons, marchand confiseur, et de Marie-Anne Pierson », étudia le droit et exerça avec succès avant la Révolution la profession d'avocat près le parlement de Paris ; mais il se fit surtout connaître par un certain nombre de poésies légères que publièrent les recueils du temps, et notamment l'Almanach des Muses. Ses contes, ses épigrammes étaient appréciés des connaisseurs.

Il embrassa la cause de la Révolution, et il remplissait les fonctions d'accusateur public à Paris, quand il fut élu, le 4 septembre 1792, député de la Meuse à la Convention nationale, le 4° sur 8, par 108 voix (196 votants).

Il se prononça, dans le procès du roi, contre l'appel au peuple et pour la peine de mort en disant (2° appel nominal) :
« J’avais d'abord intention de voter pour l'appel au peuple; mais depuis que je me suis éclairé par les diverses opinions, et notamment par celle de Barère et par mes propres réflexions, je me suis convaincu que j'avais à voter, non pas comme juge, car je serais astreint aux formes judiciaires, non pas comme législateur, car en cette qualité je ne pourrais pas être juge, mais comme membre d'une assemblée nationale. Je dis non. »
Et au 3° appel nominal :
« Je vois dans les crimes de Louis Capet et ceux des conspirateurs ordinaires, qu'outre le meurtre à force ouverte et le poison, l'homme roi a toujours été privilégié dans le sens du crime. Louis a été accusé par la nation entière d'avoir conspiré contre la liberté ; vous l'avez déclaré convaincu de cet attentat, ma conscience me dit d'ouvrir le code pénal et de prononcer la peine de mort. »

Il prit une part active aux débats de la Convention, dont il fut secrétaire, vota le renvoi au tribunal révolutionnaire des fabricateurs de faux assignats, demanda l'application à tous les étrangers de la loi contre les Anglais, donna son opinion sur l'éducation publique, proposa des modifications à la loi des successions, et fit rendre plusieurs décrets sur les titres féodaux, sur les rentes convenancières, en faveur des femmes roturières en divorce avec des nobles, etc. Il dénonça Marino, agent du comité de sûreté générale à Lyon, et le fit traduire devant le tribunal révolutionnaire pour l'avoir outragé. Il se mêla activement à la discussion du code civil, et, après le 9 thermidor, proposa et fit voter qu'aucune femme ne pourrait subir un jugement criminel avant qu'il n'eût été vérifié si elle était enceinte (17 septembre 1794). D'autre part, il défendit les Jacobins contre les accusations de Rewbell (10 novembre), et parvint à obtenir l'annulation d'un jugement de la commission militaire de Nantes qui condamnait à mort la veuve de Bonchamp (18 janvier 1795). Il s'occupa encore de la propriété littéraire, et fut nommé, à la suite de l'insurrection des Cinq, membre du comité chargé de présenter de nouvelles mesures de salut public.

Réélu, le 23 vendémiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents par deux départements: 1° le Nord, avec 353 voix (561 votants), et 2° le Puy-de-Dôme, avec 322 voix (433 votants), il se montra d'abord fermement attaché aux institutions républicaines, fut l'auteur d'un rapport sur la loi du 12 floréal relative aux parents d'émigrés, rapport dont les conclusions, développées par lui, furent adoptées, parla sur le droit de successibilité des enfants naturels, combattit le projet de Favart sur le divorce, et présenta une motion contre la lenteur du Conseil des Anciens.

Il fut successivement secrétaire, puis président de l'assemblée, où il siégea jusqu'en l'an VIII.

Il se rallia au coup d'Etat de Bonaparte, et reçut, le 17 pluviôse an IX, le poste de substitut commissaire du gouvernement près le tribunal d'appel de la Seine.

Membre de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII, il occupa les fonctions d'avocat général près le tribunal de Cassation depuis le 19 mars 1810 jusqu'à la chute de l'Empire.

Admis à la retraite en 1815, il fut, l'année suivante, proscrit comme régicide, et dut se réfugier en Belgique ; mais l'amnistie partielle du 25 décembre 1818 lui permit de revenir en France.

Après son retour, il réclama en vain (2 avril 1820) le paiement de la pension de retraite dont il avait joui en vertu de l'ordonnance royale du 28 février 1815, et mourut à Paris à quatre-vingt-cinq ans.

Outre des Contes et poésies diverses (1778, 1781, 1807), Pons (de Verdun) a laissé un recueil poétique intitulé Filleule et parrain (1836).


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